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Les ateliers d'écriture et de lecture au primaire

Inspiré de la démarche des Units of Study du TCRWP

Catégorie

L’atelier de lecture

L’importance de la constance et de la rigueur dans les ateliers de lecture et d’écriture

Un article de Marlyn Grant

Cette année, j’ai présenté, l’atelier de lecture et d’écriture à des enseignants, des conseillers pédagogiques, et différents intervenants en éducation. Parfois en conférence, mais aussi par des visites dans ma classe où je peux modeler mes façons de faire. Lors de ces rencontres, j’ai eu plusieurs échanges, questions, commentaires. Une des questions qui revenait le plus souvent était celle en lien avec le nombre de fois qu’on doit présenter les ateliers dans une semaine. Lire la suite

Lancer le club des chercheurs (On apprend à propos du monde en lisant…)

Un article de Marlyn Grant

Au printemps, depuis quelques années, j’enseigne à mes élèves à lire et à écrire des textes informatifs sous forme de recherche. J’ai l’impression d’avoir peaufiné cette façon de faire au fur et à mesure de tout ce que j’apprends sur l’enseignement de la lecture et de l’écriture. Cette année, j’ai combiné mes connaissances et mon expérience sur les clubs de lecture avec le côté recherche, car sans clairement l’identifier, c’était sous cette forme que je le faisais déjà avant. Pendant deux semaines, je délaisse les ateliers de lecture et d’écriture plus formels pour me concentrer sur cette différente structure.

La semaine avant de commencer le club de chercheurs, on doit s’assurer de faire circuler des livres d’information plus qu’à l’habitude, soit par le biais des bacs de tables, des bacs personnels des élèves et aussi par la lecture à voix haute. L’idéal est d’avoir travaillé les textes informatifs dans les ateliers d’écriture et de lecture pendant l’année.

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Enseigner la lecture à un petit groupe: la leçon de stratégie

Un article d’Isabelle Robert

On connaît la puissance de l’enseignement différencié.  La structure de l’atelier de lecture permet d’organiser des entretiens individuels ainsi que du travail en petits groupes. En effet, juste après la mini-leçon au groupe-classe, la lecture indépendante s’organise ainsi que les entretiens et le travail en petits groupes. Il n’y a rien de mieux pour offrir un enseignement sur mesure et ainsi faire progresser nos lecteurs.

Lecture guidée, lecture partagée, leçon de stratégie… Il existe plusieurs façons de travailler la lecture avec un petit groupe d’élèves (généralement composé de 4 élèves). Aujourd’hui, je vous présente la leçon de stratégie.

 

La leçon de stratégie

 La leçon de stratégie offre du temps aux élèves pour pratiquer une nouvelle stratégie ou revoir une stratégie déjà enseignée.  Elle peut aussi servir à présenter une stratégie qu’on prévoit bientôt introduire à la classe. Parfois, c’est une stratégie que l’on a travaillée lors d’une mini-leçon, de la lecture partagée, de la lecture à voix haute ou de l’étude de mots. D’autres fois, c’est pour venir apporter du soutien aux lecteurs dans le transfert d’une stratégie dans leurs propres livres. C’est souvent lors des entretiens individuels qu’on aura remarqué ce besoin.

Dans ces petits groupes, les élèves auront donc la chance de pratiquer une stratégie ciblée tout en recevant le support nécessaire de l’enseignant qui les guidera, pas à pas, pour qu’ils puissent le faire de façon indépendante.  Pour y arriver, il faudra donc prévoir une séquence de rencontres (3 ou 4), car comme toute chose,  c’est en pratiquant plus d’une fois que les enfants ont le plus de chance d’intégrer la stratégie et d’être efficace dans la pratique autonome.

Quand on rencontre le petit groupe d’élèves pour travailler une stratégie en particulier, on utilisera souvent une démonstration claire et concise. Ensuite, la pratique guidée sera l’élément clé afin que, graduellement, l’élève prenne en charge ce qu’on lui enseigne. Ce que l’on vise est que celui-ci puisse utiliser efficacement la stratégie, et ce, de façon indépendante. On songera donc réduire le support à chaque rencontre pour l’amener vers cette indépendance.

Voici quelques conditions gagnantes pour amener les élèves vers la pratique autonome

  • Maintenir une structure de la période de travail prévisible.
  • Être explicite,faire une démonstration efficace, donner des consignes simples et claires pendant la pratique guidée.
  • Se montrer flexible et à l’écoute des besoins de chacun des élèves pour relâcher graduellement le support au fil des rencontres.

