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Un article  d’Isabelle Robert

Récemment, une vague d’indignation déferlait contre la décision de détruire des mezzanines dans certaines écoles de la commission scolaire de Sherbrooke. Un non sens pour tous. La consternation la plus totale. Cette nouvelle nous a tous pris au coeur: enseignants, parents, élèves et anciens élèves. Nous sommes nombreux à rêver de ces salles de classe où l’organisation, qui reflète les valeurs pédagogiques, est au service de l’élève de façon si brillante. Espérons que la bonne foi et le bon sens gagneront ce litige.

L’aménagement de la salle de classe est donc au coeur de bien des discussions et des préoccupations. Avec la sortie du livre Écrire des récits inspirés par nos petits moments, des éditions Chenelière Éducation, plusieurs se lanceront dans cette démarche dès maintenant ou au début de l’an prochain. Lorsqu’on choisit de vivre l’atelier d’écriture, l’aménagement de la classe est un incontournable. Il faut se créer des conditions gagnantes. La recherche de l’autonomie des élèves, le travail de partenariat, la place du livre, l’enseignement explicite…Tout ça, doit être réfléchi. Et lorsqu’on évalue le matériel disponible pour créer notre classe, parfois on doit faire preuve d’une grande ingéniosité…

Pour bien vivre l’écriture au quotidien, voici donc des éléments à  considérer dans l’aménagement de votre salle de classe. J’ose dire que ces éléments sont indispensables, autant dans les classes d’élèves plus vieux que les classes de petits.

Le coin rassemblement

Un grand espace de la classe est réservé pour se rassembler. C’est là que ce passe l’enseignement en grand groupe, c’est à dire les mini-leçons. Vous pouvez y mettre un tapis si vous voulez, ce qui délimite bien cet endroit. Les élèves doivent tous avoir une place assise et souvent ils seront installés à côté de leur partenaire. Dans ce coin rassemblement, il vous faut une place devant les élèves pour enseigner et prévoyez au moins un petit corridor pour pouvoir circuler un peu et avoir accès au matériel. Le chevalet est vraiment un bon support pour afficher un tableau d’ancrage, un texte modèle ou autre visuel relié à la leçon en cours. Puisque dans ce coin, on y enseigne l’écriture (entre autres), cela va de soi qu’il doit y avoir, idéalement, des livres tout autour (ou a proximité au moins). De plus, c’est aussi à cet endroit que je fais mon enseignement en petit groupe.

Le coin rassemblement répond donc aux besoins de l’enseignement explicite, du travail de partenariat, de proximité des outils utilisés dans l’enseignement et de cet effet de groupe dont l’enthousiasme et l’énergie qui s’y dégagent deviennent des éléments importants pour l’engagement des élèves.

Le coin écriture

C’est dans ce coin qu’on retrouve en grande quantité: papier de toutes sortes, crayons, colle, ruban adhésif, ciseaux, agrafeuses… Il peut même y avoir des papillons autocollants et des dateurs. Lorsqu’on parle de papier de toutes sortes, je précise qu’il faut offrir quelques de modèles de feuilles. Par exemple, le nombre de lignes dans une page qui peut varier selon les besoins. Il doit aussi y avoir des bandelettes de papier avec une, deux ou trois lignes et du papier uni aussi. L’élève doit être autonome donc ce doit être facile d’accès, et facile de s’y retrouver. Si l’espace est grand, vous pouvez y mettre le matériel nécessaire pour les publications ( carton de couleur, crayons de couleur et d’autre matériel de fantaisie). On ne veut surtout pas gérer le matériel durant la période d’écriture. Tout notre temps est consacré à l’enseignement. Puisqu’on ne veut pas que l’élève se déplace continuellement, sur les tables, on y retrouvent des pots qui contiennent le matériel de base. Pour vous donner une petite idée, voici ce qui se trouve dans mes contenants: des stylos (au moins deux par élève) des crayons effaçables à sec, des petits papillons autocollants, une agrafeuse, des cartes de sons et de lettres.

