Recherche

Les ateliers d'écriture et de lecture au primaire

Inspiré de la démarche des Units of Study du TCRWP

Catégorie

L’atelier de lecture

Faire autrement pour nos lecteurs et nos auteurs dans un nouveau contexte de classe

Par Marlyn Grant et Isabelle Robert

Dès que nous avons su que nous allions retourner en classe, nous avons commencé à réfléchir à comment organiser le tout.  Dans ce contexte si contraignant, que peut-on faire et comment allons-nous nous y prendre? On se retrouve avec une toute nouvelle réalité de classe, mais nos croyances demeurent les mêmes.

Tout d’abord les livres

Oui, s’il y a une chose qu’on peut donner aux élèves, ce sont bien des bacs remplis de livres. Des livres variés, colorés, drôles… pas juste nivelés. Nous avons choisi de former trois catégories de bacs de livres qui seront remis à nos élèves, selon le niveau de leurs lectures.

  • Des bacs pour les lecteurs débutants (livres avec une phrase et des illustrations aidantes ou facilitantes) ;
  • Des bacs pour les lecteurs qui lisent avec de plus en plus de fluidité (livres contentant plus d’une phrase, mais assez simples à lire, avec des illustrations qui peuvent soutenir le texte) ;
  • Et enfin, des bacs pour les lecteurs plus avancés, avec des livres correspondants à ce niveau de lecture.

Évidemment, dans chaque bac, nous ajouterons des livres informatifs très illustrés (peu importe le niveau de lecture), des livres qu’on a lus cette année, des classiques, des nouveautés, des bandes dessinées. On s’assurera d’offrir à chaque élève un choix varié et une quantité suffisante de livres (environ une quinzaine) pour qu’il n’en manque pas au cours de la semaine. Ce bac restera à côté de l’élève et l’accompagnera du lundi au vendredi. Les livres prendront une pause pendant la fin de semaine et hop, le lundi suivant, le bac ira à côté d’un autre lecteur qui lit des livres d’un niveau de lecture similaire.

Quand le lecteur recevra son bac, il pourra feuilleter les livres qu’il contient et planifier l’ordre dans lequel il les lira. Il pourra tenter de classer ceux qu’il peut lire facilement, ceux qu’il lira au retour des récréations, ceux qu’il utilisera pour travailler certaines habiletés (comme l’aisance-fluidité et l’expression) ou tout autre classement qui lui viendra en tête.

À la fin de la semaine, il serait intéressant d’inviter chaque élève à écrire une critique littéraire à propos d’un livre qui se trouve dans son bac et qu’il a beaucoup aimé, un livre qu’il l’a fait rire, qu’il lui a fait découvrir de nouvelles informations ou pour toute autre raison. Il pourrait y attribuer des étoiles pour indiquer son niveau d’intérêt. Et pourquoi ne pas laisser ce texte dans le bac pour le prochain lecteur ? Quelle belle occasion de travailler l’écriture du texte d’opinion! On pourrait certainement planifier quelques leçons à ce sujet et utiliser des textes modèles divers pour s’inspirer. C’est le temps d’être créatifs!

Voici quelques suggestions de livres qui pourraient se trouver dans les bacs. Comme vous le verrez, il est possible de planifier le contenu des bacs avec une intention précise. Les exemples s’adressent à des élèves de première année, mais vous pourrez les adapter à votre niveau d’enseignement.

  • Des albums du même auteur

Par exemple, les albums de Jean Maubille qui sont habituellement des textes répétitifs, drôles et faciles à lire. Pendant la semaine, on peut faire la lecture à voix haute de quelques albums de cet auteur. Par la suite, on pourra comparer ces lectures avec les livres du même auteur qu’on a déposés dans les bacs des élèves.  Ensemble, on pourra dégager ce que l’on a observé à propos de l’auteur et partager nos passages préférés. Chaque élève pourra aussi s’exercer à lire le livre de son bac avec une voix de vedette. À la fin de la semaine, on pourra faire une célébration. Ceux qui le désirent pourront lire leur livre à voix haute sur leur chaise. Les autres élèves pourront commenter, complimenter, donner une rétroaction. C’est possible aussi de s’inspirer de l’auteur pour écrire un peu à la manière de…

  • Des albums sans texte

La mer de Marianne Dubuc, La vague de Suzy Lee, les BD de Petit poilu, Les trois petits cochons de Rascal, Dessine de Bill Thomson, etc. On peut lire les images, rédiger sur des papillons adhésifs ce que l’auteur aurait pu écrire, développer les compétences à communiquer oralement en racontant l’histoire… On peut aussi proposer aux élèves de devenir des auteurs d’albums sans texte.

