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Les ateliers d'écriture et de lecture au primaire

Inspiré de la démarche des Units of Study du TCRWP

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livre

Faire autrement pour nos lecteurs et nos auteurs dans un nouveau contexte de classe

Par Marlyn Grant et Isabelle Robert

Dès que nous avons su que nous allions retourner en classe, nous avons commencé à réfléchir à comment organiser le tout.  Dans ce contexte si contraignant, que peut-on faire et comment allons-nous nous y prendre? On se retrouve avec une toute nouvelle réalité de classe, mais nos croyances demeurent les mêmes.

Tout d’abord les livres

Oui, s’il y a une chose qu’on peut donner aux élèves, ce sont bien des bacs remplis de livres. Des livres variés, colorés, drôles… pas juste nivelés. Nous avons choisi de former trois catégories de bacs de livres qui seront remis à nos élèves, selon le niveau de leurs lectures.

  • Des bacs pour les lecteurs débutants (livres avec une phrase et des illustrations aidantes ou facilitantes) ;
  • Des bacs pour les lecteurs qui lisent avec de plus en plus de fluidité (livres contentant plus d’une phrase, mais assez simples à lire, avec des illustrations qui peuvent soutenir le texte) ;
  • Et enfin, des bacs pour les lecteurs plus avancés, avec des livres correspondants à ce niveau de lecture.

Évidemment, dans chaque bac, nous ajouterons des livres informatifs très illustrés (peu importe le niveau de lecture), des livres qu’on a lus cette année, des classiques, des nouveautés, des bandes dessinées. On s’assurera d’offrir à chaque élève un choix varié et une quantité suffisante de livres (environ une quinzaine) pour qu’il n’en manque pas au cours de la semaine. Ce bac restera à côté de l’élève et l’accompagnera du lundi au vendredi. Les livres prendront une pause pendant la fin de semaine et hop, le lundi suivant, le bac ira à côté d’un autre lecteur qui lit des livres d’un niveau de lecture similaire.

Quand le lecteur recevra son bac, il pourra feuilleter les livres qu’il contient et planifier l’ordre dans lequel il les lira. Il pourra tenter de classer ceux qu’il peut lire facilement, ceux qu’il lira au retour des récréations, ceux qu’il utilisera pour travailler certaines habiletés (comme l’aisance-fluidité et l’expression) ou tout autre classement qui lui viendra en tête.

À la fin de la semaine, il serait intéressant d’inviter chaque élève à écrire une critique littéraire à propos d’un livre qui se trouve dans son bac et qu’il a beaucoup aimé, un livre qu’il l’a fait rire, qu’il lui a fait découvrir de nouvelles informations ou pour toute autre raison. Il pourrait y attribuer des étoiles pour indiquer son niveau d’intérêt. Et pourquoi ne pas laisser ce texte dans le bac pour le prochain lecteur ? Quelle belle occasion de travailler l’écriture du texte d’opinion! On pourrait certainement planifier quelques leçons à ce sujet et utiliser des textes modèles divers pour s’inspirer. C’est le temps d’être créatifs!

Voici quelques suggestions de livres qui pourraient se trouver dans les bacs. Comme vous le verrez, il est possible de planifier le contenu des bacs avec une intention précise. Les exemples s’adressent à des élèves de première année, mais vous pourrez les adapter à votre niveau d’enseignement.

  • Des albums du même auteur

Par exemple, les albums de Jean Maubille qui sont habituellement des textes répétitifs, drôles et faciles à lire. Pendant la semaine, on peut faire la lecture à voix haute de quelques albums de cet auteur. Par la suite, on pourra comparer ces lectures avec les livres du même auteur qu’on a déposés dans les bacs des élèves.  Ensemble, on pourra dégager ce que l’on a observé à propos de l’auteur et partager nos passages préférés. Chaque élève pourra aussi s’exercer à lire le livre de son bac avec une voix de vedette. À la fin de la semaine, on pourra faire une célébration. Ceux qui le désirent pourront lire leur livre à voix haute sur leur chaise. Les autres élèves pourront commenter, complimenter, donner une rétroaction. C’est possible aussi de s’inspirer de l’auteur pour écrire un peu à la manière de…

  • Des albums sans texte

La mer de Marianne Dubuc, La vague de Suzy Lee, les BD de Petit poilu, Les trois petits cochons de Rascal, Dessine de Bill Thomson, etc. On peut lire les images, rédiger sur des papillons adhésifs ce que l’auteur aurait pu écrire, développer les compétences à communiquer oralement en racontant l’histoire… On peut aussi proposer aux élèves de devenir des auteurs d’albums sans texte.

