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Les ateliers d'écriture et de lecture au primaire

Inspiré de la démarche des Units of Study du TCRWP

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Réflexions pédagogiques

Telle une feuille qui tourbillonne dans le vent

Un texte d’Isabelle Robert

Voilà! Les sept premiers jours d’école viennent de défiler au milieu d’un grand tourbillon. Des jours précieux à faire connaissance, à installer des routines, à permettre aux élèves de s’approprier leur nouvel environnement et l’horaire d’une journée de première année, à instaurer de nouvelles façons de faire, à mener les premières activités d’apprentissage et surtout, à créer des liens entre nous. Des jours essoufflants, des jours pleins d’espoir, des jours inégaux, des nuits courtes à revoir mon plan de match.

Mais chaque jour, nous avons lu des histoires (d’ailleurs, Mathieu Lavoie est la vedette de l’heure de la classe!!!), parlé des auteurs que l’on connait, parlé de nos livres préférés, des endroits où nous aimons lire, des sujets de documentaires qui nous intéressent. Nous avons parlé de la chance que nous avons de pouvoir choisir des livres qu’on a le gout de lire. Et j’ai enchainé, jour après jour, les premières leçons de lecture ainsi que des moments de lecture seuls et en tandem.

Parallèlement à cela, nous avons étudié des lettres et des sons, Nous avons fait des activités de conscience phonologique, de conscience phonémique et du travail sur les éléments graphophonétiques.

Les élèves ont aussi écrit dès le premier jour. Il y a eu des leçons explicites bâties sur mesure grâce à l’étude de leurs premiers textes, et du temps pour pratiquer et mettre en œuvre les nouvelles connaissances. Par ces écrits, nous avons appris à se connaitre les uns les autres, toujours un peu plus. Et on installait des habitudes.

C’est maintenant que je me dépose, telle une feuille qui tourbillonne dans le vent depuis le premier septembre et qui se pose doucement au sol.

Oui, il était temps de se poser et de constater tout ce qu’on a accompli jusqu’à maintenant, de grand et de petit. Tout compte!

Hier, 10 septembre, journée parfaite pour organiser notre première célébration. Chaque année, j’organise assez rapidement la première célébration et m’assure d’en vivre fréquemment lors des deux premiers mois.  Je fais cela pour plusieurs raisons :

  1. Elles donnent du sens aux apprentissages;
  2. Elles permettent de mettre les individus en valeur;
  3. Elles permettent de mettre les apprentissages en valeur ;
  4. Elles permettent de se connaitre les uns les autres encore plus;
  5. Elles permettent de construire notre communauté en célébrant la diversité ;
  6. Elles donnent un élan incroyable pour la poursuite de l’apprentissage;
  7. Elles donnent du sens au travail d’auteur.

Donc, aux deux semaines environ, nous célébrons!

Cette première célébration est aussi pour moi l’occasion de faire à un pas de recul, ce pas qui permet d’avoir un portait de la situation, une vision plus panoramique. Constater le travail des élèves. Voir des étoiles dans les yeux lorsqu’ils présentent leur travail à la classe. Ressentir cette fierté. Entendre des questions d’élèves qui veulent en savoir plus sur ce que d’autres ont écrit. Entendre des compliments sur le progrès de certains. Revoir cette assurance qui s’installe lorsqu’ils écrivent. Constater que cette classe que je visualise chaque année sera bien réelle, encore.

J’apprends beaucoup d’eux. Ils sont arrivés avec un niveau varié de connaissances sur la langue et progresseront selon ce qu’ils sont. J’aime cette diversité. Et malgré quelques dossiers d’aide plutôt épais de certains, je suis émerveillée de ce qu’ils sont vraiment. Parmi eux, des élèves qui n’ont pas gagné à la loterie familiale, mais qui sont d’une force incroyable et qui attendent juste qu’on croie en eux.  Ces élèves me font frissonner. Et me rappellent combien je suis chanceuse de les accompagner. Cela même si certains jours sont plus difficiles. Complexes. Je sais profondément que l’atelier d’écriture permettra de mettre en valeur chacun d’eux.

Je suis prête pour une année incroyable!

Voici des progrès que j’ai observés. Déjà!

1er septembre: L’élève a écrit des étiquettes (Juliette, salade, Léa).
10 septembre: Elle écrit maintenant une phrase en plus de 4 étiquettes. Elle laisse des espaces entre les mots. Elle utilise un mot du mur « Je ». (Je suis au zoo).

1er septembre: L’élève a écrit une phrase et deux étiquettes. (Je joue avec Rosie.)
10 septembre: L’élève écrit deux phrases pour raconter et utilise le point pour délimiter ses phrases. (Je suis avec maman et Zachary. Je lis avec maman.)
1er septembre: L’élève présente des personnages immobiles. (C’est moi, ma soeur et mon chat.)
10 septembre: L’élève écrit une phrase. Elle forme de plus petites lettres. Elle est en action. (Je saute sur le trampoline.)
1er septembre: L’élève appuie difficilement sur le crayon. Trace sans avoir d’intention de communication. Laisse le crayon glisser sur la feuille.
10 septembre: Il veut dire qu’il aime jouer au XBox. Il se dessine avec une manette. À gauche, on voit la console. À droite, c’est l’escalier. On constate un trait plus assuré. Il tente aussi d’écrire son nom à l’aide de son modèle qu’il prend par lui-même.

1er septembre L’élève se dessine dans une piscine et a écrit deux étiquettes.
10 septembre: L’élève écrit trois étiquettes et une phrase en étirant les mots. Il utilise la ponctuation. Il fait bouger son personnage. Il se fait davantage confiance.