  • Des livres de poésie (ou des albums écrits de façon poétique)

Par exemple, la collection Clin d’œil chez Isatis ou Poésies pour la vie de Gilles Tibo. Encore une fois, on pourrait s’en inspirer pour écrire ou pour réciter des poèmes.

  • Des albums d’une même collection

Éléphant et Rosie sont vraiment bien pour travailler les dialogues entre les personnages. Les livrets des éditions Fonfon  (Claudia, Robert, etc.) sont vraiment bien pour écrire de courtes phrases à propos de soi.

  • Des documentaires

Choisir des livres d’informations qui traitent d’un même sujet et en déposer un dans chaque bac. Par exemple, choisir des livres sur les bestioles, sur les planètes, des livres de la collection Tatsu Nagata, etc. On peut faire une écriture partagée à partir des informations trouvées dans les livres ; l’enseignant.e tient le crayon et les élèves partagent les idées.

Nous savons qu’il faudra beaucoup, beaucoup de livres pour bien garnir les bacs de lecture en temps de distanciation sociale, mais ce sera possible, car nous aurons moins d’élèves. Et la bibliothèque de l’école étant fermée, c’est un bon temps pour aller la dévaliser.

Une autre idée que nous avons eue est d’ajouter une fiche cartonnée dans le bac de lecture de chaque élève pour qu’il puisse se faire une liste des livres qu’il aimerait avoir dans son bac la semaine suivante. Peut-être que ce sera un livre lu à voix haute, le tome 2 d’une série, un livre d’un auteur qu’il aime, un documentaire sur un sujet précis, un livre suggéré par un autre élève… Bref, une façon de choisir un peu lui-même les livres pour lesquels il a de l’intérêt. Cette liste nous permettra de nous aider bonifier le bac et à le personnaliser au gout de l’élève.

 

La période de lecture autonome

L’élève devra rester à sa place, on le sait. Toutefois, plusieurs positions de lecture sont tout de même possibles. Il pourra rester sur sa chaise, la tourner pour s’assoir à califourchon, s’assoir sous la table sur un agenouilloir de jardin (ce qui donne l’effet de lire dans une cabane). Et pourquoi ne pas s’assoir sur la table si celle-ci est bien stable ? Selon la configuration de la classe, est-il possible  pour ceux qui sont placés à l’avant de la classe de passer sous leur table pour s’assoir dans une chaise coquille sans être dans la zone d’un autre ami? Est-il possible pour ceux qui sont placés à l’arrière de la classe d’avoir suffisamment d’espace derrière eux pour s’installer dans un petit siège de ce genre ? Essayer différentes positions de lecture prendra quelques jours, mais quand ce sera fait, on pourra se fixer des défis d’endurance en lecture comme on le faisait au début de l’année.

Pour les ateliers de lecture et d’écriture

Étant donné qu’on ne pourra pas se rassembler, il faudra faire preuve de créativité pour former une communauté de lecteurs et d’auteurs à distance. Peut-on créer un petit rituel (une chanson, une comptine…) pour marquer le début de la leçon? Permettre aux élèves de s’assoir sur la table ou le pupitre (si le mobilier est stable) durant la leçon? Se fabriquer une couronne Auteur au travail ou Lecteur au travail pour accompagner les périodes d’ateliers? Nous croyons qu’il est important de s’assurer de marquer, d’une façon ou d’une autre, le début de l’atelier.

En ce qui concerne les leçons, nous croyons que la caméra document sera un incontournable. Lors de la partie Engagement, les discussions entre partenaires seront faites à distance, alors les tandems seront choisis principalement selon l’emplacement des élèves dans la classe. Il est certain que ces échanges se dérouleront à un plus haut niveau sonore, mais nous savons à quel point il est important de les maintenir.

