Un article de Martine Arpin

Contrairement aux autres unités, je ne me suis pas lancée avec enthousiasme. Je ne l’ai pas aimée tout de suite celle-là… Les élèves arrivent avec leur collection, on en discute, on travaille à l’oral (ça, j’aime: on enrichit le vocabulaire, on réfléchit ensemble, l’oral est en contexte authentique). Puis ils choisissent leur préféré, le meilleur, le plus…, le pire… de leur collection. Ce n’est pas évident. Qu’auront-ils de vraiment intéressant à dire sur les Littlest Pet Shop, les bonhommes Légos, les joueurs de hockey, les princesses?  J’ai l’impression que malgré les leçons qui passent, on tourne en rond, ils se répètent.  Je ne sens pas que ça lève.  Mais en fait, on met la table pour la deuxième partie de l’unité : les critiques. Le choix de sujet se resserre. C’est la seule unité où le choix de sujets est limité : restaurants, jeux, films, vacances, villes, livres.  Les leçons se poursuivent. Et un jour, en ouvrant la reliure d’un élève, bien calée dans mon divan pour préparer mes entretiens de la semaine, je lis ceci :

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Je vous aurais bien mis l’original, mais il est affiché au restaurant du coin…

En donnant du vocabulaire aux élèves pour exprimer et appuyer leur opinion, en leur enseignant à accrocher leur lecteur, à organiser leur discours, à faire des comparaisons, à parler de sentiments forts, à bien choisir leurs mots, à raconter une anecdote et à évaluer pour convaincre, on découvre que même à 6 ans, ils peuvent vraiment écrire des textes d’opinion intéressants et convaincants.

Imaginez un moment que de la maternelle à la sixième année, ils apprennent ainsi à développer leur pensée critique et leur discours de façon explicite et rigoureuse.  Imaginez les citoyens articulés, capables de changer les choses. De prendre et de défendre des décisions importantes. De comprendre et réfléchir sur le monde qui les entoure…

Je l’aime bien, finalement, l’unité des textes d’opinion…