  • Des livres de poésie (ou des albums écrits de façon poétique)

Par exemple, la collection Clin d’œil chez Isatis ou Poésies pour la vie de Gilles Tibo. Encore une fois, on pourrait s’en inspirer pour écrire ou pour réciter des poèmes.

  • Des albums d’une même collection

Éléphant et Rosie sont vraiment bien pour travailler les dialogues entre les personnages. Les livrets des éditions Fonfon  (Claudia, Robert, etc.) sont vraiment bien pour écrire de courtes phrases à propos de soi.

  • Des documentaires

Choisir des livres d’informations qui traitent d’un même sujet et en déposer un dans chaque bac. Par exemple, choisir des livres sur les bestioles, sur les planètes, des livres de la collection Tatsu Nagata, etc. On peut faire une écriture partagée à partir des informations trouvées dans les livres ; l’enseignant.e tient le crayon et les élèves partagent les idées.

Nous savons qu’il faudra beaucoup, beaucoup de livres pour bien garnir les bacs de lecture en temps de distanciation sociale, mais ce sera possible, car nous aurons moins d’élèves. Et la bibliothèque de l’école étant fermée, c’est un bon temps pour aller la dévaliser.

Une autre idée que nous avons eue est d’ajouter une fiche cartonnée dans le bac de lecture de chaque élève pour qu’il puisse se faire une liste des livres qu’il aimerait avoir dans son bac la semaine suivante. Peut-être que ce sera un livre lu à voix haute, le tome 2 d’une série, un livre d’un auteur qu’il aime, un documentaire sur un sujet précis, un livre suggéré par un autre élève… Bref, une façon de choisir un peu lui-même les livres pour lesquels il a de l’intérêt. Cette liste nous permettra de nous aider bonifier le bac et à le personnaliser au gout de l’élève.

 

La période de lecture autonome

L’élève devra rester à sa place, on le sait. Toutefois, plusieurs positions de lecture sont tout de même possibles. Il pourra rester sur sa chaise, la tourner pour s’assoir à califourchon, s’assoir sous la table sur un agenouilloir de jardin (ce qui donne l’effet de lire dans une cabane). Et pourquoi ne pas s’assoir sur la table si celle-ci est bien stable ? Selon la configuration de la classe, est-il possible  pour ceux qui sont placés à l’avant de la classe de passer sous leur table pour s’assoir dans une chaise coquille sans être dans la zone d’un autre ami? Est-il possible pour ceux qui sont placés à l’arrière de la classe d’avoir suffisamment d’espace derrière eux pour s’installer dans un petit siège de ce genre ? Essayer différentes positions de lecture prendra quelques jours, mais quand ce sera fait, on pourra se fixer des défis d’endurance en lecture comme on le faisait au début de l’année.

Pour les ateliers de lecture et d’écriture

Étant donné qu’on ne pourra pas se rassembler, il faudra faire preuve de créativité pour former une communauté de lecteurs et d’auteurs à distance. Peut-on créer un petit rituel (une chanson, une comptine…) pour marquer le début de la leçon? Permettre aux élèves de s’assoir sur la table ou le pupitre (si le mobilier est stable) durant la leçon? Se fabriquer une couronne Auteur au travail ou Lecteur au travail pour accompagner les périodes d’ateliers? Nous croyons qu’il est important de s’assurer de marquer, d’une façon ou d’une autre, le début de l’atelier.

