Un article de Guillaume Jacques et Karine Lacroix

Avez-vous déterminé le niveau du parcours d’apprentissage en écriture correspondant à la majorité de vos élèves? Avez-vous également repéré les élèves dont la compétence est moins développée (ou plus développée) ainsi que les niveaux auxquels ils se situent? Si ce n’est pas encore fait, vous êtes invités à consulter le premier article de cette série. Si vous avez ces informations, voici quelques suggestions pour orienter votre séquence d’enseignement-apprentissage.

Pour consolider les apprentissages et enseigner de nouvelles notions, il est important d’utiliser des outils différenciés. Les enseignements en grand groupe s’appuient généralement sur la liste de vérification et les textes exemplaires correspondant au niveau de la majorité. En sous-groupe ou en entretien, on privilégie plutôt les outils correspondant aux besoins des élèves.

Consolider les apprentissages

En début de séquence, il importe de réactiver et de consolider les apprentissages réalisés antérieurement. Pour les identifier, on observe ce que les jeunes auteurs ont réinvesti dans le court texte écrit avant le début de la séquence.

Pour soutenir les élèves dans l’écriture de leurs textes, il est utile de leur remettre la liste de vérification correspondant à leur niveau. Celle-ci leur permet de se rappeler les apprentissages déjà réalisés, de reconnaître ceux qu’ils réinvestissent et de cibler ceux à ajouter pour améliorer leur texte.

Pistes d’intervention et outils

Les exemples ci-dessous s’appuient sur l’extrait de la liste de vérification du niveau D portant sur l’introduction des textes informatifs ainsi que sur le texte : La pêche.

  • Lorsque les élèves semblent généralement bien maîtriser certaines stratégies, c’est l’occasion de mettre en valeur les transferts réalisés!
  • Ex. : « Lorsque j’ai lu vos textes, j’ai été accroché dès les premières lignes. Raphaël, peux-tu nous montrer ce que tu as fait? »
  • Lorsque les élèves semblent avoir oublié certains apprentissages qu’ils maîtrisaient auparavant, on peut leur rappeler quelques notions à la fois et faire le pont avec un texte exemplaire.
  • Ex. : « Un auteur peut accrocher ses lecteurs de différentes façons. Il peut expliquer pourquoi le sujet est important, poser une question et mentionner un fait intéressant. Montrez-moi ce que l’auteur a fait dans ce texte. »
  • Lorsque certains apprentissages et certaines stratégies sont utilisés de façon maladroite ou inconstante, ils représentent souvent la prochaine cible. L’enseignement explicite d’un élément à la fois leur permettra de vivre rapidement des réussites. Ainsi, ils pourront dire : « Je suis capable de faire ça! »
  • Ex. : « Pour accrocher les lecteurs, il est possible de leur poser une question. Dans son texte au sujet de la pêche, Mickaël a utilisé cette stratégie. Allons voir son introduction! Savez-vous qu’il existe plusieurs sortes de pêche? … »

Enseigner de nouvelles notions

Une fois les apprentissages consolidés, les élèves sont prêts à relever de nouveaux défis dans leur développement comme auteurs. Il devient alors pertinent d’enseigner de nouvelles notions afin qu’ils progressent du niveau actuel (ex. : D) vers le niveau visé (ex. : E).

Pratiques et outils

Lorsqu’on introduit de nouvelles notions, il est recommandé de se référer explicitement à l’énoncé correspondant dans la liste de vérification du niveau visé afin de clarifier les attentes. On peut même s’en inspirer pour bonifier les tableaux d’ancrage.

  • Lorsque la majorité des éléments de la nouvelle liste a été enseignée, on peut la remettre aux élèves pour qu’ils puissent autoévaluer leur travail. L’offrir dès le départ reviendrait à leur demander d’utiliser des stratégies qu’ils ne maîtrisent pas encore. (L’auto-évaluation du travail d’auteur sera approfondie dans le prochain article de cette série.)
  • Lorsqu’on souhaite développer des auteurs compétents, il est important de se rappeler que les listes de vérification ne couvrent pas tous les apprentissages nécessaires. D’autres enseignements demeurent essentiels, comme l’accord des verbes ou la formulation de rétroactions constructives à un partenaire.
  • Lorsqu’on enseigne en grand groupe, en sous-groupes ou en entretien individuel, on a avantage à se référer aux textes exemplaires du parcours. Ces textes, volontairement imparfaits, rendent les notions des listes de vérification plus concrètes et accessibles. En s’appuyant sur des textes correspondant au niveau des élèves, on respecte leur zone proximale de développement.
  • Lors des modélisations, il est également important de montrer aux élèves comment intégrer les stratégies enseignées dans nos textes de démonstration.
  • Lorsque les auteurs de la classe sont au travail, on doit offrir des enseignements et de la rétroaction répondant à leurs besoins en utilisant les outils appropriés.

Outils pour respecter les zones proximales de développement

Pour soutenir les élèves dans leur zone proximale de développement, il est recommandé de créer un coffre à outils à partir des ressources du parcours d’apprentissage! Il servira autant à consolider les apprentissages qu’à enseigner de nouvelles notions. Vous en verrez rapidement les retombées sur leur compétence en écriture et leur engagement envers ce travail exigeant!

Coffre à outils pour soutenir l’écriture de textes informatifs
Outils des niveaux C, D et E pour permettre la différenciation
Texte de démonstration pour modéliser la mise en application des notions enseignées