Un article de Martine Arpin

J’aime faire lire et écrire mes élèves dès les premiers jours d’école. Ces premiers moments placent les fondations de notre année. Nous pouvons commencer à mettre en place les comportements et les bonnes habitudes dès le départ. Je peux tout de suite montrer comment j’encourage l’autonomie, et valoriser ce qu’ils connaissent déjà. Cette année, j’accueille pour la première fois une presque totalité d’élèves qui ont vécu plus d’un module d’écriture à la maternelle et aussi en première année. Deux ans d’écriture derrière la cravate, et ils n’ont même pas encore 8 ans! Malgré une année écourtée (mêmes s’ils ont continué de faire de l’écriture virtuellement au printemps), mes collègues de 2e année et moi voyons déjà que plusieurs habitudes sont déjà ancrées. Un net avantage pour nous et nos élèves! Les routines sont beaucoup plus faciles à mettre en place ainsi. Encore une fois, nous voyons que la collégialité de notre équipe-école, le partage des valeurs pédagogiques, et la communion autour des pratiques, en plus d’être bénéfique pour les élèves, est un grand avantage pour nous.

J’ai toujours hâte de lire les premiers écrits. J’apprends à connaitre mes élèves, en plus de prendre le pouls des acquis et des apprentissages à prioriser.

Cette semaine, j’ai appris que C. utilise des dialogues dans ses croquis et dans son texte, qu’A. a dû se faire lire beaucoup d’histoires, parce qu’elle utilise déjà un langage littéraire recherché. Qu’E. semble avoir du caractère… elle peut tenir tête à maman! Qu’O.était nerveux lors de la première journée de classe. Que C., W., E. et C. ont fait du camping cet été. Que M. a plusieurs sœurs, dont une qui a une face de cochon quand elle n’est pas contente. Que M., T. et E. aiment se baigner, et que tous les trois écrivent peu. Je devrai trouver pourquoi, afin de mieux les aider à progresser. Que M. a décidé de poursuivre son texte lors de la période de jeux à la fin de la semaine. Que B. écrit beaucoup, avec beaucoup de détails visuels qui permettent au lecteur d’imaginer l’endroit et les objets, mais peu d’action. Qu’A. raconte en dialogue seulement, mais qu’elle partage des émotions et fait des espaces entre les mots. Que M. et E. sont déjà amis. Que T. et T. aiment pêcher. Que S., qui me semble un peu effacée et timide, n’est pas dans son histoire. Que M. connait et utilise déjà plusieurs procédés littéraires. Que E. s’inspire de Céline Comtois, dans La Ruelle (C. Comtois et G. Després, D’eux).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que tous (sauf 2) ont planifié au complet avec des croquis avant d’écrire. Que je devrai revenir avec le groupe sur la notion de « petit moment », sur l’importance du cœur de l’histoire. Que plusieurs mots fréquents auront besoin d’être revus. Qu’il manque encore des lettres pour représenter tous les sons de plusieurs mots, dans plusieurs écrits. Que la ponctuation semble déjà en voie d’acquisition lorsqu’il y a plusieurs phrases par page, et que ce sera à consolider. Que tous étaient heureux de recevoir leur crayon d’auteur. Que tous connaissaient le processus d’écriture. Que tous se sont mis au travail rapidement. Que personne ne se demandait quoi faire pour écrire un mot difficile. Que tous avaient quelque chose à raconter, à partager.

Que moi, j’ai vraiment hâte de voir combien ils vont grandir cette année, comme auteurs, et comme humains. Et moi aussi, grâce à eux.