En ce qui concerne les leçons, nous croyons que la caméra document sera un incontournable. Lors de la partie Engagement, les discussions entre partenaires seront faites à distance, alors les tandems seront choisis principalement selon l’emplacement des élèves dans la classe. Il est certain que ces échanges se dérouleront à un plus haut niveau sonore, mais nous savons à quel point il est important de les maintenir.

Il faudra sans doute procéder différemment pour les tableaux d’ancrage si on a plusieurs élèves qui se trouvent très loin dans la classe. Nous avons pensé les créer dans un format de 8 ½ x 11 sous la caméra  document pour les projeter au TNI. Tout au long de la semaine, durant la période de travail autonome (en lecture ou en écriture), ils seront ainsi visibles au TNI. À la fin de la semaine, il sera facile de les imprimer et d’en remettre une copie à chaque élève.

Pour la Mise en commun de l’atelier d’écriture, puisque nous aurons difficilement accès aux textes des élèves afin de donner de la rétroaction, et qu’ils ne pourront pas recourir aux conseils de leur partenaire,  nous pensons qu’il sera important d’offrir plus de temps au partage en grand groupe du travail fait durant la période d’atelier. Permettre à un auteur de monter sur sa chaise et de lire à voix haute ce qu’il a écrit, parler de son processus, recevoir des compliments et des conseils pour la suite du travail sera sans doute une bonne formule. Il sera aussi possible de procéder ainsi lors de l’Enseignement de mi-atelier. Privilégier la rétroaction plutôt que l’enseignement durant cette pause de mi-atelier sera une option gagnante à notre avis. Ces moments de partage seront importants pour prendre en note les besoins des élèves afin de planifier les prochaines leçons.

La Mise en commun de l’atelier de lecture sera aussi un moment privilégié pour permettre à un élève de lire à voix haute un extrait de son livre, de faire le rappel de l’histoire, de partager ce qu’il a appris, de parler des personnages. Il y a plusieurs possibilités, mais on tentera d’être en lien avec la leçon du jour. Se mettre debout derrière sa chaise ou monter sur celle-ci pour partager nous semble être aussi une belle idée pour cette mise en commun.

La lecture à deux sera un beau défi. Est-ce que lire à deux à distance est réaliste? On le verra bien en l’essayant. Il faudra établir des règles et modéliser différentes possibilités. Et s’ajuster, c’est certain. Pourquoi ne pas offrir des livres jumeaux pour permettre aux élèves de lire ensemble, en étant éloignés, et de discuter d’une même lecture ?

Pour les entretiens, dans un monde idéal de distanciation sociale où tous les élèves auraient accès à une tablette électronique, on pourrait organiser des visioconférences pendant la période de lecture ou d’écriture autonome. Des rencontres entre partenaires peut-être…  Il y a certainement des avenues à explorer de ce côté si ce matériel est accessible à vos élèves.

Publier les textes plus fréquemment est une bonne idée pour avoir accès à ceux-ci de plus près.  Si les publications reposent sur les tables pendant la fin de semaine, au retour, on pourra les récupérer et les étudier attentivement afin de cibler les besoins et d’ajuster notre enseignement. On pourrait choisir de déposer les textes des élèves sur une plateforme numérique utilisée par la classe (Seesaw, Padlet, etc.) De cette façon, les élèves auraient facilement accès aux textes de leurs pairs. Ceux-ci pourraient aussi être partagés à la maison et les parents pourraient être invités à y laisser des commentaires.

En lecture, établir un rituel festif de partage entre lecteurs sera bien pour la communauté que nous sommes, car nous craignons que l’aspect social de la lecture perde un peu de plumes.  Nous multiplierons les moments où les élèves feront la lecture à voix haute aux autres élèves de la classe. Ce sera une occasion d’apprentissage pour développer l’aisance-fluidité et la lecture expressive. Ce sera également une opportunité pour partager un coup de cœur littéraire et pour donner le gout aux autres lecteurs d’ajouter ce livre sur la liste de ceux qu’ils aimeraient retrouver dans leur bac la semaine suivante. On pourrait instaurer Le vendredi partage!