La magie de la rentrée

Un article de Martine Arpin

Hier, j’ai diné avec des copines enseignantes.

Sous la chaleur (l’hiver viendra bien assez vite), en savourant la « slushe » fraises-vodka-limonade rose de notre hôte, on s’est raconté les baleines, le mont Albert, les Cantons-de-l’Est. On a parlé de nos ados et de nos plus grands, joué à un nouveau jeu, échangé des livres que nous avons aimé lire cet été. C’est l’une de nos routines de la rentrée, depuis des années.

Habituellement, on parle aussi de nos lectures pédagogiques, on se dit qu’on a pris plaisir à écrire les dates et jours du calendrier scolaire dans notre cahier de planification, ainsi que les dates d’anniversaire de nos futurs élèves. Cette année, un constat commun :  pas ou peu de lectures pédagogiques, pas de formations, pas de dates dans le cahier de planification. En fait, même pas ouvert le sac, de tout l’été.

L’envie de faire le vide. 

Et un peu moins de papillons que d’habitude, face à cette rentrée, que l’on espérait beaucoup plus normale. 

On se dit que l’année dernière a été éreintante, avec les bulles, les masques, les règles. Que c’est pour cette raison que nous avions besoin de plus de repos et de vide qu’avant (surtout pas parce qu’on commence à vieillir…Pas du tout…). Savoir que ça ressemblera encore pas mal à ça cette année nous embête. Je reprends ici les propos du docteur Jean-François Chicoine, entendus en juin: Il faut arrêter de dire que les enfants sont résilients. Nous avons la responsabilité de faire en sorte qu’ils n’aient pas besoin de l’être. On se dit qu’on aurait aimé que ce soit pris en compte.

Mais je sais que lundi, quand nos petits poseront pour la première fois les pieds, les yeux et le cœur dans leur nouvelle classe, ils ne ressentiront rien de ce petit sentiment d’hésitation.

La magie va opérer encore une fois.

Quand ils choisiront une place à l’une des tables,

quand l’un d’eux remarquera qu’il y a un lit dans la classe,

quand un autre s’émerveillera des centaines de livres autour d’eux,

quand une petite verra les stylos noirs et s’exclamera: « On va aussi être des auteurs en première année? Youpi! » ,

quand je devrai consoler celle qui s’ennuie un peu beaucoup de sa maman,

quand ils sortiront leurs nouveaux effets scolaires,

quand je vais raconter la première histoire,

quand on va commencer à se parler de nous, pour commencer à former un nous,

alors je serai là, toute là, avec eux et pour eux.

Ce sera la même chose pour mes collègues.

Et pour vous aussi.

Cet été, j’ai voulu faire le vide. Le vide s’est imposé à moi, bien doux à porter sur la planche à pagaie. Mais parfois le vide se comble de tout plein de petites choses, au fil des moments et des rencontres, sans qu’on s’en rende compte. Et en y repensant bien, il y a eu un fil conducteur à ces petites choses qui ont pris place dans ma tête…

J’ai donné avec Isabelle une conférence sur une bibliothèque de classe diversifiée, avec un angle sur l’identité, l’importance que chaque élève se reconnaisse dans la classe, apprenne des autres et s’ouvre sur le monde et les réalités qui les entourent en ayant des discussions franches et courageuses sur des sujets complexes. Préparer cette conférence ensemble nous a aidées à réfléchir à la façon dont on veut accueillir nos élèves et donner une place à chacun.

J’ai écouté une conférence de mon ami et collègue Martin Lépine, vice-doyen à la formation et à la culture de la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. Martin parlait de l’importance de donner le goût de la lecture aux élèves. À partir de données accablantes (90% des enseignants nomment que donner le goût de lire est leur priorité, mais 50% des citoyens, après leur scolarité, ne lisent plus pour le plaisir, et c’est à partir de la quatrième année du primaire que ce plaisir de lire commence à diminuer…), il proposait des mesures concrètes pour nourrir l’appétence des élèves à tous les niveaux scolaires. Il a cité Antoine de St-Exupéry :  

« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose. Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer. »

Dans cette citation, il a changé le mot « bateau » pour le mot « lecteur », et le mot « mer » par le mot «littérature», et elle résonne encore dans ma tête. (vous la relisez maintenant en changeant les mots, n’est-ce pas?)

Pour visionner cette conférence, c’est ici: https://youtu.be/4LTrrImBLUk

J’ai eu l’incroyable chance et le grand bonheur, avec deux autres intervenants, de m’entretenir avec Stéphan Bureau sur l’importance de l’école primaire. Pour bien me préparer, j’ai lu certains articles et recherches, pris des notes, parlé pédagogie avec une amie qui m’a aidée à réfléchir, copié mes notes, placé mes idées, recopié mes notes… Je voulais m’exprimer sur la complexité de la tâche enseignante dans tout ce que ça a de beau et de positif, sur le devoir de responsabilité, sur l’importance de la motivation intrinsèque et sur l’impact que nous avons sur nos élèves. En me préparant à cette entrevue, je me suis rappelé les mots de Daniel Pennac en entrevue avec Stéphan Bureau :

La classe, ce n’est pas une armée qui marche au pas, c’est un orchestre qui joue la même musique

À la radio, par hasard, j’ai entendu une entrevue de Catherine Perrin avec Jean-Marc Limoges, enseignant en littérature au cégep et auteur du livre « Victor et moi », un essai sur la motivation scolaire et la responsabilité des enseignants sur le désir d’apprendre. Je ne l’ai pas lu, pas encore, mais ça a rejoint mes réflexions.