 

La structure de la leçon de stratégie

Lorsque le reste du groupe est en lecture indépendante, on se prépare donc au travail en petit groupe. Tout comme la mini-leçon ou l’entretien, ce travail en petit groupe respecte une structure prévisible :

Connexion et compliment : Pour lancer la période de travail, il est est important d’orienter les élèves sur ce qu’ils feront aujourd’hui en nommant pourquoi ils sont rassemblés.  Ensuite, le temps est venu de faire un compliment afin de renforcer une habileté qu’ils réussissent bien (être précis en nommant cette habileté). Carl Anderson nous rappelle qu’il est aidant de faire un compliment en lien avec la stratégie que l’on souhaite travailler aujourd’hui. Par exemple : « J’ai remarqué que pour lire les nouveaux mots, vous travaillez fort à regarder du début à la fin des mots et à faire le bruit de chacune des lettres. Bravo! C’est une bonne stratégie! Aujourd’hui, je vais vous enseigner qu’il est très aidant de lire les mots partie par partie au lieu de lire lettre par lettre.  Couper les mots en syllabes pourrait vous aider à lire encore plus de nouveaux mots car, souvent, certaines parties de mots doivent être lues ensemble. »

Et comme dans l’exemple ci-haut, après avoir complimenté les élèves, on doit nommer clairement la stratégie qui sera travaillée aujourd’hui.

Enseignement : Le moment est venu de montrer « comment » y arriver. Une stratégie est en fait une procédure pour aider les élèves à arriver à un but spécifique, une grande habileté. Pour enseigner, plusieurs options s’offrent à nous : une courte démonstration, une pratique partagée (en utilisant un court texte de lecture partagée), donner une explication ou un exemple…. Il est important de bien choisir la méthode d’enseignement en considérant le degré de support nécessaire.  On veut être explicite et concis à la fois.  Voici un tableau qui présente des méthodes d’enseignement possibles :

Degré de support Quand choisir cette méthode

Énoncer seulement la stratégie

Léger

-Nous avons pratiqué cette stratégie ensemble avant.

-Je viens juste de démontrer la stratégie dans la mini-leçon.

-Je connais mes élèves et ils sont prêts à commencer si j’offre juste un peu de soutien avant.

Donner une explication et un exemple

Moyen

-Les élèves ont besoin de rappel rapide de la stratégie, mais n’ont pas besoin de démonstration supplémentaire.

-Je veux allouer plus de temps à la pratique guidée, mais je ne crois pas qu’énoncer seulement la stratégie sera suffisant.

-Je connais mes élèves et l’expérience me dit que pour ces élèves, une explication ou un exemple est suffisant pour qu’ils le fassent par eux-mêmes.

Pratiquer la stratégie sur un court texte partagé Moyen-fort

-Les élèves ont réussi à la faire dans la partie Engagement de la mini-leçon (texte partagé), mais ont besoin de soutien pour transférer. Je veux donc poursuivre sur ce qu’ils ont fait avec succès.

-Je connais mes élèves et je sais qu’après un travail sur un texte partagé, ils se débrouillent bien.

Faire une démonstration tout en réfléchissant à voix haute.

Fort

-J’enseigne une nouvelle stratégie.

-J’ai déjà fait une démonstration de la stratégie auparavant, mais en utilisant un texte plutôt différent de leur niveau de lecture de ces élèves, car ils ont un niveau de lecture vraiment différent des autres élèves.

-Je crois que les élèves bénéficieraient d’une autre démonstration de la procédure accompagnée de la réflexion à voix haute.

-Je connais mes élèves et je sais qu’ils se débrouillent bien après une démonstration.

Tiré de Teaching Reading in Small Groups de Jennifer Saravallo, 2010

 

Engagement : C’est la partie à laquelle on accorde le plus de temps. Dès maintenant, il faut coacher les élèves dans la pratique de la stratégie dans leurs propres livres de lecture indépendante. On peut dire : « Maintenant, c’est le moment d’essayer la stratégie dans votre propre livre. » On peut aussi fournir un texte si on croit qu’ils n’auront pas assez l’occasion de pratiquer la stratégie dans leurs propres livres.  Ici, on est à l’écoute de la manière dont chacun s’y prend et on réagit de façon à guider et supporter chacun, de façon individuelle, selon les besoins. On donne plus de soutien à celui qui en a besoin le plus et on soutient juste assez ceux ou celui qui ont moins besoin d’aide. Bref, on donne un soutien « juste parfait » pour que chacun pratique la stratégie dans leur propre livre. On garde en tête que l’on vise la pratique indépendante et que chacun a son propre rythme. On cherche à ce que les quatre élèves travaillent fort, sans s’occuper du travail du voisin et des consignes qui sont adressées aux autres élèves. Cette pratique guidée est du temps de qualité où l’élève travaille à utiliser une stratégie, tout en ayant l’enseignant à ses côtés, à l’écoute pour lui offrir le bon soutien.