Le coin écriture répond donc aux besoins de ces principes: la recherche de l’autonomie de l’élève, le choix qu’on lui offre dans son travail et la confiance envers l’élève qui se posera les bonnes questions pour faire de bons choix.

Les livres

Comme je l’ai mentionné plus haut, les livres doivent être présents autour de nous. Le mot « auteur » est un mot qui revient très souvent dans l’univers de l’atelier d’écriture. On regarde ce que font les auteurs, on étudie leurs trucs, on parle des auteurs, on écrit comme les auteurs, on pense comme des auteurs, on lit comme des auteurs aussi. Nous sommes de véritables auteurs et devons être entourés de livres qui nous inspirent. C’est le gros bon sens! Notre classe doit donc contenir une grande quantité de livres dans des sujets, des genres narratifs et niveaux variés. Mais comment y arriver avec de si petits budgets? C’est là le défi. Que pouvons nous faire…Lorsque la place du livre sera la préoccupation d’un très grand nombre d’enseignants, et qu’on saura l’exprimer haut et fort, peut être que nos dirigeants entendront notre message et que les choses changeront. En attendant cette mobilisation, il faut faire preuve de débrouillardise. Après avoir bien dépensé notre maigre budget, on peut aller dans les ventes de garage, des ventes de livres usagés, faire des prêts à la bibliothèque municipale, participer à des concours, faire des échanges avec des collègues… Avec les années notre quantité de livres augmente peu à peu. Mais peu importe le volume de livres qu’on possède, il faut savoir les mettre en valeur et s’en entourer.

La présence des livres correspond donc à un fondement de base de l’atelier d’écriture, c’est à dire d’enseigner de façon authentique et réelle le processus des vrais auteurs. On enseigne que les auteurs apprennent des autres auteurs, ils s’inspirent de ce que font les autres.  Avoir des livres d’auteurs tout autour de nous rend notre enseignement plus signifiant.

L’espace d’affichage

Le chevalet est un support vraiment très pratique lors de la mini-leçon puisqu’il est placé devant les élèves au coin rassemblement. Puisque des tableaux d’ancrage s’accumuleront au fil de l’unité d’enseignement, il faut aussi prévoir un mur d’affichage accessible aux élèves lorsqu’ils écrivent. Les élèves apprendront à se référer à ces affiches qui représentent tout ce qui a été enseigné au fil des leçons. Dans mon cas, ces tableaux d’ancrage sont tout près du mur de mots. Un classement sera aussi nécéssaire de temps en temps, surtout en fin d’unité. Le référentiel du processus d’écriture y demeurera toujours par contre et sera ajusté d’une genre narratif à l’autre.  Pour que ces tableaux puissent être utilisés comme ils le doivent, il faut donc prévoir un endroit stratégique pour les afficher. Prévoir un endroit assez grand pour 4 ou 5 affiches environ.

L’espace d’affichage bien pensé est au service de l’enseignement explicite avec les supports qu’il nécessitent. Ici, on veut aussi favoriser l’autonomie de l’élève et ainsi permettre à l’enseignement d’être durable.

Matériel très intéressant à avoir mais moins indispensable

La caméra de documents n’est pas indispensable mais fort pratique. Sur le TNI ou une toile, on peut projeter tout ce que les élèves gagnent à voir en grand format. Puisque dans l’enseignement explicite, on fait beaucoup de modélisation, les élèves nous voient écrire, manipuler nos textes… Des pages d’un texte modèle peuvent être étudiées en grand groupe, un texte d’élève peut être projeté. Les listes de vérification aussi. Si vous vous en procurez une, elle deviendra indispensable.

En conclusion, pendant que vous essayerez du mieux que vous le pouvez et que vous ferez  preuve d’ingéniosité pour rendre votre salle de classe conviviale afin de répondre aux fondements de base de l’atelier d’écriture, rappelez-vous cette phrase  (et là, je me permets de citer un grand pédagogue) : « C’est en ouvrant la porte de la classe qu’on voit ce qui est important pour l’enseignant. »

 

Dans la section « matériel et organisation », vous trouverez des articles connexes: Coin écriture et Tableaux d’ancrage et travaux d’élèves.