Couverture du livre

J’ai travaillé avec des enseignants du Manitoba sur les fondements des ateliers d’écriture. Trois jours où nous avons vécu le processus d’écriture, où nous nous sommes mises dans la peau des auteurs pour mieux comprendre comment se sentent les élèves lorsqu’on leur demande d’écrire. Trois jours à réfléchir aux besoins de nos élèves auteurs et à la posture enseignante nécessaire à leur engagement et à leur progression.

Peut être une image de 9 personnes, écran et texte

J’ai rencontré la belle équipe de De mots et de craie pour planifier un institut d’été en 2022 et le prochain congrès en 2023, et pour planifier les offres de bourses de rayonnement. Réunir étudiants, professeurs, enseignants de tous les niveaux, cadres scolaires, mentors, conseillers pédagogiques, experts chevronnés, auteurs et illustrateurs pour partager une passion commune, centrée sur le désir que les élèves partagent cette même passion et la développent aussi. 

Alors, le fil conducteur entre tous ces moments, qui teinte nécessairement ma rentrée est ceci:  Ce dont mes élèves ont le plus besoin, c’est que tout ce qui se passe dans la classe transpire le bonheur de lire et d’écrire, d’apprendre, d’être et d’échanger. C’est que je sache créer avec eux et entre eux un lien assez fort pour que la confiance s’installe. J’ai le pouvoir de contribuer à la construction de l’identité de chaque être humain que j’accompagne et qui me fait confiance. C’est aussi une grande responsabilité. À travers la littérature, par des méthodes d’enseignement qui me permettent de mettre mes énergies à la bonne place, et surtout par mon approche, mes gestes, mes paroles, mes regards, je veux nourrir cet appétit qu’ils ont déjà, sinon le faire naitre. 

L’année scolaire n’est pas un sprint où gagner une demi-seconde nous permet d’abaisser la marque mondiale. C’est un long marathon. Je sais où je m’en vais. Je connais le parcours. Performer, ce n’est pas juste courir sous les dix secondes comme Andre de Grasse. Comme Dayna Pidhoresky, marathonienne canadienne arrivée dernière de son épreuve aux Jeux Olympiques de Tokyo cet été, mes élèves se rendront au fil d’arrivée, à leur rythme, s’ils ont la motivation et les outils pour y arriver. Moi aussi. La rentrée est un bon moment pour planifier la gestion de notre énergie tout au long de ce marathon. Chaque kilomètre sera teinté de ce fil conducteur :  placer l’élève, les élèves, au centre de mes décision. Créer l’envie, le désir, le besoin d’apprendre et de littérature. Être l’étincelle.

Je ne sais pas vraiment comment va se dérouler cette année scolaire, mais ce que je sais, c’est que non seulement mes élèves, lundi, ne ressentiront rien de ce petit sentiment d’hésitation qui me reste un peu dans la gorge, mais ce sont eux qui aideront, par les étoiles dans leurs yeux, à la faire disparaitre pour laisser place à l’étincelle.

C’est ça, la magie de la rentrée. 

S’inspirer des grands auteurs pour écrire, ou comment Connor McDavid inspire des milliers de petits joueurs de hockey

Un article de Martine Arpin

Mon fils adore le hockey. Il joue au hockey depuis qu’il a quatre ans. Depuis des années, donc, des entraineurs lui ont enseigné et montré les habiletés et les règles de ce sport, pour lui permettre de se développer comme joueur. Tous les jours, il est sur la patinoire: il pratique ses feintes, ses lancers, son coup de patin. Il regarde des parties de hockey avec son père et sa sœur (et parfois avec sa mère aussi, mais moi, j’aime bien mieux le regarder, lui, jouer!). Grâce à la technologie, il recule parfois la séquence pour visionner à nouveau certains jeux impressionnants. Il écoute des émissions qui parlent de son sport. Il est aussi à un « clic » des vidéos de ses joueurs favoris, les meilleurs de la ligue, qui jouent, s’exercent ou font des démonstrations d’habiletés exceptionnelles. Il les observe souvent. Il s’en inspire ensuite sur la patinoire, dans la rue, dans la cour, dans sa chambre, dans le corridor… Il ne jouera probablement jamais dans la ligue nationale, heureusement qu’il a un plan b (ne lui dites pas que j’ai écrit ça!), mais il développe une passion grâce aux modèles qui l’entourent.

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Aider nos élèves en difficulté en rendant notre enseignement plus clair

Un texte d’Isabelle Robert

Jour après jour, nous enseignons de nouvelles stratégies pour outiller, chaque fois un peu plus, nos élèves à devenir plus compétents lorsqu’ils écrivent ou lorsqu’ils lisent.  Avec les mini-leçons proposées dans les différents modules, nous enseignons de façon explicite ces stratégies importantes et nous gardons des traces de ce travail sur des tableaux d’ancrage pour faire en sorte que ces apprentissages soient durables. On souhaite que les élèves continuent d’utiliser ce qu’ils ont appris le lendemain et les jours subséquents et non que lors de la période de travail qui suit la mini-leçon du jour.

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Les impacts d’un changement de pratique

Un texte d’Isabelle Denis

Changer ses pratiques en éducation, ça peut être grisant, challengeant. Ça donne comme un coup de renouveau… En même temps, ça peut être très insécurisant. Et c’est tout à fait normal. Dans tout processus de changement, il y a bien sûr des hauts, des bas, des phases de régression aussi. En plus, quand la période du bulletin approche, on doute et on se demande ce qui nous a pris de s’être lancé dans cette aventure…Ce qui peut parfois donner le vertige. Faire confiance au potentiel humain qui nous entoure, au temps et à la mise en action représentent des bases solides pour une communauté d’enseignants-apprenants

Enseigner l’écriture à des élèves du 3e cycle peut nous amener à vivre une certaine pression.  Qui n’a pas ressenti le poids de l’examen du ministère de l’Éducation ou encore du passage vers l’école secondaire… 

Quand j’ai commencé à enseigner, avec en tête les meilleures intentions, inspirée par les enseignants qui m’avaient enseigné, je m’étais donné pour but de faire aimer l’écriture à mes élèves. J’étais à la recherche des meilleurs sujets. Qu’est-ce qui pourrait bien inspirer mes élèves? Un texte sur l’Halloween, sur Noël, écrire un conte…  

JE gérais donc les sujets. 

