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Les ateliers d'écriture et de lecture au primaire

Inspiré de la démarche des Units of Study du TCRWP

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Une identité d’auteur-e et de lecteur-lectrice

Un texte de Marjorie Kuenzi

S’interroger sur son identité est devenu plus présent dans notre société suite au confinement, à l’école à distance, au mouvement Black Lives Matter ou à bien d’autres évènements… Ces derniers nous font nous interroger sur nos valeurs, nos aspirations, ce qui est important pour nous et où se situe-t-on par rapport à tous cela ? Nos réalités diffèrent selon les écoles dans lesquelles nous intervenons, les quartiers où nous vivons, les personnes que nous côtoyons, tout cela prend part à forger notre identité. 

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Telle une feuille qui tourbillonne dans le vent

Un texte d’Isabelle Robert

Voilà! Les sept premiers jours d’école viennent de défiler au milieu d’un grand tourbillon. Des jours précieux à faire connaissance, à installer des routines, à permettre aux élèves de s’approprier leur nouvel environnement et l’horaire d’une journée de première année, à instaurer de nouvelles façons de faire, à mener les premières activités d’apprentissage et surtout, à créer des liens entre nous. Des jours essoufflants, des jours pleins d’espoir, des jours inégaux, des nuits courtes à revoir mon plan de match.

Mais chaque jour, nous avons lu des histoires (d’ailleurs, Mathieu Lavoie est la vedette de l’heure de la classe!!!), parlé des auteurs que l’on connait, parlé de nos livres préférés, des endroits où nous aimons lire, des sujets de documentaires qui nous intéressent. Nous avons parlé de la chance que nous avons de pouvoir choisir des livres qu’on a le gout de lire. Et j’ai enchainé, jour après jour, les premières leçons de lecture ainsi que des moments de lecture seuls et en tandem.

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Des apprentissages bien plus qu’essentiels

Un article de Charlotte Therrien, enseignante à Montréal

Pour ceux qui comme moi ont eu la chance de participer au si enrichissant et pertinent congrès De Mots et de Craie 2021, vous avez peut-être remarqué un discours commun de nos chers collègues américains. Autant Shanna Schwartz qu’ Amanda Hartman ou même le grand Peter Johnston nous ont rappelés avec conviction l’importance de l’enseignement des habiletés socioémotionnelles à travers notre pédagogie. Oui, former des lecteurs et des auteurs pour la vie, mais surtout, former des petits êtres humains tolérants, ouverts d’esprits et empathiques.

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La lecture à voix haute : visualiser pour construire des sens et entrer dans l’univers de l’auteur

Écrit par Isabelle Robert

Depuis quelques années, j’aime lire à voix haute Le roman d’Ernest et Célestine (Daniel Pennac, 2012) à mes élèves de première année. Cette année ne fait pas exception. Je le trouve parfait, entre autres, pour réfléchir aux personnages et à la relation qui se développe entre eux. La longueur est idéale pour une lecture étalée sur plusieurs jours et le rythme du récit nous tient en haleine jusqu’à la fin. Chaque jour, ou parfois deux fois par jour, on poursuit la lecture du récit de Daniel Pennac si bien rédigé et remarquablement bien ficelé.

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Un club de lecture avec mes grands

Un texte d’Isabelle Denis

Quand je visualise un club de lecture avec mes grands, je les imagine, se rassemblant dans un petit coin qu’ils ont choisi, avec le sourire aux lèvres, pour jaser d’une œuvre commune ou différente. Je m’attends à les voir jongler entre les 4 dimensions en lecture tout en explorant des concepts tels que le thème, la leçon de vie, l’évolution des personnages… Je m’attends à les voir lier leurs expériences de vie avec la lecture qu’ils ont faite. Je m’attends à ce qu’il y ait des interactions entre les lecteurs. Je m’attends à ce qu’ils soient touchés par les propos d’un copain, qu’ils trouvent les mots pour y réagir. Bref, je m’attends à ce que les échanges qu’ils ont aient un impact sur leur personnalité, sur leur façon de voir le monde et d’y interagir.