Il est important que les consignes données à chacun correspondent au niveau de support dont il a besoin.   Voici une stratégie de lecture et des exemples de consignes. Cette courte liste est ordonnée en commençant par un niveau de support élevé à un niveau de support plus léger.

Lire des mots de plus en plus complexes en segmentant 

  • Tu as lu la première syllabe, maintenant lis la prochaine.(L’enseignante peut montrer comment segmenter).
  • Est-ce que tu as vérifié si toutes les parties du mot sont correctes?
  • Regarde de près ce mot en vérifiant chaque partie.
  • Qu’est-ce que tu as fait pour t’aider?

 

Lien : La période de travail se termine en invitant les élèves à faire ce qu’ils ont pratiqué durant cette période de travail, mais cette fois-ci, seul dans leur espace de lecture autonome. Il est important que les élèves sachent exactement à quoi on s’attend. Pour aider les élèves à s’en rappeler, on peut remettre un papillon adhésif ou un signet qui illustre la stratégie ou bien, pour les plus vieux, ils peuvent garder une trace dans leur carnet de lecture de ce qu’ils doivent continuer de travailler. Ils pourront donc poursuivre ce travail de façon indépendante, en transférant ce qu’ils ont appris aujourd’hui dans la lecture qu’ils feront dans les jours à venir.

Une période de travail en petit groupe dure environ 10 minutes. Il est important que les élèves qui participent à un travail en petit groupe puissent aussi avoir du temps de lecture individuelle.

Afin d’orienter nos décisions lors de la planification de nos interventions menant graduellement  les élèves à la pratique indépendante de la stratégie, ce tableau est vraiment intéressant.

La prise de décision à trois niveaux menant les élèves vers la pratique indépendante
Avant le travail en petit groupe Pendant le travail en petit groupe Au fil du temps
Quelle méthode d’enseignement utiliserez-vous?

·      Démonstration

·      Pratique partagée

·      Exemple/explication

·      Énoncer la stratégie

Quel sera le niveau de support des consignes données à l’élève?

·      Élevé

·      Moyen

·      Léger

Combien de fois ce groupe d’élèves sera rencontré?

Comment allez-vous continuer à soutenir les élèves au fil du temps?

Comment allez-vous soutenir le transfert vers d’autres livres?

Tiré de Teaching Reading in Small Groups de Jennifer Saravallo, 2010

Travailler en petit groupe avec une structure claire et prévisible aide à travailler de façon plus efficace que de mener plusieurs entretiens individuels portant sur la même stratégie.  Nous accordons de l’attention à chacun d’eux, de façon personnalisée tout au long de la partie Engagement de la période de travail. Puisque nous intervenons avec l’un et l’autre, on peut varier nos consignes en offrant le degré de support  « juste parfait » pour l’élève. De plus, cette structure permet à l’élève d’avoir du temps de pratique près de nous pendant qu’on supporte un autre élève et avant que l’on revienne à lui.

Avec cette structure prévisible,  une méthode d’enseignement bien choisie et des interventions sur mesure, voilà une petite période de travail vraiment efficace à mener à l’intérieur même de la période de l’atelier de lecture.

 


Pour aller plus loin :

Jennifer SarravalloTeaching Reading in Small Groups,Heinemann, 2010

Jennifer Sarravello, Le grand livre des stratégies de lecture, Chenelière Éducation, 2015

 

 

L’identité du lecteur

Un article de Marlyn Grant

J’ai entendu à quelques reprises parler de l’identité du lecteur, de l’importance de la développer. J’ai trouvé cela vraiment intéressant et plutôt utile. Ça m’a fait réfléchir à ce que je fais quand je discute des livres avec mes élèves. J’ai tendance à oublier de les questionner à propos de leurs choix de livres, que ça soit en entretien, en petit groupe ou en grand groupe. Parfois, je ne pense qu’à enseigner une stratégie, une habileté ou une bonne habitude, alors que je devrais aussi porter attention à leurs choix de livres. Lire la suite

Partenaires de lecture en vedette!