Comme vous le voyez, il existe des façons de faire qui seront différentes, mais qui conviendront à cette nouvelle réalité si contraignante. Vous avez surement pensé à de nouvelles façons de faire, vous aussi. Réinventons l’école. Ce ne sera pas pareil. Beaucoup de deuils à faire. Comme le dit Richard Robillard, psychopédagogue, on doit être positif et optimiste face à la réalité. La bienveillance, la joie, le partage feront partie des ingrédients essentiels de ce court chapitre. L’important est que les élèves y trouvent des repères. On fera du mieux qu’on peut. On accueillera tout ça et on s’applaudira haut et fort sur l’incroyable capacité d’adaptation que nous avons, nous, les enseignant.e.s.

Bon retour collègues !

 

 

 

Le bac personnel de l’élève, un indispensable dans l’atelier de lecture

Un article de Marlyn Grant

Dans l’atelier de lecture, l’une des parties les plus importantes est la lecture autonome. Lorsque les enfants lisent seuls, nous pouvons faire des entretiens individuels, alors on veut que tout se passe bien et y consacrer le plus de temps possible. Comme les enfants apprennent à lire en lisant, ils doivent avoir accès à des livres: à une grande variété de livres. Lire la suite

La jasette du livre: une composante qui supporte les ateliers de lecture et d’écriture

Un article de Marlyn Grant

J’aime aller visiter des classes. Je trouve que c’est l’un des meilleurs moyens pour apprendre et faire grandir les idées. Passer la journée dans l’environnement d’une autre enseignante avec qui je partage des affinités pédagogiques, m’imprégner du lieu, de l’ambiance, voir sa structure, ses façons de faire… Chaque fois, j’en ressors avec de bonnes idées pour améliorer ce que je fais. Dans les classes d’Annie et de Julie, j’ai eu la chance d’assister à la jasette du livre.  Ça a piqué ma curiosité et j’ai décidé de l’essayer.

C’est une activité sympathique, pas compliquée et enrichissante pour les lecteurs/auteurs, qui s’insère facilement dans une routine de classe. C’est une façon invitante de commencer la journée et de faire le transfert des apprentissages. C’est aussi une bonne occasion d’intégrer les compétences à réagir aux textes et à apprécier des œuvres littéraires.

Qu’est-ce que la jasette du livre ?

Ce sont des discussions entre les élèves qui sont peu dirigées, plutôt informelles, à propos des livres qu’ils lisent. Chaque jour, la structure reste la même, ce sont les propos qui changent. La discussion est soutenue à l’aide de tableaux d’ancrage et de rétroactions. Les élèves parlent entre eux des livres qu’ils ont lus la veille à la maison. Pour ma part, mes élèves apportent à la maison deux livres chaque soir. Ces livres sont de différents genres, nivelés ou non. Je leur enseigne explicitement comment on fait et comment on est pendant la jasette à l’aide de mini-leçons que je fais environ une fois par semaine. Ces leçons seront axées sur les différents sujets qu’on peut aborder avec nos copains et les comportements attendus. Depuis que j’ai commencé la jasette du livre dans ma classe, je trouve qu’ils savent maintenant comment discuter de livres de façon autonome. Ils ont un certain bagage, entre autres grâce à l’atelier de lecture et d’écriture et tout le travail fait avec les partenaires et les clubs de lecture.

Voici donc une façon originale et accessible de travailler l’oral en classe.

Ça s’adresse à qui ?

On peut faire la jasette du livre à tous les âges. Bien entendu, l’évolution de la discussion et la profondeur des propos varieront. Et imaginez un instant si tous les niveaux d’une même école le feraient, wow !!

 

Ça sert à quoi ?

La jasette du livre peut nous aider ou sert à développer différents aspects comme :

Développer le langage oral

Provoquer une discussion autour des livres

S’exprimer, échanger

Donner son opinion

Parler entre copains

Choisir de quoi l’on veut parler

Poser des questions

Formuler des réponses

Connaître plus de livres

Développer notre vocabulaire,

Utiliser le livre pour prouver nos propos

Faire le rappel de notre livre

Discuter avec plusieurs personnes, avec quelqu’un d’autre que leur partenaire

Connaître les goûts de ses copains

Développer leurs goûts personnels

Entendre parler de livres vers lesquels les élèves ne seraient pas nécessairement attirés

Etc.