Une fois le sujet trouvé, je me faisais une joie de préparer un gabarit avec de jolis dessins découlant du thème afin que mes élèves puissent y faire leur plan. Afin que ce soit plus facile pour eux, je les guidais en leur indiquant, par exemple, qu’il devait y avoir dans leur histoire une situation initiale, un élément perturbateur, des péripéties et un dénouement…

JE gérais donc leur façon de planifier.

Dans ma planification hebdomadaire, j’estimais que mes élèves seraient en mesure de faire le plan et le début du brouillon,  le mardi. La fin du texte, le mercredi. La correction ainsi que le propre, le jeudi. Ce qui me permettait de commencer à corriger vendredi en fin de journée et de remettre le tout aux élèves, le lundi suivant.

JE gérais donc leur temps, leur rythme.

À cette époque, j’étais vraiment satisfaite de cette planification et je me réjouissais de présenter le sujet que j’avais choisi à mes élèves. Comme j’avais hâte à la semaine suivante pour leur présenter la situation d’écriture. De septembre à cette première situation d’écriture, écrivions-nous régulièrement? Non, car nous étions occupés à faire des dictées ou à avancer le cahier de grammaire. La grande majorité du temps, les élèves corrigeaient des fautes. Mais bon, revenons…

Une fois le sujet présenté, je voyais bien que quelques élèves étaient ravis, d’autres n’avaient pas d’expression. Et là, les mains se levaient… « Madame, est-ce que je peux mettre des zombies dans mon histoire, des fusils…? Combien de paragraphes dois-je faire? Est-ce que mon texte doit être long? Madame, c’est quoi les péripéties? » Beaucoup d’insécurité suivait la présentation du sujet… Mais pourquoi? À un certain moment, je me devais bien de trancher si on voulait commencer. « Ok,  faites-vous confiance, vous avez tout ce qu’il vous faut pour écrire la meilleure des histoires. »

À partir d’ici, JE ne gérais plus rien. JE doutais. 

Et là, les élèves se regardaient, certains pas trop confiants par rapport à ce qu’ils écriraient, d’autres avaient déjà le crayon en main qui déambulait, d’autres étaient stressés juste à regarder le crayon de ceux pour qui le crayon déambulait… Mais avec le peu d’expérience que j’avais, je souhaitais que ça rentre dans l’ordre d’ici quelques minutes. Oh, la gestion de classe…Oui, oui… et là, tout doucement, la classe prenait le rythme de croisière… Un beau silence s’installait…

Mise à part une poignée d’élèves… Devant une page blanche… Même si les minutes passaient… Ça persistait… Page blanche encore… « Qu’est-ce qui se passe? Ça ne va pas? » « J’ai pas d’idées. » « Voyons, c’est un beau sujet! Tu aimes ça l’Halloween! » « Oui, mais j’ai pas d’idées. » « Hum! Tu pourrais écrire une histoire sur… » Et voilà, pour aider, je glissais les idées à mon élève, parfois même les phrases.  Pendant ce temps, plusieurs venaient me donner leur texte en me disant qu’ils avaient terminé. Et là, j’utilisais mon « œil d’experte ». « As-tu bien révisé? » « Oui, j’ai ajouté plein d’adjectifs! » 

Le mercredi, j’annotais tous les textes avec le code de correction dans la marge (O = faute d’orthographe, V = Verbe etc.) Quand je terminais ce travail, j’avais le sentiment du devoir accompli. Ça, ça aiderait mes élèves à ne pas faire de fautes le moment venu de recopier au propre… 

JE contrôlais donc la révision-correction. JE voulais un beau produit fini.

Les années ont passé… et passé… Insatisfaite, toujours en questionnement, remarquant de plus en plus de problèmes, des textes presque identiques, sans âme, sans raison d’être… Et un jour, j’ai découvert les ateliers d’écriture grâce à une enseignante que vous connaissez bien (Isabelle Robert) et des conseillers pédagogiques (Suzane, Patricia, Réal)  de mon centre de services  scolaire. Ils parlaient de cette sensation, celle de véritablement enseigner l’écriture. L’impression de ne pas exiger de l’élève qu’il écrive, mais plutôt la sensation de lui remettre le pouvoir sur son propre processus d’écriture. Des élèves engagés et qui progressaient. Et ça, ça me parlait énormément. Cette découverte poussée par la curiosité ainsi qu’une mise en action m’auront permis d’amorcer un changement de paradigme, il y a déjà quelques années.

