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Les ateliers d'écriture et de lecture au primaire

Inspiré de la démarche des Units of Study du TCRWP

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L’amour à travers les yeux de Matt de la Peña

Un article de Martine Arpin

En lecture, nous travaillons avec les élèves les stratégies de compréhension du langage littéraire. Plus les lecteurs évoluent, plus les livres qu’ils lisent sont étoffés, moins les éléments sont explicites et plus le langage utilisé peut amener des confusions. Les élèves sont capables de décoder les mots qu’ils lisent, mais peuvent avoir de la difficulté à en comprendre le sens. Dans les textes narratifs, nous enseignons aux élèves à porter attention à la façon dont l’auteur s’amuse à jouer avec les mots de façon inventive, à s’arrêter, remarquer et comprendre son intention. Nous les encourageons à relire, visualiser le sens en jouant la scène, discuter avec un partenaire. Nous leur enseignons à comprendre les comparaisons en réfléchissant au texte, à l’ambiance créée et à l’intention de l’auteur, à remarquer quand un mot est utilisé dans un autre sens que celui pour lequel nous avons l’habitude de l’utiliser, par exemple dans les expressions et les métaphores.

Nous pouvons aussi enseigner aux élèves à lire ce genre de textes comme des auteurs. Ils peuvent penser aux différentes stratégies apprises en écriture et remarquer leur présence dans les livres qu’ils lisent. À l’inverse, ils peuvent aussi s’inspirer des différentes façons dont les auteurs utilisent le langage littéraire pour tenter de le faire eux aussi dans leurs textes, en essayant de nommer ce que l’auteur fait et son intention. Par exemple, on pourrait s’attarder aux comparaisons pour montrer une émotion, à la répétition pour marquer une action importante, aux allitérations pour donner de la musicalité, au choix des expressions pour montrer le temps qui passe… Cet aller-retour entre leurs lectures et leur travail d’auteur contribue au transfert des apprentissages et permet d’approfondir la compréhension du langage littéraire, une habileté dont ils auront de plus en plus besoin en grandissant comme lecteurs.

Les élèves sont invités à s’exercer souvent, dans leurs lectures et dans leurs écritures personnelles, lors des ateliers de lecture et d’écriture.

Parfois, certains sujets ou éléments se prêtent bien, aussi, à une mise en contexte commune. Dans le cadre de la St-Valentin (mais ça aurait pu aussi être dans une étude sur la poésie, à la fête des mères ou des pères, dans une thématique d’amitié…), suite à la lecture de l’album Amour (Matt de la Peña, D’eux), nous avons réalisé une écriture partagée. Nous avons lu l’album une première fois, pour le découvrir, pour s’imprégner de sa beauté. Puis, nous l’avons relu avec une intention précise: porter attention à la façon dont cet auteur utilise le langage littéraire. Nous avons discuté en groupe des différentes façons dont l’auteur a montré l’amour, sans jamais utiliser les mots j’aime ou je t’aime. Nous avons observé qu’il a plutôt décidé de montrer différentes situations où l’on peut ressentir l’amour, d’illustrer différents moments où l’amour est présent, en utilisant un vocabulaire précis, évocateur et imagé. Nous avons porté attention à son utilisation du langage littéraire (comparaisons, personnification, expressions, utilisation inventive des verbes…). Nous avons pensé à ces situations et ces moments de leurs vies où ils ressentent l’amour de leurs parents. À partir des cinq sens, les élèves ont trouvé différentes façons de montrer cette émotion. Ensuite, chacun a choisi les phrases qu’il voulait écrire pour sa famille.

Un beau message d’amour loin des « Tu es belle comme une fleur. Je t’aime grand comme le ciel… » et compagnie (des messages tout simples qui font autant plaisir au cœur de maman, évidemment). L’avantage, c’est qu’en réinvestissant directement les notions travaillées en lecture et en écriture dans un contexte collectif d’écriture partagée liée à un événement à souligner plutôt que de faire une activité « à part » pour cet événement, nous favorisons le transfert en donnant une autre occasion aux élèves de s’exercer à l’oral et à l’écrit, et nous leur offrons un étayage supplémentaire pour mieux comprendre l’enseignement afin qu’ils puissent ensuite l’utiliser de façon autonome.

Stratégies tirées de: Units of Study for Teaching Reading, Bigger Books Mean Aming Up Reading Power, Heinemann.

Amour, Matt de la Peña, Éditions D’eux, Sherbrooke, 2019

L’écriture partagée et l’écriture interactive: un support à l’atelier d’écriture (partie 2)

Un article de Martine Arpin

L’écriture interactive

Lors des séances d’écriture interactive, d’une durée d’environ 10 à 15 minutes, on travaille plus particulièrement certains aspects techniques de l’écriture. Souvent, l’enseignant amène l’idée, voire les mots exacts à écrire, mais le crayon est partagé avec les élèves. Les élèves participent selon leurs compétences ou besoins. Un élève peut être le responsable des majuscules et de la ponctuation, un autre des espaces, certains peuvent écrire la première lettre d’un mot, un son à l’étude, une règle de grammaire précise. Lire la suite

L’écriture partagée et l’écriture interactive : un support à l’atelier d’écriture (partie 1)

Un article de Martine Arpin

L’atelier d’écriture vise à former des scripteurs confiants, motivés et autonomes. Une grande partie de l’atteinte de ces objectifs réside dans l’attitude de l’enseignante : le langage, oral et corporel, la façon d’être, de parler d’écriture, de s’adresser aux auteurs. Une autre partie importante est l’enseignement explicite et la rétroaction en cours d’apprentissage. L’atelier d’écriture est pensé et conçu pour mettre ces éléments en pratique dans la classe au quotidien.
Mais l’atelier d’écriture ne vit pas en vase clos. Il fait partie d’un environnement pédagogique équilibré et riche en littératie. Afin de favoriser le transfert des apprentissages et de mener les élèves vers toujours plus de compétence et d’autonomie, on doit leur fournir de multiples occasions de s’exercer dans différents contextes. Lire la suite

La lecture partagée: un exemple de démarche

Un article de Marlyn Grant

La lecture partagée fait partie du modèle de littératie équilibrée. Elle vient en appui aux activités réalisées dans l’atelier de lecture.

Dans le cadre d’une lecture dite partagée, il y a une structure tout comme pour les mini-leçons des ateliers de lecture : réchauffement, et suivi de la lecture en chorale. On peut clore la lecture par une activité ou une extension du texte. Elle est d’une durée d’environ 15 minutes. Elle est destinée particulièrement aux élèves de maternelle et du premier cycle et trouve toute son efficacité à ces niveaux  puisqu’elle a pour but de modéliser les stratégies des décodage et de compréhension de base en lecture, mais rien n’empêche de la faire à d’autres niveaux ou avec des élèves avec des besoins particuliers. La lecture partagée se déroule sur une période de 4 à 5 jours. Lire la suite

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