Recherche

Les ateliers d'écriture et de lecture au primaire

Inspiré de la démarche des Units of Study du TCRWP

LA « SCIENCE DE LA LECTURE » N’APPARTIENT À PERSONNE

Par Lucy Calkins (article tiré du site De mots et de craie, http://www.demotsetdecraie.ca)

On m’a demandé de répondre aux tenants de l’approche phonique qui s’approprient le champ de la « science de la lecture ». Je tiens à souligner que la science, et ce peu importe le domaine, n’appartient à aucun groupe en particulier. Moult données mettent en évidence l’importance de la lecture à voix haute, de la compréhension, de l’écriture, d’un bon apprentissage du langage oral, de l’accent mis sur la mentalité de croissance, ainsi que de plusieurs autres composantes d’un bon enseignement. Et, oui, l’approche phonique systématique et explicite fait partie de ces composantes d’un bon enseignement.

Cet exposé sera long et détaillé, et je m’excuse à l’avance. L’enjeu est tellement complexe que je ne connais aucune autre façon de l’aborder.

Pour lire la suite de ce texte, cliquez sur ce lien: http://www.demotsetdecraie.ca/wp-content/uploads/2020/10/CalkinsScience.pdf

Quand le vent souffle

Par Catherine Lapointe

Il y a dans nos classes, des moments non inscrits dans un planificateur scolaire. Des moments d’école avec des ailes d’oiseaux. Une envolée d’écoliers à travers des pages de livres. Des soupirs d’espoir, des mains tendues vers une couverture de livre et des mots suppliés pour une histoire assis en cercle. 

Ce matin-là, j’inscris seulement le mot Lecture à mon agenda. Mes étiquettes de stratégies attendent à côté de mon escalier de lecture. Le petit papier orange collé sur la marche 15 minutes témoigne des traces de notre endurance en lecture autonome de la veille. 

Continuer à lire « Quand le vent souffle »

Il faut qu’on parle de l’étude de mots

Un article de Marlyn Grant

L’orthographe est un sujet épineux. Nous venons d’un système où l’apprentissage de l’orthographe se faisait essentiellement à la maison, pour les dictées. Et après, on accuse les élèves d’être « faibles en orthographe ». Heureusement, il  y a un changement intéressant depuis quelques années dans les pratiques. On comprend mieux le rôle de la dictée traditionnelle :  l’une des nombreuses façons d’évaluer. Ce n’est pas de l’enseignement, ni de l’apprentissage. Les dictées réflexives (dictée phrase du jour, dictée zéro faute…) ont fait leur apparition. La question importante à se poser est :  Comment faire pour qu’en contexte d’écriture, les élèves transfèrent ce qu’ils ont mémorisé? Et que peuvent -ils faire lorsqu’ils veulent écrire des mots qui ne font pas partie de leur répertoire mémorisé, si on ne veut pas qu’ils écrivent simplement « au son », sachant que très peu de mots de notre lexique francophone peuvent s’appliquer à cette façon de faire? Continuer à lire « Il faut qu’on parle de l’étude de mots »

Bâtir une communauté de lecteurs et développer son identité à travers les études

Un article de Martine Arpin

Les ateliers de lecture et d’écriture représentent beaucoup plus qu’une méthode d’enseignement. Derrière toutes les décisions qui modulent nos interventions, il y a une solide philosophie de l’enseignement et de l’apprentissage. L’objectif va bien au-delà d’être « capable de lire ». Quand on veut encourager le plaisir de lire et d’écrire, provoquer un sentiment de nécessité, viser long terme en formant des élèves-lecteurs et non pas nous accommoder simplement de liseurs, faire de nos élèves des lecteurs-pour-toujours (Nadon, 2016), alors la façon d’enseigner est importante.

En lecture, l’une des bases sur lesquelles nous voulons appuyer nos interventions et notre enseignement est la communauté de lecteurs. En créant cette communauté dès la rentrée, en la développant tout au long de l’année et en la valorisant, nous encourageons l’engagement des élèves et le sentiment d’appartenance, et nous jetons les bases d’un environnement qui favorise le questionnement, la réflexion et l’entraide.