À travers cette démarche, j’ai réalisé que je n’enseignais pas l’écriture, que je ne formais pas des auteurs. Heureusement, ce changement de paradigme est possible. D’ailleurs, je ne reviendrais jamais en arrière. Mon seul regret est de ne pas avoir connu tout ceci dès ma jeune carrière. Mais bon, revenons…

Connaitre d’où on part comme enseignant, comme équipe-cycle, comme équipe-école et où l’on veut aller est un excellent point de départ. S’interroger sur notre pourquoi… Pourquoi voulons-nous faire ces changements dans notre pratique enseignante? Pourquoi faire les choses de telle façon plutôt qu’une autre?… Parler de nos interrogations à nos collègues. S’entourer. Vivre ce changement avec une communauté de « lecteurs-auteurs-enseignants ». Se créer des espaces pour être des apprenants, nous, les enseignants. Observer. Se questionner. Que dit la recherche? Être en mode recherche et expérimentation. Essayer. Célébrer nos essais, nos remises en question, nos erreurs. Mesurer l’impact de ce changement de paradigme sur nos élèves et aussi sur nous. Se réajuster. S’analyser. Être bienveillant envers soi et ses collègues. Se donner le temps. Se fixer des objectifs réalistes, qui respectent notre zone proximale en tant qu’enseignant. Accepter que tout ne soit pas parfait et que ce changement dans la manière de voir les choses en éducation s’échelonne tout au long de notre vie d’enseignant. N’est-ce pas, là,  des principes nobles et humains de développement professionnel ?

Quand je porte un regard sur mon parcours, je peux dire qu’il y a eu dans ma pratique un changement de paradigme. Jetons un coup d’œil ci-dessous.

AVANTMAINTENANT
Je n’avais pas d’idée du profil de mes élèves avant la première évaluation officielle de la première étape.Je demande un texte sur demande par genre littéraire. J’ai besoin de savoir d’où partent mes élèves dès les premiers jours de classe. Ensuite, je les observe quotidiennement. La structure rassurante de l’atelier d’écriture me permet de les observer à travers les différentes phases du processus d’écriture, lors de moments individuels ou de partage ou encore, lorsque les modules avancent, en contexte de transfert.
Je trouvais le sujet et je fournissais un plan à respecter. J’exigeais qu’ils écrivent.J’enseigne de façon explicite des comportements d’auteur, des stratégies d’émergence d’idées et différentes façons de planifier pour que l’élève soit l’acteur de son propre processus d’écriture. Nous utilisons un carnet d’auteur et tentons de pousser son utilisation année après année. J’offre de nombreuses occasions de choisir. J’ai confiance en la capacité à faire des choix de mes élèves.
Je proposais deux situations d’écriture par étape.Je protège le temps d’écriture. Constance. J’offre plusieurs occasions d’écrire. Fréquence. C’est important pour moi que les adolescents de ma classe passent plusieurs fois par le processus d’écriture.
Je ne connaissais pas la différence entre réviser et corriger. Je démontre explicitement la différence entre réviser et corriger. Je déconstruis l’idée qu’après le brouillon, tout est terminé. J’écris aussi et partage avec mes élèves le résultat de mes révisions. 
J’attendais à mon bureau que les élèves terminent leur situation d’écriture tout en répondant aux questions des élèves et en proposant quoi écrire. Je marche ma classe. Je suis présente et à l’écoute. J’observe. Je m’assure dès les premiers instants de l’atelier d’écriture que tous les auteurs sont engagés. Bulle d’écriture. Ancrage.
Je n’avais aucune idée de l’impact des interventions individuelles et de sous-groupe en cours de processus. Je ne connaissais pas la zone proximale de développement.Je rencontre mes adolescents en individuel et en sous-groupe. Je les écoute m’expliquer ce sur quoi ils travaillent. Je leur nomme ce qu’ils font comme auteur. Connaissance de soi. Je leur enseigne ce qu’ils sont prêts à apprendre. Progression. Avec le temps, j’apprends a mieux cibler la zone proximale de développement de chacun.
Je concevais la lecture et l’écriture séparément.Je démontre à mes adolescents ce que cela m’apporte comme auteure de m’inspirer de la littérature, des autres auteurs. C’est important pour moi de tisser des liens entre la lecture et l’écriture.
Écrire dans ma classe était un acte individuel, vécu en solitaire.Je crée de l’espace pour nourrir les échanges. Confiance en mon partenaire ou mes partenaires (cercle d’auteurs). Je protège le moment de partage à la fin de l’atelier d’écriture. Je propose une réflexion sur la rétroaction : le pourquoi et le comment. Je veux entendre mes adolescents sur la question suivante : Que m’apportent les commentaires que je reçois des autres auteurs de la classe? Comment puis-je en formuler? Que dois-je cibler? D’heure en heure, nous apprenons à nous faire confiance.
Je ne donnais pas de rétroaction à part la grille d’évaluation en écriture avec les cinq critères.Je crée de l’espace pour que les jeunes de ma classe soient au courant des cibles en écriture, se fixent des objectifs réalistes, s’engagent, voient et entendent parler de leur progression. Nous célébrons nos progrès et nos vies d’auteur. Le but : que les jeunes de ma classe prennent en main leur apprentissage, leur évaluation et qu’ils se mettent en valeur.
J’utilisais les écrits de mes élèves pour l’évaluation sommative.Je lis les textes de mes élèves pour voir l’impact de mon enseignement explicite et réajuster le tir, au jour le jour. L’évaluation formative prend beaucoup de place. Plusieurs textes de mes élèves sont utilisés en exemple lors de prochaines mini-leçons. Nous nous inspirons des auteurs de la classe. Parfois, je peux vouloir utiliser un écrit choisi par les auteurs de ma classe pour une évaluation sommative ou je peux demander un texte sur demande en fin de module. Je vis bien avec le fait que les duo-tangs d’écriture sont remplis de textes et qu’ils ne sont pas corrigés avec mon stylo rouge. Je suis rassurée par l’absence de page blanche et la quantité impressionnante de décisions qu’ils prennent en passant continuellement par le processus d’écriture. Pour porter mon jugement en écriture, j’utilise les observations que j’ai recueillies quant au processus de chaque auteur, les notes prises durant les discussions avec chacun et leurs écrits (triangulation). J’implique l’auteur dans son propre processus d’évaluation. Évaluation plus complète et plus humaine.
Je voulais un beau produit fini.  Je me disais que les élèves devaient pratiquer pour être prêts pour les examens ministériels.Je fixe des moments pour célébrer. J’implique l’auteur dans le choix de ce qu’il voudra offrir aux lecteurs. Nous savourons les écrits de chacun. Nous nous inspirons les uns, les autres. Nous sommes dans l’optique de vivre l’écriture quotidiennement, d’en ressentir les effets, de grandir à travers elle comme auteur et non pas d’enseigner en fonction de l’examen d’écriture du MEES. 
Écrire était expéditif.Écrire, c’est se donner le temps. Se donner le temps de réfléchir au message qu’on désire partager. C’est une façon d’habiter la classe qui devient atelier. 