Il faudra sans doute procéder différemment pour les tableaux d’ancrage si on a plusieurs élèves qui se trouvent très loin dans la classe. Nous avons pensé les créer dans un format de 8 ½ x 11 sous la caméra  document pour les projeter au TNI. Tout au long de la semaine, durant la période de travail autonome (en lecture ou en écriture), ils seront ainsi visibles au TNI. À la fin de la semaine, il sera facile de les imprimer et d’en remettre une copie à chaque élève.

Pour la Mise en commun de l’atelier d’écriture, puisque nous aurons difficilement accès aux textes des élèves afin de donner de la rétroaction, et qu’ils ne pourront pas recourir aux conseils de leur partenaire,  nous pensons qu’il sera important d’offrir plus de temps au partage en grand groupe du travail fait durant la période d’atelier. Permettre à un auteur de monter sur sa chaise et de lire à voix haute ce qu’il a écrit, parler de son processus, recevoir des compliments et des conseils pour la suite du travail sera sans doute une bonne formule. Il sera aussi possible de procéder ainsi lors de l’Enseignement de mi-atelier. Privilégier la rétroaction plutôt que l’enseignement durant cette pause de mi-atelier sera une option gagnante à notre avis. Ces moments de partage seront importants pour prendre en note les besoins des élèves afin de planifier les prochaines leçons.

La Mise en commun de l’atelier de lecture sera aussi un moment privilégié pour permettre à un élève de lire à voix haute un extrait de son livre, de faire le rappel de l’histoire, de partager ce qu’il a appris, de parler des personnages. Il y a plusieurs possibilités, mais on tentera d’être en lien avec la leçon du jour. Se mettre debout derrière sa chaise ou monter sur celle-ci pour partager nous semble être aussi une belle idée pour cette mise en commun.

La lecture à deux sera un beau défi. Est-ce que lire à deux à distance est réaliste? On le verra bien en l’essayant. Il faudra établir des règles et modéliser différentes possibilités. Et s’ajuster, c’est certain. Pourquoi ne pas offrir des livres jumeaux pour permettre aux élèves de lire ensemble, en étant éloignés, et de discuter d’une même lecture ?

Pour les entretiens, dans un monde idéal de distanciation sociale où tous les élèves auraient accès à une tablette électronique, on pourrait organiser des visioconférences pendant la période de lecture ou d’écriture autonome. Des rencontres entre partenaires peut-être…  Il y a certainement des avenues à explorer de ce côté si ce matériel est accessible à vos élèves.

Publier les textes plus fréquemment est une bonne idée pour avoir accès à ceux-ci de plus près.  Si les publications reposent sur les tables pendant la fin de semaine, au retour, on pourra les récupérer et les étudier attentivement afin de cibler les besoins et d’ajuster notre enseignement. On pourrait choisir de déposer les textes des élèves sur une plateforme numérique utilisée par la classe (Seesaw, Padlet, etc.) De cette façon, les élèves auraient facilement accès aux textes de leurs pairs. Ceux-ci pourraient aussi être partagés à la maison et les parents pourraient être invités à y laisser des commentaires.

En lecture, établir un rituel festif de partage entre lecteurs sera bien pour la communauté que nous sommes, car nous craignons que l’aspect social de la lecture perde un peu de plumes.  Nous multiplierons les moments où les élèves feront la lecture à voix haute aux autres élèves de la classe. Ce sera une occasion d’apprentissage pour développer l’aisance-fluidité et la lecture expressive. Ce sera également une opportunité pour partager un coup de cœur littéraire et pour donner le gout aux autres lecteurs d’ajouter ce livre sur la liste de ceux qu’ils aimeraient retrouver dans leur bac la semaine suivante. On pourrait instaurer Le vendredi partage!