À la suite d’une formation sur les études (ou enquêtes) par Kathy Collins au Teachers College de l’Université Columbia en août 2018, mes collègues et moi avons ajouté dans nos classes ce dispositif qui permet aux élèves de mieux se connaitre eux-mêmes et entre eux, qui nous permet de mieux les connaitre aussi, tout en enrichissant et en contribuant à développer notre communauté d’apprenants.

Une étude est une démarche de réflexion évolutive personnelle et collective à partir d’un sujet donné. Le sujet peut venir des enfants :  leurs intérêts, leurs questionnements, leur curiosité naturelle. Elle peut venir aussi de l’enseignant :  ses intérêts, des questionnements, sa curiosité naturelle. Le sujet peut aussi être lié au programme, aux modules travaillés en classe (dans le cas des ateliers de lecture et d’écriture), aux matières, aux mandats de l’école (par exemple aux programmes de sensibilisation à l’intimidation), aux initiatives locales.

Nous avons choisi d’élaborer une série d’études sur l’identité de lecteur, que nous présentons à différents moments de l’année. Une telle étude étalée nous permet de porter attention au lecteur lui-même, de s’intéresser à la personne, en tant que lecteur/lectrice, ainsi qu’aux sujets, aux genres, aux livres, aux attitudes et aux comportements de lecteurs, autant qu’on porte attention aux stratégies de lecture. Lorsque l’enfant inclut dans son identité personnelle une identité de lecteur, alors il reconnait et réalise que cela fait partie de lui, de la personne qu’il est, et non seulement que c’est une partie de sa journée d’école. Il comprend l’apport que cela peut avoir pour lui, pour elle, personnellement, et non pas pour la tâche scolaire à réaliser. Les lectures que nous faisons contribuent à forger notre compréhension du monde et notre identité personnelle : « Notre cerveau semble fait pour ces histoires. Des histoires tellement bien racontées que nous pleurons, rions, sursautons, réfléchissons… même si nous savons qu’elles ne sont pas vraies. Le cerveau, lui, ne fait pas la différence. Et c’est tant mieux. Grâce aux histoires (…) nous faisons l’expérience de la vie de autres pour mieux vivre la nôtre. (…) Les histoires rendent nos vies plus humaines, nous font devenir plus empathiques et humains(Nadon, 2019). Dans le manifeste On a tous besoin d’histoire, Marie Barguirdjian affirme : S’il n’y a certes aucune recette à suivre pour faire découvrir la vie aux enfants, la littérature, par les milliers de petites expériences humaines qu’elle présente dans les histoires, propose des réponses à leurs questions et les soulage. Dans une fiction, le lecteur peut se connecter de près ou de loin à ce qu’il vit. Il reconnaît dans les situations ou les actions de l’histoire des éléments et des émotions proches de son vécu. Grâce à la littérature, l’enfant explore ainsi le frottement entre la réalité et la fiction, un aller-retour qui active sa pensée et enrichit sa connaissance de lui-même .

Riches de ces constats, une étude sur l’identité de lecteur nous apparait importante. Elle contribuera à ce que chacun puisse affirmer son identité dans notre communauté d’apprenants lecteurs.

La première partie de cette étude, qui a lieu durant les premiers jours d’école, part de la question :  « Qui suis-je comme lecteur, comme lectrice? » Nous y présentons, à partir de livres  à propos des livres , diverses questions qui amènent les élèves à réfléchir sur eux-mêmes en tant que lecteur, à échanger avec les autres et avec leurs familles à ce sujet. Nous en profitons pour présenter le Carnet de lecture et mettre en place différents comportements et habitudes de lecteurs qui seront importants durant l’année pour le bon fonctionnement de l’atelier de lecture. Chaque jour, nous y consacrons quinze à vingt minutes, incluant la lecture de l’album lorsque c’est le cas.