Depuis quelques années, au Québec, les ateliers d’écriture auront contribué à un changement de paradigme en écriture. Lorsque bien réfléchie et appuyée sur les fondements, cette pratique démontre que les auteurs s’améliorent rapidement, car ils reçoivent un enseignement explicite de l’écriture, un enseignement quotidien et constant. La fréquence est assurée et l’étayage finement ficelé. L’enseignant est partout, tel un homme-orchestre, fait des liens entre la lecture et l’écriture, protège le temps d’écriture, s’assure que tous ses auteurs sont engagés, qu’ils poursuivent un objectif, questionne, les fait réfléchir à la raison d’être de leurs écrits,  les amène à prendre leurs propres décisions, note ses observations, assure un suivi individuel ou en sous-groupe, complimente, nomme, enseigne, prend plaisir et favorise les échanges, accorde de l’importance à l’être qu’est l’élève auteur et garde continuellement en tête que sa classe est une communauté. Une communauté qui apprend, qui s’entraide et se soutient. 

Comme je vous l’écrivais au départ… si en ce moment vous avez envie de vivre ce changement de paradigme,  entourez-vous de collègues dynamiques et bienveillants, visez une cible, faites confiance au temps et à la mise en action. Appuyez-vous sur les fondements des ateliers d’écriture, sur le pourquoi de faire les choses. Et le plus important, permettez-vous d’être une communauté d’enseignants-apprenants. Bonne continuation.

Une vision sans action n’est qu’un rêve. L’action sans la vision ne mène nulle part. Une vision accompagnée de l’action peut changer le monde.   – Loren Eiseley

 

Quand le vent souffle

Par Catherine Lapointe

Il y a dans nos classes, des moments non inscrits dans un planificateur scolaire. Des moments d’école avec des ailes d’oiseaux. Une envolée d’écoliers à travers des pages de livres. Des soupirs d’espoir, des mains tendues vers une couverture de livre et des mots suppliés pour une histoire assis en cercle. 

Ce matin-là, j’inscris seulement le mot Lecture à mon agenda. Mes étiquettes de stratégies attendent à côté de mon escalier de lecture. Le petit papier orange collé sur la marche 15 minutes témoigne des traces de notre endurance en lecture autonome de la veille. 

Nous sommes en septembre. Septembre 2020. C’est une rentrée qui joue avec une pandémie. On vit des bulles, nos mains sentent l’éthanol, on court dans des zones, on marche sur des flèches, on apprend le langage des signes des yeux des personnes masquées. 

C’est une époque d’incertitude. Des chassés croisés d’adaptation scolaire. Je dois avouer que certains matins, l’anticipation de lire un livre à mes petits humains est la seule motivation forte que je ressens…

Je m’accroche aux livres comme à des radeaux. Certains comme des bateaux de fortune, d’autres comme de grands voiliers. Je sais la place qu’occupe les livres dans ma vie. Je doute encore de la place dans celle de mes élèves. 

Jusqu’à ce point de bascule.

Période de lecture, donc. Eloïse, 7 ans,  s’approche de moi, franchit la ligne des 2 mètres. Le regard franc, le pas des filles qui veulent tout vivre à la fois.  Elle tient dans sa main (celle qui n’a pas de plâtre), le livre La vie secrète. Les espaces n’existent plus. Le projet est plus fort que le «tape» sur le plancher et c’est très bien ainsi. Elle a besoin d’un bout de papier.  Sur ce papier, elle veut marquer 4 lettres. HUGO. «Madame Catherine, j’aimerais prêter ce livre à Hugo dans l’autre classe. Je sais qu’il aime les histoires de Renard. ».

L’autre classe est une autre bulle. Mais on ne confine pas les initiatives, encore moins celles qui ont comme enjeu un livre.

Ça m’aide à mieux saisir la place qu’occupe les livres dans la vie de mes élèves. Ils sont le symboles des choses qui n’ont pas changées. Leur certitude est rassurante. Les livres sont rassurants. Fidèles, loyales, forts, protecteurs, libres, fous, légers, bons, porteurs…

Les livres portent parfois des messages plus grands que l’histoire elle-même. 

Nous cognons à la porte de l’autre classe. Eloïse, son regard franc et La vie secrète dans sa main, offre ce prêt en quarantaine. Hugo sourit. Ce livre sera un trait d’union, un pont ou une ficelle. Il sera à lui seul cette note sur le frigo: Tu n’es pas seul. Je pense à toi.

Les jours qui suivent, je me place en éveil. Et je me mets à observer nos comportements de lecteurs, nos rituels. Parce que je les juge importants. Éloquents même.