Comme vous le voyez, il existe des façons de faire qui seront différentes, mais qui conviendront à cette nouvelle réalité si contraignante. Vous avez surement pensé à de nouvelles façons de faire, vous aussi. Réinventons l’école. Ce ne sera pas pareil. Beaucoup de deuils à faire. Comme le dit Richard Robillard, psychopédagogue, on doit être positif et optimiste face à la réalité. La bienveillance, la joie, le partage feront partie des ingrédients essentiels de ce court chapitre. L’important est que les élèves y trouvent des repères. On fera du mieux qu’on peut. On accueillera tout ça et on s’applaudira haut et fort sur l’incroyable capacité d’adaptation que nous avons, nous, les enseignant.e.s.

Bon retour collègues !

 

 

 

Le bac personnel de l’élève, un indispensable dans l’atelier de lecture

Un article de Marlyn Grant

Dans l’atelier de lecture, l’une des parties les plus importantes est la lecture autonome. Lorsque les enfants lisent seuls, nous pouvons faire des entretiens individuels, alors on veut que tout se passe bien et y consacrer le plus de temps possible. Comme les enfants apprennent à lire en lisant, ils doivent avoir accès à des livres: à une grande variété de livres. Lire la suite

L’atelier, ce n’est pas une recette, mais…

Un article de Martine Arpin

Lorsque j’ai adopté l’atelier d’écriture dans ma classe, plusieurs collègues qui connaissaient les croyances et valeurs qui teintaient déjà ma pratique depuis quelques années se demandaient bien comment je pouvais m’intéresser autant à un ouvrage aussi structurant, ressemblant pour un non-initié à un « guide du maître » avec une recette toute faite. En anglais en plus. Où tout ce que je pouvais dire et faire était scripté. Moi qui avais laissé tomber les manuels scolaires et les cahiers d’exercices depuis longtemps, qui avais toujours de nouvelles idées pour de beaux projets à partir de la littérature jeunesse…

  Lire la suite

Le dossier de lecture : un outil essentiel

Un article de Marlyn Grant

Dossier de lecture, duo-tang du sac de lecture, tapis de lecture, pochette du lecteur…En fait, le nom qu’on lui donne importe peu. À nous de choisir ce qui nous ce qui nous convient, ce qui a le plus de sens pour nous et nos élèves. L’important est surtout de bien comprendre à quoi il sert, y mettre les bons outils pour l’élève et l’encourager à l’utiliser.

Qu’est-ce que c’est?

On utilise le dossier de lecture pendant l’atelier de lecture. L’élève le range dans son bac ou son sac de livres. Le lecteur l’utilisera à toutes les périodes de l’atelier. Il y retrouvera certains outils qui l’aideront à lire de façon autonome, mieux se connaitre comme lecteur et réguler ses apprentissages.

À quoi peut-il ressembler?

Différents modèles de duo-tang existent, encore une fois à vous de choisir celui qui vous convient. Pour ma part, j’utilise un duo-tang à pochettes avec un espace pour une couverture personnalisée à l’avant, et des œillets au centre. J’aime bien l’avoir rigide (plastifié), il est plus solide et tient bien dans le bac de mes élèves. Les pochettes à l’intérieur sont pratiques, on peut y mettre des feuilles, des livres, etc, Les œillets au milieu sont essentiels pour y placer les différents outils que je glisse dans une pochette de protection transparente. J’aime bien qu’il soit uni et sans logo. On peut toujours permettre aux élèves de le décorer, surtout si vous avez une ouverture en avant. Je m’assure d’y inscrire : Je suis un lecteur!

 

 

 

 

 

 

À quoi sert-il?

Il permet aux élèves d’avoir sous leurs yeux les stratégies, habitudes et/ou habiletés travaillées en classe. C’est bien les tableaux d’ancrage dans la classe, et même essentiel, mais c’est encore mieux quand chaque élève a ce dont il a besoin, pour lui, spécifiquement. Souvent, j’inscris ce qu’il a à travailler (après un entretien ou un enseignement en petit groupe) sur un post it que je fais sur le moment et que je place dans la pochette de lecture. Il m’arrive aussi d’en préparer à l’avance. Tout pour que ça soit facile à utiliser, et simple de s’y référer. À chaque période de lecture, on doit utiliser le dossier. En début d’année, on veut voir combien de livres nos élèves lisent, j’inscris sur la pochette du duo-tang à gauche « J’ai lu », ils déposent les livres lus, et les empilent. C’est visuel, facile à faire, et on peut voir rapidement combien de livres nos lecteurs lisent. C’est important pour eux car cela encourage le volume de lecture. On prend le temps d’enseigner comment on veut que les lecteurs travaillent avec leur duo-tang. C’est un outil personnalisé.