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L’amour à travers les yeux de Matt de la Peña

Un article de Martine Arpin

En lecture, nous travaillons avec les élèves les stratégies de compréhension du langage littéraire. Plus les lecteurs évoluent, plus les livres qu’ils lisent sont étoffés, moins les éléments sont explicites et plus le langage utilisé peut amener des confusions. Les élèves sont capables de décoder les mots qu’ils lisent, mais peuvent avoir de la difficulté à en comprendre le sens. Dans les textes narratifs, nous enseignons aux élèves à porter attention à la façon dont l’auteur s’amuse à jouer avec les mots de façon inventive, à s’arrêter, remarquer et comprendre son intention. Nous les encourageons à relire, visualiser le sens en jouant la scène, discuter avec un partenaire. Nous leur enseignons à comprendre les comparaisons en réfléchissant au texte, à l’ambiance créée et à l’intention de l’auteur, à remarquer quand un mot est utilisé dans un autre sens que celui pour lequel nous avons l’habitude de l’utiliser, par exemple dans les expressions et les métaphores.

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Les crayons magiques

Un texte de Martine Arpin

Depuis quelques semaines, un questionnement revient dans ma tête:  Qu’est-ce qu’il y a encore à dire sur les ateliers d’écriture? Le blogue est né, il y a cinq ans déjà, d’un constat : Comment se fait-il que nous n’ayons à peu près pas accès, ici, en français, à de telles connaissances sur l’enseignement? Sur l’enseignement de l’écriture, oui, mais surtout, sur l’enseignement tout court. Sur ce que c’est, être enseignant. Il est parti d’un élan de partage, de passion et d’enthousiasme. Le « pourquoi » était là. Un beau terrain, vaste, défriché par d’autres avant nous, à explorer. 

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Partir du bon pied

Un article de Martine Arpin

Il y a quelques années, j’ai lu un entrefilet qui parlait d’un endroit où la tradition était de célébrer en grand la rentrée scolaire, plus que la fin de l’année. Je me souviens d’avoir trouvé ce point de vue intéressant:  les familles, le milieu scolaire, tout le monde faisait en sorte que pour les enfants, une grande fierté soit associée à la rentrée scolaire, au fait de grandir, de se retrouver et d’apprendre plus. On mettait l’accent sur le début d’une belle aventure, qu’il valait la peine de souligner de façon spéciale. Je me rappelle d’une image: les élèves les plus jeunes étaient accueillis par les plus grands, formant une haie d’honneur et applaudissant à tout rompre.

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La cerise sur le gâteau

Un article de Martine Arpin

La semaine dernière, nous terminions notre premier module des ateliers d’écriture. Alors que j’ouvrais mon cahier de planification pour organiser ma semaine, j’ai vu que j’y avais déjà inscrit la date et l’heure de la célébration. Effectivement, lorsque je planifie un module, je planifie aussi la fin de celui-ci. Dans les premiers jours du module, j’annonce cette date aux enfants. En plus de m’aider à ne pas m’égarer en cours de route, et d’étirer le module en ajoutant, morcelant et reprenant trop de leçons, cela nous permet tous de se centrer sur l’objectif premier de l’acte d’écrire: être lu! 

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LA « SCIENCE DE LA LECTURE » N’APPARTIENT À PERSONNE

Par Lucy Calkins (article tiré du site De mots et de craie, http://www.demotsetdecraie.ca)

On m’a demandé de répondre aux tenants de l’approche phonique qui s’approprient le champ de la « science de la lecture ». Je tiens à souligner que la science, et ce peu importe le domaine, n’appartient à aucun groupe en particulier. Moult données mettent en évidence l’importance de la lecture à voix haute, de la compréhension, de l’écriture, d’un bon apprentissage du langage oral, de l’accent mis sur la mentalité de croissance, ainsi que de plusieurs autres composantes d’un bon enseignement. Et, oui, l’approche phonique systématique et explicite fait partie de ces composantes d’un bon enseignement.