La jasette du livre encourage la lecture à la maison, car les élèves sont redevables, ils devront parler de leur livre chaque matin et échanger avec un autre élève. J’explique aux parents ce qu’est la jasette du livre dans le plan de travail, ou à la rencontre de début d’année, et leur demande de discuter eux aussi avec leur enfant.

On fait ça comment et à quel moment ?

Habituellement, la jasette du livre est la première chose qu’on fait le matin en classe. Certaines classes accordent 5 minutes environ, chaque jour,  en demandant aux élèves de cibler un seul aspect de discussion parmi les choix qui s’offrent à eux. Cela évite aussi les dérives dans les discussions ou d’avoir à gérer des comportements. Quand on sait qu’on a peu de temps, on va droit au but et l’on n’a pas le temps de se désorganiser. Comme ils aiment bien la jasette, et qu’elle devient vite populaire, ils se dépêchent à se déshabiller et faire leur routine du matin. Ils sont disponibles, et comme ils ont lu leurs livres le soir avec leur parent, ils sont prêts à en discuter. Mes élèves apportent leur pochette de livres au coin rassemblement et s’installent à côté d’un copain, ils ont le choix des partenaires. Évidemment, on veut qu’il fasse seul les bons choix, et si cela leur a bien été enseigné (grâce à l’atelier d’écriture et de lecture),  vous n’interviendrez pas souvent. Par contre, j’insiste pour qu’on ne se place pas toujours avec la même personne tous les matins. Ils peuvent jaser à 2 ou à 3. Ma collègue leur demande de jaser à quatre. De cette façon, elle les prépare pour le club de lecture. Dans d’autres classes, ils sont à une table et discutent avec la personne près d’eux. Dans ma classe, ils peuvent jaser maximum 15 minutes, j’utilise la minuterie.

À quelle fréquence ?

En première année, je commence en janvier, environ 3 à 4 matins par semaine. Je les prépare à parler de leurs livres à partir du premier jour de classe, mais je commence la jasette du livre enseignée seulement après Noël. Je considère que j’ai eu du temps pour leur enseigner à parler de leurs livres. De plus, ils lisent beaucoup plus, et leurs livres sont plus intéressants pour la discussion. Dans les classes de 2e année que j’ai visitées, ou chez les plus grands, cette routine de la jasette du livre est instaurée dès le début de l’année. Les enseignantes remarquent des bénéfices lors des clubs de lecture ou quand, en écriture, les élèves doivent écrire des lettres d’opinion sur les livres qu’ils lisent. Ils ont déjà un bagage à l’oral tellement important pour faciliter le passage à l’écrit.

Quel est le rôle de l’enseignant pendant les discussions ?

Je prends le temps de les écouter parler, parfois je participe à la discussion, ou j’en repars une autre. À d’autres moments, je les aide à rester concentrés et je leur murmure parfois quoi dire à leur interlocuteur quand je sens qu’ils ne savent plus trop quoi dire ou quoi répondre. On peut discuter de la façon dont les conversations qu’ils ont pendant la jasette du livre les aident en tant que lecteur, dans l’atelier de lecture et d’écriture, dans le club de lecture, pour la lecture partagée et à voix haute. En entretien de lecture, on peut revenir sur des propos qu’on a entendus, aller plus loin avec un livre. J’apprends aussi à connaître mes élèves, leurs goûts, leur opinion. Je suis aussi responsable de varier les sujets de discussion selon le temps de l’année, le module en cours, les stratégies enseignées ou à enseigner…  Je décide aussi parfois de fournir à certaines équipes des versions réduites du tableau d’ancrage pour les guider. Je l’envoie aussi parfois aux parents pour leur donner des pistes d’accompagnement pour la lecture à la maison.

