Dans la classe d’Isabelle Robert

Si vous entrez dans la classe en ce moment, lors de notre période d’écriture quotidienne, vous apercevrez des élèves penchés sur leur texte de manière engagée et vous pourrez ressentir la joie qu’ils éprouvent. Si vous vous approchez pour voir de plus près ce sur quoi ils travaillent, vous verrez Mavie qui rédige un texte d’opinion sur son restaurant préféré en utilisant sa liste de vérification et Camille et Anaïs qui se sont regroupées au fond de la classe pour écrire des biographies en partageant le tableau d’ancrage Comment enseigner aux lecteurs ? qu’elles consultent au besoin. Si vous faites le tour des tables, vous apercevrez Benjamin, Émile, Xavier qui révisent leur texte de fiction réaliste pour s’assurer qu’ils ont utilisé plusieurs stratégies pour mettre de la vie à toutes les pages de leur récit et Louis qui tente de montrer au lieu de dire, se rappelant comment Jane Yolen et Jonathan London le font dans leurs histoires. Vous remarquerez aussi Samuel, Léa-Rose et d’autres élèves qui travaillent à rendre l’écriture de leur histoire vraie plus intéressante pour les lecteurs en repensant la structure ou en travaillant sur l’élaboration. En faisant le tour de la classe, vous devinerez que les élèves ont choisi, pour cette fin d’année, le genre littéraire qu’ils avaient le goût de revisiter, transférant tout ce qu’ils connaissent de l’écriture pour rédiger leurs meilleurs textes de leur vie en vue de la célébration prévue en juin avec nos invités spéciaux : les parents.

Cette année, j’ai le bonheur d’enseigner aux mêmes élèves que l’an dernier. Ils ont vécu plusieurs modules d’ateliers d’écriture tout au long de ces deux années, allant de l’écriture narrative, informative, d’opinion et de poésie. Pour terminer l’année, j’ai décidé de planifier une séquence d’ateliers d’écriture pour soutenir les élèves dans l’écriture du genre littéraire de leur choix, en mettent de l’avant le transfert, car je sais que lorsqu’il y a transfert, il y a un véritable apprentissage.

Le fait de laisser les élèves choisir le genre littéraire ne veut pas dire qu’ils sont laissés à eux-mêmes. Ils doivent être soutenus dans le transfert des connaissances et ils peuvent apprendre des stratégies plus sophistiquées afin de tenter de nouvelles choses dans différentes étapes du processus d’écriture.  Voici quelques points d’enseignement que j’ai ciblés :

Des leçons en lien avec le processus :

  • Penser aux différents genres littéraires pour choisir son projet d’écriture et penser à une idée ou un sujet à développer (je dois offrir un grand choix de papier).
  • Se trouver un partenaire d’écriture qui travaille sur le même genre littéraire pour planifier et répéter à l’oral et se donner de la rétroaction.
  • Utiliser les connaissances et les tableaux d’ancrage reliés au genre littéraire choisi pour écrire un texte qui suit notre intention (raconter, informer, convaincre).
  • Se rappeler de l’importance de la révision (le cœur de travail de l’auteur) et intégrer nos connaissances sur la syntaxe et le vocabulaire pour rendre notre écriture plus belle et puissante.
  • Être un auteur sérieux en révisant plus d’une fois (comme Alain M.Bergeron) pour chercher à améliorer encore et encore notre texte.
  • Réécrire des passages ou des pages pour rendre notre texte plus facile et agréable à lire.

Des leçons pour l’élaboration :

  • Écrire en intégrant et en variant plusieurs stratégies d’élaboration pour rendre notre écriture plus captivante.
  • Étudier des textes modèles ou des livres pour s’inspirer et pour tenter d’intégrer de nouvelles techniques.
  • Travailler avec notre partenaire pour offrir et recevoir de nouvelles idées et rendre les textes encore meilleurs.

Travail en petits groupes d’élèves ciblés (selon le genre littéraire) pour l’élaboration.

Des leçons au sujet des conventions :

  • Choisir la bonne ponctuation pour indiquer aux lecteurs comment lire le texte.
  • Utiliser tous nos outils de correction pour corriger plus de mots.
  • Utiliser nos connaissances sur la morphologie pour mieux écrire nos mots.
  • Utiliser nos connaissances sur les groupes du nom pour faire les accords nécessaires dans nos phrases.

Les mini-leçons conviennent donc à tous les auteurs, peu importe le genre littéraire choisi. Les séances de travail en petits groupes, qui s’organisent durant le temps d’écriture autonome, me permettent d’offrir de l’enseignement plus ciblé sur un genre en particulier. Ce sont donc des leçons plus précises en considérant les projets d’écriture et les besoins des élèves.

La célébration est encore dans quelques semaines. La date est encerclée au calendrier. Ils attendent ce grand jour avec fébrilité et ils réalisent qu’ils pourront mener à terme plus d’un texte. Emma, qui a terminé l’écriture d’une histoire vraie, a débuté une biographie.  « C’est Anaïs qui m’a inspirée par son projet d’écriture. » m’a-t-elle dit.

Voilà donc ce qui se passe actuellement dans la classe lors de l’atelier d’écriture. À l’aube du mois de juin, Xavier, Olli, Louis, Léa-Rose, Emma, Camille, Anaïs, Lilyanne, Karianna, Mavie, Émile, Benjamin et tous les autres travaillent toujours avec entrain dans leur projet d’écriture. Ils me démontrent leur capacité à prendre des décisions et me surprennent dans l’engagement et les efforts qu’ils y consacrent même dans les journées où la chaleur se fait ressentir dans la classe. Dans cette classe qui aura été la mienne durant deux ans, les mots de Mohamed Ali sont bien présents.

« Ne comptez pas les jours, faites que les jours comptent. » -Mohamed Ali