Cet exposé sera long et détaillé, et je m’excuse à l’avance. L’enjeu est tellement complexe que je ne connais aucune autre façon de l’aborder.

Pour lire la suite de ce texte, cliquez sur ce lien: http://www.demotsetdecraie.ca/wp-content/uploads/2020/10/CalkinsScience.pdf

Quand le vent souffle

Par Catherine Lapointe

Il y a dans nos classes, des moments non inscrits dans un planificateur scolaire. Des moments d’école avec des ailes d’oiseaux. Une envolée d’écoliers à travers des pages de livres. Des soupirs d’espoir, des mains tendues vers une couverture de livre et des mots suppliés pour une histoire assis en cercle. 

Ce matin-là, j’inscris seulement le mot Lecture à mon agenda. Mes étiquettes de stratégies attendent à côté de mon escalier de lecture. Le petit papier orange collé sur la marche 15 minutes témoigne des traces de notre endurance en lecture autonome de la veille. 

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Bâtir une communauté de lecteurs et développer son identité à travers les études

Un article de Martine Arpin

Les ateliers de lecture et d’écriture représentent beaucoup plus qu’une méthode d’enseignement. Derrière toutes les décisions qui modulent nos interventions, il y a une solide philosophie de l’enseignement et de l’apprentissage. L’objectif va bien au-delà d’être « capable de lire ». Quand on veut encourager le plaisir de lire et d’écrire, provoquer un sentiment de nécessité, viser long terme en formant des élèves-lecteurs et non pas nous accommoder simplement de liseurs, faire de nos élèves des lecteurs-pour-toujours (Nadon, 2016), alors la façon d’enseigner est importante.

En lecture, l’une des bases sur lesquelles nous voulons appuyer nos interventions et notre enseignement est la communauté de lecteurs. En créant cette communauté dès la rentrée, en la développant tout au long de l’année et en la valorisant, nous encourageons l’engagement des élèves et le sentiment d’appartenance, et nous jetons les bases d’un environnement qui favorise le questionnement, la réflexion et l’entraide.

À la suite d’une formation sur les études (ou enquêtes) par Kathy Collins au Teachers College de l’Université Columbia en août 2018, mes collègues et moi avons ajouté dans nos classes ce dispositif qui permet aux élèves de mieux se connaitre eux-mêmes et entre eux, qui nous permet de mieux les connaitre aussi, tout en enrichissant et en contribuant à développer notre communauté d’apprenants.

Une étude est une démarche de réflexion évolutive personnelle et collective à partir d’un sujet donné. Le sujet peut venir des enfants :  leurs intérêts, leurs questionnements, leur curiosité naturelle. Elle peut venir aussi de l’enseignant :  ses intérêts, des questionnements, sa curiosité naturelle. Le sujet peut aussi être lié au programme, aux modules travaillés en classe (dans le cas des ateliers de lecture et d’écriture), aux matières, aux mandats de l’école (par exemple aux programmes de sensibilisation à l’intimidation), aux initiatives locales.

Nous avons choisi d’élaborer une série d’études sur l’identité de lecteur, que nous présentons à différents moments de l’année. Une telle étude étalée nous permet de porter attention au lecteur lui-même, de s’intéresser à la personne, en tant que lecteur/lectrice, ainsi qu’aux sujets, aux genres, aux livres, aux attitudes et aux comportements de lecteurs, autant qu’on porte attention aux stratégies de lecture. Lorsque l’enfant inclut dans son identité personnelle une identité de lecteur, alors il reconnait et réalise que cela fait partie de lui, de la personne qu’il est, et non seulement que c’est une partie de sa journée d’école. Il comprend l’apport que cela peut avoir pour lui, pour elle, personnellement, et non pas pour la tâche scolaire à réaliser. Les lectures que nous faisons contribuent à forger notre compréhension du monde et notre identité personnelle : « Notre cerveau semble fait pour ces histoires. Des histoires tellement bien racontées que nous pleurons, rions, sursautons, réfléchissons… même si nous savons qu’elles ne sont pas vraies. Le cerveau, lui, ne fait pas la différence. Et c’est tant mieux. Grâce aux histoires (…) nous faisons l’expérience de la vie de autres pour mieux vivre la nôtre. (…) Les histoires rendent nos vies plus humaines, nous font devenir plus empathiques et humains(Nadon, 2019). Dans le manifeste On a tous besoin d’histoire, Marie Barguirdjian affirme : S’il n’y a certes aucune recette à suivre pour faire découvrir la vie aux enfants, la littérature, par les milliers de petites expériences humaines qu’elle présente dans les histoires, propose des réponses à leurs questions et les soulage. Dans une fiction, le lecteur peut se connecter de près ou de loin à ce qu’il vit. Il reconnaît dans les situations ou les actions de l’histoire des éléments et des émotions proches de son vécu. Grâce à la littérature, l’enfant explore ainsi le frottement entre la réalité et la fiction, un aller-retour qui active sa pensée et enrichit sa connaissance de lui-même .