Quels outils peut-on retrouver dans le duo-tang de lecture?

Je présente chacun des documents que je mets dans le duo-tang. On les lit ensemble, je leur explique comment on les utilise. Il y a un roulement, quand ce n’est plus nécessaire, ils peuvent garder les feuilles à la maison. La plupart sont en lien avec la mini-leçon donnée ou les différentes composantes de la littératie.

  •  Les comptines travaillées en classe
  • L’alphabet
  • Le bouclier des voyelles
  • La liste des prénoms d’élèves de la classe
  • Feuilles avec les stratégies, les habitudes (en lien avec les mini-leçons et genres travaillés : des formats « mini » des tableaux d’ancrage, ou les stratégies pour cet élève seulement)
  • Feuille de motivation
  • Feuille de sons
  • Etc…

On doit s’assurer de ne pas trop mettre d’outils à la fois, et leur rappeler souvent leur importance. On tente de garder le dossier vivant tout au long de l’année.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

thumbnail_IMG_0812

Comment le présenter?

Le duo-tang de lecture fait partie du bac de livres. Alors, dès que je présente le bac, j’en parle.C’est environ la deuxième ou troisième semaine d’école. Je le présente à tous et je dis que nous allons l’utiliser toute l’année, que c’est outil essentiel et personnalisé à chacun. Il servira à toutes les parties d’atelier de lecture. À la mini-leçon, comme pour l’atelier d’écriture, je demande aux élèves d’apporter leur bac au coin rassemblement, le duo-tang de lecture est dedans. Ensuite, quand c’est le temps de la lecture autonome, ils doivent le consulter et au besoin le laisser ouvert à côté d’eux. C’est la même chose quand ils travailleront avec leur partenaire. Finalement, on en a aussi besoin parfois à la mise en commun, tout dépendamment de ce qu’on fait.

 

 

 

L’envoie-t-on ou non à la maison ?

Je tente l’expérience cette année, je vais envoyer le duo-tang de lecture dans le sac de livres de l’élève chaque jour.  Ainsi, les parents pourront avoir une idée et suivre ce que l’on fait en lecture.

Encore une fois, il s’agit d’un outil essentiel. Ce sont nos lecteurs qui en bénéficieront, ça ne peut que les aider à devenir des lecteurs efficaces et plus autonomes.

À vous de décider à quoi ressemblera le duo-tang de lecture de vos lecteurs !

 

 

L’importance de la constance et de la rigueur dans les ateliers de lecture et d’écriture

Un article de Marlyn Grant

Cette année, j’ai présenté, l’atelier de lecture et d’écriture à des enseignants, des conseillers pédagogiques, et différents intervenants en éducation. Parfois en conférence, mais aussi par des visites dans ma classe où je peux modeler mes façons de faire. Lors de ces rencontres, j’ai eu plusieurs échanges, questions, commentaires. Une des questions qui revenait le plus souvent était celle en lien avec le nombre de fois qu’on doit présenter les ateliers dans une semaine. Lire la suite

Lancer le club des chercheurs (On apprend à propos du monde en lisant…)

Un article de Marlyn Grant

Au printemps, depuis quelques années, j’enseigne à mes élèves à lire et à écrire des textes informatifs sous forme de recherche. J’ai l’impression d’avoir peaufiné cette façon de faire au fur et à mesure de tout ce que j’apprends sur l’enseignement de la lecture et de l’écriture. Cette année, j’ai combiné mes connaissances et mon expérience sur les clubs de lecture avec le côté recherche, car sans clairement l’identifier, c’était sous cette forme que je le faisais déjà avant. Pendant deux semaines, je délaisse les ateliers de lecture et d’écriture plus formels pour me concentrer sur cette différente structure.

La semaine avant de commencer le club de chercheurs, on doit s’assurer de faire circuler des livres d’information plus qu’à l’habitude, soit par le biais des bacs de tables, des bacs personnels des élèves et aussi par la lecture à voix haute. L’idéal est d’avoir travaillé les textes informatifs dans les ateliers d’écriture et de lecture pendant l’année.

