Un article de Patricia Forget

Les auteurs de textes informatifs permettent aux lecteurs d’entrer dans leur monde et nous partagent quelque chose sur un sujet qui les passionne. Par leur écriture, ils nous communiquent leur vision de la réalité. Élise Gravel est l’une de ces auteurs.Les mots et les phrases qu’elle choisit captent l’intérêt des jeunes élèves et répondent à leur curiosité naturelle du monde dans lequel ils vivent.

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Alors, mesdames et messieurs, permettez-moi de vous présenter une fille très sympathique. Sans plus tarder, voici Élise Gravel!

 

Élise, où travailles-tu?

J’ai un atelier au-dessus de ma maison. Mon atelier est plein de toutous et de tasses à thé (je bois vraiment beaucoup de thé), et souvent mes chats viennent me rendre visite et en profitent pour marcher sur mon clavier, ce qui donne des trucs comme aèvponwu^4qvènjv.

Qu’est-ce qui t’inspire?

Je suis une personne très curieuse. J’aime observer tout ce qui m’entoure : mes enfants, leurs amis, mes voisins, les animaux de ma ruelle, les insectes… Un tout petit détail peut me donner de grandes idées de personnages, de caractères ou de personnalités. Je suis attirée vers les gens et les animaux qui ne sont pas comme les autres. J’aime tout ce qui est étrange, différent, rigolo.

La lecture m’inspire aussi beaucoup. Je lis des romans, des bandes dessinées, des magazines, des livres pour enfants, des documentaires, … Je lis souvent.

 Est-ce que les idées sont toujours au rendez-vous lorsque vient le temps d’écrire?

Toujours ! J’ai toujours trois ou quatre projets d’écriture qui attendent à la queue leu leu. Les idées me sortent presque par les oreilles.

Par contre, il m’arrive – plutôt souvent même – d’être en panne d’énergie, en manque de motivation. Lorsque c’est le cas, habituellement, je me donne la permission de faire autre chose, de lire un livre ou encore de prendre le temps de regarder ce que font les autres.

Mes meilleures idées, je les ai souvent le soir, juste avant de m’endormir. On dirait que mon cerveau se met en mode « rêve » et que toutes les idées, même les plus bizarres, sont permises. C’est bon pour la créativité, mais un peu moins pour le sommeil… J’allume la lumière, je note mes idées et j’essaie de me rendormir… jusqu’à la prochaine idée !

 

Écrire, c’est communiquer avec vos lecteurs. Que voulez-vous leur dire?

Je veux que mes personnages influencent mes lecteurs. C’est pourquoi j’aime les personnages irréalistes ou absurdes. Ils me permettent d’aller là où je veux, de surprendre mes lecteurs, de me surprendre moi-même ! «Tiens ! Je vais écrire ça ! Je n’y avais même pas pensé avant !»

Avez-vous des partenaires d’écriture?

Oui ! Échanger est presque toujours nécessaire. Les autres peuvent avoir des idées auxquelles je n’avais pas pensé. Les autres peuvent rendre mon texte meilleur.

À quoi ressemblent vos temps d’écriture?

Je m’installe, je jette sur papier des idées et c’est parti ! J’écris. En un jet.Il est nécessaire pour moi de dessiner en même temps que j’écris. L’écriture et le dessin se complètent, me donnent les idées pour poursuivre.

À votre avis, un auteur doit-il nécessairement être un lecteur?elyse2

Oui ! La lecture de livres d’auteurs que j’aime me donne des idées. Les livres me permettent de m’ouvrir sur le monde, d’explorer de nouveaux univers pour ensuite me permettre d’en inventer à mon tour.

Quand j’étais petite, je lisais les livres de Roald Dahl. Il écrivait des romans très drôles avec des créatures bizarres, comme des géants répugnants et des sorcières déguisées en femmes normales. Ses méchants étaient vraiment méchants! Et ses enfants étaient vraiment débrouillards. Les livres de Roald Dahl étaient illustrés par Quentin Blake. J’ai beaucoup d’admiration pour ces deux créateurs.

Comment faites-vous vos dessins?

Au début, je faisais mes illustrations à l’acrylique sur du carton. Puis, plus tard, j’ai commencé à dessiner à l’ordinateur, avec une tablette graphique spéciale. Je dessine directement sur mon écran, dans le logiciel Photoshop.

Je recommence souvent mes dessins. Deux, trois fois, parfois même dix fois! C’est très rare que je réussis ce que je veux accomplir tout de suite. Je fais des erreurs, je recommence, j’efface, je recommence encore… c’est important d’apprendre à accepter de faire des erreurs si on veut devenir bon dans quelque chose.

Y a-t-il des aspects de l’écriture qui sont un peu plus ardus?

Mmmm… La révision n’est pas une phase facile. Elle demande de prendre position par rapport à mon propre texte et de me questionner. «Est-ce que mon texte est clair ? Est-ce que je peux encore l’améliorer ?…»

Par contre, j’ai un petit truc : Lorsque je révise, je lis mon texte comme si je le racontais à un plus petit. Je me demande s’il comprendrait tout ce que j’ai écrit. Je trouve que c’est une façon stimulante de réviser.

Terminer un livre est complexe. «Est-ce que ma fin est logique ? Est-elle tirée par les cheveux ? Trop prévisible ?» Je demande souvent des conseils aux gens qui m’entourent, à mon mari, à mon frère…

Trouver un titre accrocheur qui rendra les gens curieux et qui véhiculera ce que je veux dire aux lecteurs demande aussi réflexion…

 

D’où est venue l’idée de la collection «Les petits dégoûtants» ?

L’idée des «Petits Dégoûtants» m’est venue quand j’ai pensé, après avoir écrit de nombreux livres sur les monstres, qu’il existe déjà de petits monstres attachants sur Terre : les insectes et les animaux ! J’avais envie de raconter ces créatures aux enfants et de les rendre aussi intéressants et attachants qu’ils le sont pour moi.

 

Est-ce qu’il y en aura d’autres ?

Il y en aura certainement d’autres : je travaille en ce moment sur un nouveau titre. Sur quel dégoûtant ? Ce sera une surprise !

 C’est avec humour qu’Élise Gravel invite les lecteurs débutants à découvrir les petits dégoûtants de ce monde. Elle raconte ? Oui. Elle informe ? Oui. Une chose est certaine: Elle inspire assez ses lecteurs qu’elle devient, à son tour, une source d’inspiration !

Julie-Rose, 1re année et Victoria, 2e année. S’inspirer d’Élise Gravel pour débuter avec force un texte informatif!

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Alexis, 1re année. Des transferts dans l’écriture d’un texte d’opinion.

Alors, la prochaine fois que vous rencontrerez un petit dégoûtant, prenez-en soin. Il a peut-être déjà serré la main d’Élise Gravel.

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