Riches de ces constats, une étude sur l’identité de lecteur nous apparait importante. Elle contribuera à ce que chacun puisse affirmer son identité dans notre communauté d’apprenants lecteurs.

La première partie de cette étude, qui a lieu durant les premiers jours d’école, part de la question :  « Qui suis-je comme lecteur, comme lectrice? » Nous y présentons, à partir de livres  à propos des livres , diverses questions qui amènent les élèves à réfléchir sur eux-mêmes en tant que lecteur, à échanger avec les autres et avec leurs familles à ce sujet. Nous en profitons pour présenter le Carnet de lecture et mettre en place différents comportements et habitudes de lecteurs qui seront importants durant l’année pour le bon fonctionnement de l’atelier de lecture. Chaque jour, nous y consacrons quinze à vingt minutes, incluant la lecture de l’album lorsque c’est le cas.

 

 

 

 

 

 

 

Voici un exemple de ce à quoi cette étude peut ressembler sur 5 jours (cliquer sur le lien):

Étude identité de lecteur, partie 1

Durant les études, et tout au long de l’année à d’autres moments, des entrées dans le carnet de lecture permettront de laisser des traces de cette identité de lecteur qui se construit. Par exemple, après la lecture d’un livre ou d’un chapitre, les élèves peuvent faire un croquis pour représenter ce qui les a marqué, une information importante pour eux, la partie la plus importante du récit selon eux, les émotions que la lecture leur a fait vivre, une leçon de vie apprise, un lien avec leur propre vie. Plus les enfants sont jeunes, plus l’utilisation du croquis est importante :  le visuel est la représentation de la pensée, permettant ainsi l’évolution de la réflexion.

Pour poursuivre dans la même lignée, nos prochaines études seront autour du thème de la communauté, des discussions autour du livre, de l’engagement à la lecture et de la façon dont les livres peuvent changer nos vies (article à venir).

Dans notre horaire chargé, nous sommes toujours à la recherche de ce que nous pouvons faire en classe qui maximisera notre temps d’enseignement. Nous voulons donc adopter des pratiques qui agiront en synergie et qui s’enrichiront les unes et les autres. Dans cette optique, les études sont une valeur ajoutée à notre enseignement. En touchant la construction de l’identité, le développement de la communauté, et les apprentissages, elles nous permettent de faire des liens, favorisant le transfert des apprentissages en contexte authentique, contribuant à créer une ambiance riche et positive et encourageant la réflexion et l »autorégulation, permettant ainsi à chacun d’être reconnu et apprécié à sa juste valeur, pour la personne qu’il est et pour celle qu’il est en train de devenir.

 

Références:

Planification  des questions d’étude : Julie Bouchard, École À l’Orée-du-Bois.

Comme un roman, édition anniversaire, Daniel Pennac, D’eux, 2016

Que sait la littérature?, Collectif sous la direction de Normand Baillargeon et Kateri Lemmens, Leméac, 2019

Pour une lecture à la maison : https://enclasse.telequebec.tv/contenu/papa-maman-nos-livres-et-moi/1455

 

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