Lire la suite

Enseigner la lecture à un petit groupe: la leçon de stratégie

Un article d’Isabelle Robert

On connaît la puissance de l’enseignement différencié.  La structure de l’atelier de lecture permet d’organiser des entretiens individuels ainsi que du travail en petits groupes. En effet, juste après la mini-leçon au groupe-classe, la lecture indépendante s’organise ainsi que les entretiens et le travail en petits groupes. Il n’y a rien de mieux pour offrir un enseignement sur mesure et ainsi faire progresser nos lecteurs.

Lecture guidée, lecture partagée, leçon de stratégie… Il existe plusieurs façons de travailler la lecture avec un petit groupe d’élèves (généralement composé de 4 élèves). Aujourd’hui, je vous présente la leçon de stratégie.

 

La leçon de stratégie

 La leçon de stratégie offre du temps aux élèves pour pratiquer une nouvelle stratégie ou revoir une stratégie déjà enseignée.  Elle peut aussi servir à présenter une stratégie qu’on prévoit bientôt introduire à la classe. Parfois, c’est une stratégie que l’on a travaillée lors d’une mini-leçon, de la lecture partagée, de la lecture à voix haute ou de l’étude de mots. D’autres fois, c’est pour venir apporter du soutien aux lecteurs dans le transfert d’une stratégie dans leurs propres livres. C’est souvent lors des entretiens individuels qu’on aura remarqué ce besoin.

Dans ces petits groupes, les élèves auront donc la chance de pratiquer une stratégie ciblée tout en recevant le support nécessaire de l’enseignant qui les guidera, pas à pas, pour qu’ils puissent le faire de façon indépendante.  Pour y arriver, il faudra donc prévoir une séquence de rencontres (3 ou 4), car comme toute chose,  c’est en pratiquant plus d’une fois que les enfants ont le plus de chance d’intégrer la stratégie et d’être efficace dans la pratique autonome.

Quand on rencontre le petit groupe d’élèves pour travailler une stratégie en particulier, on utilisera souvent une démonstration claire et concise. Ensuite, la pratique guidée sera l’élément clé afin que, graduellement, l’élève prenne en charge ce qu’on lui enseigne. Ce que l’on vise est que celui-ci puisse utiliser efficacement la stratégie, et ce, de façon indépendante. On songera donc réduire le support à chaque rencontre pour l’amener vers cette indépendance.

Voici quelques conditions gagnantes pour amener les élèves vers la pratique autonome

  • Maintenir une structure de la période de travail prévisible.
  • Être explicite,faire une démonstration efficace, donner des consignes simples et claires pendant la pratique guidée.
  • Se montrer flexible et à l’écoute des besoins de chacun des élèves pour relâcher graduellement le support au fil des rencontres.

 

La structure de la leçon de stratégie

Lorsque le reste du groupe est en lecture indépendante, on se prépare donc au travail en petit groupe. Tout comme la mini-leçon ou l’entretien, ce travail en petit groupe respecte une structure prévisible :

Connexion et compliment : Pour lancer la période de travail, il est est important d’orienter les élèves sur ce qu’ils feront aujourd’hui en nommant pourquoi ils sont rassemblés.  Ensuite, le temps est venu de faire un compliment afin de renforcer une habileté qu’ils réussissent bien (être précis en nommant cette habileté). Carl Anderson nous rappelle qu’il est aidant de faire un compliment en lien avec la stratégie que l’on souhaite travailler aujourd’hui. Par exemple : « J’ai remarqué que pour lire les nouveaux mots, vous travaillez fort à regarder du début à la fin des mots et à faire le bruit de chacune des lettres. Bravo! C’est une bonne stratégie! Aujourd’hui, je vais vous enseigner qu’il est très aidant de lire les mots partie par partie au lieu de lire lettre par lettre.  Couper les mots en syllabes pourrait vous aider à lire encore plus de nouveaux mots car, souvent, certaines parties de mots doivent être lues ensemble. »

Et comme dans l’exemple ci-haut, après avoir complimenté les élèves, on doit nommer clairement la stratégie qui sera travaillée aujourd’hui.