Un article d’Isabelle Robert

Chaque jour, on lit. Chaque jour, on discute de lecture, de livres. Je considère que l’un ne va pas sans l’autre pour cultiver le goût de la lecture chez mes élèves. Mes élèves sont en première année, alors ils ont beaucoup à apprendre à cet égard. Tout d’abord, je m’assure d’être un modèle de lectrice inspirant pour eux. Je parle de mes lectures, de mes habitudes, de mes amies qui me suggèrent des livres, de mes visites à la bibliothèque ou à la librairie, de mes conversations littéraires avec mes amis lecteurs, de mes coups de cœur, de mes découvertes, du prochain livre que je lirai…   Lire la suite

Le mur de mots

Un article de Marlyn Grant

 

Y a-t-il un mur de mots dans votre classe?

À quoi ressemble-t-il?

De quelle longueur est-il?

Quel genre de mots? Pourquoi les avez-vous choisis? Comment avez-vous choisi vos mots?

Comment les enfants l’utilisent-ils?

À quelle fréquence y faites-vous référence?

Voilà plusieurs questions qui portent à réflexion…

Et voici quelques réponses …

Le mur de mots est un outil essentiel pour les jeunes auteurs et lecteurs qui vivent l’atelier d’écriture et de lecture. Il leur permet de connaître par cœur des mots fréquents qu’ils retrouveront dans leurs livres et qu’ils utiliseront dans leur texte.

Ça rend les textes plus faciles à lire et à écrire, c’est la même chose pour les livres, car ils arrivent à lire certains livres grâce à ces mots.

À quoi peut ressembler un mur de mots

Il existe plusieurs sortes de murs de mots. Les mots y sont souvent classés par ordre alphabétique, par thèmes ou par classes de mots, surtout chez les plus grands. Il y en a des colorés, certains qui prennent plus de place que d’autres. Il est idéalement situé dans un endroit central dans la classe, visible, dégagé et bien identifié.

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Mon début d’année en lecture

Un article de Marlyn Grant

 

Voici comment je compte commencer l’enseignement de la lecture cette année dans ma classe. Un peu différemment de l’an passé, car j’ai appris de nouvelles choses et j’ai un nouveau groupe à considérer.

Première journée, premier livre : Faire le bon choix !

La première lecture est celle qui donnera le ton à l’année qui vient. C’est Lucy Calkins qui m’a fait réfléchir à l’importance de ce premier livre, celui qui amorcera le début d’une année en lecture. Choisir ce livre est souvent un défi pour moi. Je me questionne, je change d’idée et parfois, je me décide le matin même. Lire la suite

Retour sur notre année de lecteur

Un article de Marlyn Grant

 

Déjà juin, déjà la fin de l’année scolaire. C’est maintenant le temps de faire une rétrospective avec mes élèves sur notre année en tant que lecteur.

Retour sur nos lectures

Je vais commencer par discuter en grand groupe de nos différentes lectures de l’année (narratives, informatives, opinion, poésies). Lesquelles se rappellent ils? De quels auteurs se souviennent-ils ? On peut même faire une enquête. On peut noter les titres, faire des piles de livres (par exemple : par auteur, par genre, etc…). Ensuite, je vais cibler les mini-romans que je leur ai lus.  Je vais placer la dizaine de livres à chapitres  dans un bac et les présenter un à un aux élèves. Je vais en faire un court rappel, juste en montrant la page couverture et quelques images, afin de les aider à se souvenir. On en discute ensemble en grand groupe d’abord, et ensuite ils le font avec leur partenaire. Je laisse les livres à leur disposition, car ils pourront relire certaines parties.

On peut faire la même chose avec les livres que nous avons utilisés pour nos lectures à voix haute, nos lectures partagées, les bacs de table (livres abordant différents thèmes), les bacs d’auteurs, les bacs de livres nivelés, on sort un bac avec ces livres et on les revisite.

J’en profite pour poser quelques questions pour qu’ils  alimentent ou développent une conversation intéressante :

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Les partenaires de lecture

Un article de Marlyn Grant

Le travail en partenariat (ou en tandem) est la pierre angulaire de l’atelier de lecture. C’est une partie importante que l’on doit installer dès le début de l’année, car elle aidera les lecteurs à  progresser. On devra enseigner plusieurs leçons avant que cela ne soit profitable, les enseigner de façon très explicite, et pas juste en début d’année. Aussi, on doit instaurer un climat de classe propice à l’échange. Les élèves doivent être calmes. On veut que cette partie essentielle de l’atelier soit bénéfique à tous nos lecteurs. Lire la suite

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