J’observe les lecteurs avides, les lecteurs discrets. Je note des comportements authentiques. De petites fourmis qui fouillent, choisissent dans les bacs à livres partout. Par terre, dans des bibliothèques, dans des paniers suspendus, sur des présentoires, dans des chariots. Je n’ai jamais tout recensé, mais je crois en avoir autour de 400 (j’enseigne depuis 20 ans, j’ai tout investi dans les livres avec mes budgets stagiaires et j’ai couru les marchés aux puces plus d’une fois). Certains sont classés par auteurs, par réseaux littéraires, par illustrateurs, par sujets, par émotions, par questions.

Et d’autres ne sont pas classés du tout. Par manque d’espace ou par pure paresse, je l’avoue. Comme une boîte à surprise. La chasse au trésor d’un livre projeté à l’écran provoque toujours un cri de joie quand un élève le trouve dans ce joyeux fouillis. Juste pour ça, j’aime en égarer quelques-uns dans la classe et les regarder se faire repêcher comme on repêche un homme à la mer. 

Sur mon rebord de fenêtre, j’en fais des murailles d’espace protégé, des montagnes de livres sans fin, des maisons intérieures où les cloches n’existent pas, des piscines sans couloirs. Des libres services dans un dépanneur de livres ouvert 24 heures sur 24.

Les élèves viennent souvent y déposer un livre à lire à toute la classe. J’adore leur demander «Pourquoi lui?». Les livres, c’est collectif. Ça nous réunis autour d’un enjeu commun, comme une gang autour du feu. On partage les découvertes, les fous rire, les réflexions, les émotions. On discute. Sans être toujours d’accord, les livres nous amènent à nous ouvrir sur la vie intérieure des autres, la vie extérieure, nous amène vers d’autres livres et nous poussent même à nous mettre en action.

Un jour, nous avons lu l’album à la chute vertigineuse, Bonhomme de Sarah V. et Claude K. Dubois.  Ce livre a donné une puissance insoupçonnée à l’intention des gestes. Il est devenu un moteur social. Du haut de leurs 8 ans, les élèves ont lancé l’idée de cuisiner des pains pour les sans-abris de la ville de Québec. Merci à ce grand livre. Merci à mes grands lecteurs.

L’intention. Le geste qui pousse à choisir un livre plus qu’un autre, c’est si révélateur aussi. L’identité de mes élèves, je les découvre à travers leur boîte à livres, dans les liens qu’ils font avec les événements de la vie. Comme cet arbre près du boisé où nous allons lire qui, un jour, était marqué d’un triangle rouge. Le lendemain, nous l’avons retrouvé coupé. Un groupe de garçons s’est approché du tronc pour lui rendre hommage, le remercier. Comme dans L’arbre généreux. J’étais soufflée. J’étais remplie surtout. Car il y a tout dans les livres. Avoir des livres, c’est reconnaître que l’on est riches et  équipés!

Équipés oui, mais en toutes circonstance? On nous a toujours dit de ne rien apporter lors d’un incendie. Go on sort en chaussette en laissant Néfertiti le chat à l’intérieur ou en bobette en laissant Tabasco le cochon d’Inde ou Jello de poisson rouge. Mais si on doit se confiner à nouveau, je ne pourrai pas laisser ma matière première en classe. Et je devrai choisir quels livres nous aurons le plus besoin. Nous avons besoin des livres pour grandir. Même à mon âge! Une croissance sans fin avec un terreau littéraire, des vitamines Pierrafeu pour l’esprit. 

Je crois que les enfants ont besoin eux aussi de pousser dans les livres, de s’accrocher à eux comme à de grands voiliers. Car au contact des livres, on se sent enracinés, connectés aux autres, on trouve notre place, on construit un pouvoir sur notre vie, on lui donne du sens ainsi qu’aux événements que nous ne pouvons pas contrôler.

Nous sommes en septembre 2020. Je lis à mes élèves Quand le vent souffle. Cette histoire aux dessins puissants sur le vent, les cycles, la vie. La page où le vieil arbre parle au plus jeune et lui dit que le vent est parfois dévastateur et casse des branches, mais qu’en même temps il disperse les graines qui permettent à d’autres arbres de grandir. Le jeune arbre dit «Que penses-tu du vent?», le vieil arbre répond «Je choisis de l’embrasser». 

Je choisis d’embrasser ce vent de septembre 2020, en serrant très fort dans mes bras mes caisses de livres à l’étiquette «Kit de survie», le regard franc, le pas des filles qui veulent tout vivre à la fois, comme Éloïse. 

Un aperçu d’une quinzaine de paniers à livres ESSENTIELS dans notre classe.

Une soixantaine de livres incontournables.

Une caisse de Marianne Dubuc

  • Le chemin de la montagne
  • Le jardin de Jaco
  • La mer
  • L’autobus

Un panier de Claude K. Dubois

  • Bonhomme
  • Un papa d’aventure
  • Pas belle
  • Cassandre
  • Le jardinier qui cultivait des livres

Un bac de Mario Ramos

  • C’est moi le plus beau
  • Le loup qui voulait être un mouton
  • Mon ballon
  • C’est moi le plus fort

Une boite de Michaël Escoffier

  • L’anniversaire
  • La tarte aux fées
  • On verra demain
  • Tous les mots n’existent pas
  • Tempête sur la savane
  • Le jour où j’ai perdu mes super pouvoirs
  • La petite bûche

Réseaux littéraires «Les murs»

  • Cher Donald Trump
  • Après la chute
  • Au-delà de la forêt
  • De l’autre côté du mur
  • Les deux arbres
  • C’est mon arbre

La séparation et la reconstruction

  • Lili entre deux nids
  • Quand l’amour court
  • C’est un papa
  • Des couleur sur la Grave

Les coups de coeur de Madame Catherine et des élèves

  • Après la chute
  • L’arbragan
  • Le chemin de la montagne
  • Bonhomme
  • Mon frère et moi
  • La case 144
  • Ne laissez pas le pigeon conduire le bus
  • Léo tête en l’air
  • La maison en petits cubes 

Tu as besoin de s’enraciner et de reconnecter

  • Le vide
  • Un grand jour de rien

La nature inspire les humains

  • La milléclat dorée
  • L’arbre généreux
  • Quand le vent souffle

Des documentaires qui n’ont pas l’air de documentaires

  • Le goût des insectes
  • La science du caca
  • Les grosses bêtes de Tatsu Nagata (Thierry Dedieu qui se fait passer pour un scientifique japonais)

Un adulte te racontera (sujets sensibles)

  • Deux garçons et un secret
  • Le garçon invisible
  • Pablo trouve un trésor
  • L’éphémère
  • La croûte
  • Azadah
  • Elliot

Je m’affirme. Je suis unique.