Enseignement : Le moment est venu de montrer « comment » y arriver. Une stratégie est en fait une procédure pour aider les élèves à arriver à un but spécifique, une grande habileté. Pour enseigner, plusieurs options s’offrent à nous : une courte démonstration, une pratique partagée (en utilisant un court texte de lecture partagée), donner une explication ou un exemple…. Il est important de bien choisir la méthode d’enseignement en considérant le degré de support nécessaire.  On veut être explicite et concis à la fois.  Voici un tableau qui présente des méthodes d’enseignement possibles :

Degré de support Quand choisir cette méthode

Énoncer seulement la stratégie

Léger

-Nous avons pratiqué cette stratégie ensemble avant.

-Je viens juste de démontrer la stratégie dans la mini-leçon.

-Je connais mes élèves et ils sont prêts à commencer si j’offre juste un peu de soutien avant.

Donner une explication et un exemple

Moyen

-Les élèves ont besoin de rappel rapide de la stratégie, mais n’ont pas besoin de démonstration supplémentaire.

-Je veux allouer plus de temps à la pratique guidée, mais je ne crois pas qu’énoncer seulement la stratégie sera suffisant.

-Je connais mes élèves et l’expérience me dit que pour ces élèves, une explication ou un exemple est suffisant pour qu’ils le fassent par eux-mêmes.

Pratiquer la stratégie sur un court texte partagé Moyen-fort

-Les élèves ont réussi à la faire dans la partie Engagement de la mini-leçon (texte partagé), mais ont besoin de soutien pour transférer. Je veux donc poursuivre sur ce qu’ils ont fait avec succès.

-Je connais mes élèves et je sais qu’après un travail sur un texte partagé, ils se débrouillent bien.

Faire une démonstration tout en réfléchissant à voix haute.

Fort

-J’enseigne une nouvelle stratégie.

-J’ai déjà fait une démonstration de la stratégie auparavant, mais en utilisant un texte plutôt différent de leur niveau de lecture de ces élèves, car ils ont un niveau de lecture vraiment différent des autres élèves.

-Je crois que les élèves bénéficieraient d’une autre démonstration de la procédure accompagnée de la réflexion à voix haute.

-Je connais mes élèves et je sais qu’ils se débrouillent bien après une démonstration.

Tiré de Teaching Reading in Small Groups de Jennifer Saravallo, 2010

 

Engagement : C’est la partie à laquelle on accorde le plus de temps. Dès maintenant, il faut coacher les élèves dans la pratique de la stratégie dans leurs propres livres de lecture indépendante. On peut dire : « Maintenant, c’est le moment d’essayer la stratégie dans votre propre livre. » On peut aussi fournir un texte si on croit qu’ils n’auront pas assez l’occasion de pratiquer la stratégie dans leurs propres livres.  Ici, on est à l’écoute de la manière dont chacun s’y prend et on réagit de façon à guider et supporter chacun, de façon individuelle, selon les besoins. On donne plus de soutien à celui qui en a besoin le plus et on soutient juste assez ceux ou celui qui ont moins besoin d’aide. Bref, on donne un soutien « juste parfait » pour que chacun pratique la stratégie dans leur propre livre. On garde en tête que l’on vise la pratique indépendante et que chacun a son propre rythme. On cherche à ce que les quatre élèves travaillent fort, sans s’occuper du travail du voisin et des consignes qui sont adressées aux autres élèves. Cette pratique guidée est du temps de qualité où l’élève travaille à utiliser une stratégie, tout en ayant l’enseignant à ses côtés, à l’écoute pour lui offrir le bon soutien.

Il est important que les consignes données à chacun correspondent au niveau de support dont il a besoin.   Voici une stratégie de lecture et des exemples de consignes. Cette courte liste est ordonnée en commençant par un niveau de support élevé à un niveau de support plus léger.

Lire des mots de plus en plus complexes en segmentant 

  • Tu as lu la première syllabe, maintenant lis la prochaine.(L’enseignante peut montrer comment segmenter).
  • Est-ce que tu as vérifié si toutes les parties du mot sont correctes?
  • Regarde de près ce mot en vérifiant chaque partie.
  • Qu’est-ce que tu as fait pour t’aider?