 

 

 

 

 

 

La dernière partie de la jasette

Je termine toujours la jasette du livre par quelques questions et échanges. Je les questionne, leur demande de quoi ont-ils parlé, ce qu’ils ont appris, etc. On discute ensemble, ils nous montrent leur livre, la page ou l’endroit de ce dont ils parlent. J’en profite pour revoir avec eux les différents sujets possibles lors de leur discussion et les invite à varier. Je les piste parfois pour le lendemain. Dans d’autres classes, la jasette se termine en choisissant le passage où le livre dont ils discuteront le lendemain, sans discussion supplémentaire. Cela dépend du choix de l’enseignant concernant le but de ce moment, du temps disponible et de différents facteurs. Un retour n’est pas toujours nécessaire si les élèves sont en discussion et l’enseignante participe aux échanges quotidiennement. Mais il peut aussi parfois être intéressant de souligner à voix haute les comportements d’échanges efficaces et productifs, autant que les discussions riches, ne serait-ce que pour encourager les élèves à continuer et à reproduire ces bons coups.

 

Petits trucs pour que ça fonctionne

 Être présent, participer, leur faire voir que ça vous intéresse.

Avoir un coin rassemblement, ou du moins cibler un endroit qui sera toujours le même

Insister pour changer chaque jour de question ou de sujet de discussion

Reprendre leurs propos, citer ce que vous avez entendu… ou ce que vous aimeriez entendre

Permettre aux élèves qui sont parfois seuls de relire leur livre, d’écouter les autres ou de se joindre à une équipe en place.

Mettre en évidence les tableaux d’ancrage

Au besoin, arrêter pendant quelque temps pendant l’année, et reprendre plus tard

La jasette du livre s’intègre bien dans un programme de littératie équilibré et à la routine de classe, elle fait partie du développement de la compétence à communiquer oralement. Elle soutient aussi toutes les facettes de la compétence à lire et à écrire. Encore une fois, nous voulons développer des lecteurs efficaces, engagés et qui adorent lire !!

 

Mon début d’année en lecture

Un article de Marlyn Grant

 

Voici comment je compte commencer l’enseignement de la lecture cette année dans ma classe. Un peu différemment de l’an passé, car j’ai appris de nouvelles choses et j’ai un nouveau groupe à considérer.

Première journée, premier livre : Faire le bon choix !

La première lecture est celle qui donnera le ton à l’année qui vient. C’est Lucy Calkins qui m’a fait réfléchir à l’importance de ce premier livre, celui qui amorcera le début d’une année en lecture. Choisir ce livre est souvent un défi pour moi. Je me questionne, je change d’idée et parfois, je me décide le matin même. Lire la suite

Créer une communauté d’apprentissage forte sur les plans affectifs et relationnels

Un article de Martine Arpin

 

Placer les meubles, organiser mes bibliothèques, préparer mes listes d’élèves, lire et relire leurs noms pour commencer à m’imprégner d’eux, préparer mon coin écriture, rendre ma classe accueillante pour le nouveau groupe d’élèves qui arriveront bientôt… La rentrée est toujours un moment de fébrilité. Ce sera bientôt l’automne, mais tout renaît, comme au  printemps!

C’est le moment idéal pour réfléchir à la façon dont les choix que je fais pour organiser ma classe reflètent mes valeurs et convictions pédagogiques. Quand je prends du recul et que je regarde ma classe, qu’est-ce que je vois? Qu’est-ce qui est important pour moi?

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Un beau cadeau!

imageUn article de Martine Arpin

Cette année, l’équipe du congrès De mots et de craie nous a fait un cadeau extraordinaire:  Le Guide pour un enseignement durable au primaire, de Shanna Schwartz, adapté par Yves Nadon et publié aux éditions D’Eux. Lire la suite

Des textes modèles inspirants pour les textes d’opinion

Un article d’Isabelle Robert

Vous songez déjà à vous organiser pour l’unité des textes d’opinion? Vous voulez des textes modèles qui pourront inspirer vos élèves? Lire la suite

Documentaires pour lecteurs débutants

Un article d’Isabelle Robert

Pas toujours facile de trouver des documentaires qui correspondent aux niveaux de lecture de nos élèves. Voici donc quelques suggestions de collections de livres avec des textes informatifs que je trouve intéressants pour nos lecteurs débutants plus faibles.

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