  • Boris Brindamour et la robe orange
  • Ada la grincheuse en tutu
  • Nos héroïnes
  • De petit à grand, David Bowie
  • Les enfants à colorier
  • Ce que j’aime vraiment

L’art dans notre vie

  • Riopelle l’artiste magicien
  • Frida, c’est moi
  • Le gardienne du musée

Être ensemble

  • Le concours de force
  • Bob et Marley Les ricochet
  • S’unir, c’est se mélanger
  • Ce qui nous rassemble

Le livre n’existe pas encore, alors écris-le:

  • Livres des auteurs de la classe (un de mes bacs à livres préférés)

Catherine Lapointe, enseignante de 2e année, septembre 2020

Réflexion sur la diversité et la variété dans notre bibliothèque de classe

Un article de Marlyn Grant

Dernièrement, on entend beaucoup parler de l’importance de la diversité dans la société. Cela ne fait pas exception quand on pense à notre bibliothèque de classe, aux lectures que nous lisons à nos élèves, aux livres que nous leur suggérons bref, à ce que nous leur mettons entre les mains. Suite à mes formations, à mes lectures et à des discussions cet été, voici une courte réflexion sur le choix de mes lectures à mes futurs élèves, et ce que je mettrai dans leur bac de livres personnel. Lire la suite

Définir les priorités

Un article de Martine Arpin

Série Réflexions pédagogiques en temps de pandémie

Quand j’ai commencé cet article, je commençais à enseigner virtuellement, je finissais mon institut avec le Teachers College sur l’enseignement à distance en temps de pandémie. Le temps passe. Entre les capsules, les visioconférences, les adaptations de nouveaux modules, les enfants et le beau temps qui revient, il n’est pas encore publié. Les choses changent au jour le jour, je réécris, modifie, relis (tiens, tiens, la révision…). À la parution de l’article, plusieurs retourneront en classe pour préparer l’arrivée de leurs élèves dans une semaine. Pour ma part, ce sera dans deux semaines. À moins que ça change encore d’ici là ? Lire la suite

Soutenir les familles: et si on voyait les choses autrement…

Série Réflexions pédagogiques en temps de pandémie

Un article de Martine Arpin

Lors de la conférence d’ouverture de l’institut sur l’enseignement virtuel du Teachers College, Lucy Calkins affirmait : « Nous vivons un moment sans précédent. Nous sommes tous surchargés. Plusieurs districts ont peur d’en demander aux enseignants. Mais si croyez que ça n’arrivera pas (enseigner à distance et soutenir les familles), ça n’arrivera pas. On doit prendre des risques. On doit croire que c’est possible. On doit faire les choses autrement. La communauté de l’école doit et va changer. »

C’est en ce moment que les élèves et les familles ont besoin de nous, plus que jamais. On doit réimaginer et réinventer l’école, mais aussi nos pratiques et nos relations avec les familles. L’école, les collègues, les familles et la société ont besoin que nous soyons positifs. NOUS avons besoin d’être positifs. Moi, en tout cas, j’ai besoin de positif!

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Pourquoi ai-je décidé d’organiser des vidéoconférences avec mes élèves

Série Réflexions pédagogiques en temps de pandémie

Un article de Martine Arpin

Vendredi soir, 17 h.

Un verre de vin à la main, assise devant mon écran d’ordinateur, je suis fébrile.

J’entre dans la salle virtuelle Zoom. Je suis la première. Je suis souvent la première. C’est comme ça au restaurant, c’est comme ça virtuellement aussi.

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Pédagogie en temps de pandémie

Un article de Martine Arpin

L’idéal, ce serait d’avoir tellement aplani la courbe qu’elle ait disparu et que la vie reprenne son cours.

L’idéal, ce serait d’avoir vaincu le virus avec ces deux semaines de distanciation physique (je préfère la distanciation physique que sociale…).

L’idéal, ce serait de pouvoir retourner en classe maintenant et que les professionnels de l’éducation reprennent là où ils avaient laissé.

Mais la situation que nous vivons est loin d’être idéale…

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Développer son identité d’auteur et célébrer qui on est!

Un article d’Isabelle Robert

C’est à la fin du mois de septembre que mes élèves ont vécu leur première célébration. Ils ont travaillé fort en écriture pendant les quatre premières semaines de classe. C’est énormément d’apprentissages et de temps de pratique pour ces petits de première année qui ont tant à découvrir à propos de la lecture et de l’écriture. Mes élèves écrivent depuis le premier jour, et moi, j’enseigne ce qu’ils ont besoin de savoir pour être plus efficaces, plus clairs, plus précis et pour que la créativité puisse prendre son élan. Ils écrivent. Je regarde leurs écrits. J’enseigne. Ils écrivent. Je regarde leurs écrits. J’enseigne. Ils écrivent… Et je vois les écrits se transformer sous mes yeux. Lire la suite

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