 

Lien : La période de travail se termine en invitant les élèves à faire ce qu’ils ont pratiqué durant cette période de travail, mais cette fois-ci, seul dans leur espace de lecture autonome. Il est important que les élèves sachent exactement à quoi on s’attend. Pour aider les élèves à s’en rappeler, on peut remettre un papillon adhésif ou un signet qui illustre la stratégie ou bien, pour les plus vieux, ils peuvent garder une trace dans leur carnet de lecture de ce qu’ils doivent continuer de travailler. Ils pourront donc poursuivre ce travail de façon indépendante, en transférant ce qu’ils ont appris aujourd’hui dans la lecture qu’ils feront dans les jours à venir.

Une période de travail en petit groupe dure environ 10 minutes. Il est important que les élèves qui participent à un travail en petit groupe puissent aussi avoir du temps de lecture individuelle.

Afin d’orienter nos décisions lors de la planification de nos interventions menant graduellement  les élèves à la pratique indépendante de la stratégie, ce tableau est vraiment intéressant.

La prise de décision à trois niveaux menant les élèves vers la pratique indépendante
Avant le travail en petit groupe Pendant le travail en petit groupe Au fil du temps
Quelle méthode d’enseignement utiliserez-vous?

·      Démonstration

·      Pratique partagée

·      Exemple/explication

·      Énoncer la stratégie

Quel sera le niveau de support des consignes données à l’élève?

·      Élevé

·      Moyen

·      Léger

Combien de fois ce groupe d’élèves sera rencontré?

Comment allez-vous continuer à soutenir les élèves au fil du temps?

Comment allez-vous soutenir le transfert vers d’autres livres?

Tiré de Teaching Reading in Small Groups de Jennifer Saravallo, 2010

Travailler en petit groupe avec une structure claire et prévisible aide à travailler de façon plus efficace que de mener plusieurs entretiens individuels portant sur la même stratégie.  Nous accordons de l’attention à chacun d’eux, de façon personnalisée tout au long de la partie Engagement de la période de travail. Puisque nous intervenons avec l’un et l’autre, on peut varier nos consignes en offrant le degré de support  « juste parfait » pour l’élève. De plus, cette structure permet à l’élève d’avoir du temps de pratique près de nous pendant qu’on supporte un autre élève et avant que l’on revienne à lui.

Avec cette structure prévisible,  une méthode d’enseignement bien choisie et des interventions sur mesure, voilà une petite période de travail vraiment efficace à mener à l’intérieur même de la période de l’atelier de lecture.

 


Pour aller plus loin :

Jennifer SarravalloTeaching Reading in Small Groups,Heinemann, 2010

Jennifer Sarravello, Le grand livre des stratégies de lecture, Chenelière Éducation, 2015

 

 

L’identité du lecteur

Un article de Marlyn Grant

J’ai entendu à quelques reprises parler de l’identité du lecteur, de l’importance de la développer. J’ai trouvé cela vraiment intéressant et plutôt utile. Ça m’a fait réfléchir à ce que je fais quand je discute des livres avec mes élèves. J’ai tendance à oublier de les questionner à propos de leurs choix de livres, que ça soit en entretien, en petit groupe ou en grand groupe. Parfois, je ne pense qu’à enseigner une stratégie, une habileté ou une bonne habitude, alors que je devrais aussi porter attention à leurs choix de livres. Lire la suite

Partenaires de lecture en vedette!

Un article d’Isabelle Robert

Chaque jour, on lit. Chaque jour, on discute de lecture, de livres. Je considère que l’un ne va pas sans l’autre pour cultiver le goût de la lecture chez mes élèves. Mes élèves sont en première année, alors ils ont beaucoup à apprendre à cet égard. Tout d’abord, je m’assure d’être un modèle de lectrice inspirant pour eux. Je parle de mes lectures, de mes habitudes, de mes amies qui me suggèrent des livres, de mes visites à la bibliothèque ou à la librairie, de mes conversations littéraires avec mes amis lecteurs, de mes coups de cœur, de mes découvertes, du prochain livre que je lirai…   Lire la suite

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