 

 

 

 

 

 

 

Voici un exemple de ce à quoi cette étude peut ressembler sur 5 jours (cliquer sur le lien):

Étude identité de lecteur, partie 1

Durant les études, et tout au long de l’année à d’autres moments, des entrées dans le carnet de lecture permettront de laisser des traces de cette identité de lecteur qui se construit. Par exemple, après la lecture d’un livre ou d’un chapitre, les élèves peuvent faire un croquis pour représenter ce qui les a marqué, une information importante pour eux, la partie la plus importante du récit selon eux, les émotions que la lecture leur a fait vivre, une leçon de vie apprise, un lien avec leur propre vie. Plus les enfants sont jeunes, plus l’utilisation du croquis est importante :  le visuel est la représentation de la pensée, permettant ainsi l’évolution de la réflexion.

Pour poursuivre dans la même lignée, nos prochaines études seront autour du thème de la communauté, des discussions autour du livre, de l’engagement à la lecture et de la façon dont les livres peuvent changer nos vies (article à venir).

Dans notre horaire chargé, nous sommes toujours à la recherche de ce que nous pouvons faire en classe qui maximisera notre temps d’enseignement. Nous voulons donc adopter des pratiques qui agiront en synergie et qui s’enrichiront les unes et les autres. Dans cette optique, les études sont une valeur ajoutée à notre enseignement. En touchant la construction de l’identité, le développement de la communauté, et les apprentissages, elles nous permettent de faire des liens, favorisant le transfert des apprentissages en contexte authentique, contribuant à créer une ambiance riche et positive et encourageant la réflexion et l »autorégulation, permettant ainsi à chacun d’être reconnu et apprécié à sa juste valeur, pour la personne qu’il est et pour celle qu’il est en train de devenir.

 

Références:

Planification  des questions d’étude : Julie Bouchard, École À l’Orée-du-Bois.

Comme un roman, édition anniversaire, Daniel Pennac, D’eux, 2016

Que sait la littérature?, Collectif sous la direction de Normand Baillargeon et Kateri Lemmens, Leméac, 2019

Pour une lecture à la maison : https://enclasse.telequebec.tv/contenu/papa-maman-nos-livres-et-moi/1455

 

La rentrée et le premier texte sur demande

Un article de Martine Arpin

J’aime faire lire et écrire mes élèves dès les premiers jours d’école. Ces premiers moments placent les fondations de notre année. Nous pouvons commencer à mettre en place les comportements et les bonnes habitudes dès le départ. Je peux tout de suite montrer comment j’encourage l’autonomie, et valoriser ce qu’ils connaissent déjà. Cette année, j’accueille pour la première fois une presque totalité d’élèves qui ont vécu plus d’un module d’écriture à la maternelle et aussi en première année. Deux ans d’écriture derrière la cravate, et ils n’ont même pas encore 8 ans! Continuer à lire « La rentrée et le premier texte sur demande »

Réflexion sur la diversité et la variété dans notre bibliothèque de classe

Un article de Marlyn Grant

Dernièrement, on entend beaucoup parler de l’importance de la diversité dans la société. Cela ne fait pas exception quand on pense à notre bibliothèque de classe, aux lectures que nous lisons à nos élèves, aux livres que nous leur suggérons bref, à ce que nous leur mettons entre les mains. Suite à mes formations, à mes lectures et à des discussions cet été, voici une courte réflexion sur le choix de mes lectures à mes futurs élèves, et ce que je mettrai dans leur bac de livres personnel. Continuer à lire « Réflexion sur la diversité et la variété dans notre bibliothèque de classe »

Lâcher prise

Un article de Martine Arpin

Enseigner virtuellement, c’est aussi apprendre à lâcher prise.

On peut bien préparer un Padlet incluant une multitude d’outils pratiques et d’informations: les tableaux d’ancrage de la classe, des consignes précises pour la lecture à soi, des activités numériques et/ou à imprimer pour rejoindre les demandes et les besoins des parents, des idées pour travailler les mathématiques dans la vie de tous les jours, des livres numériques, des capsules d’enseignement de mini-leçons en écriture préenregistrées, etc…

Continuer à lire « Lâcher prise »

Faire autrement pour nos lecteurs et nos auteurs dans un nouveau contexte de classe

Par Marlyn Grant et Isabelle Robert

Dès que nous avons su que nous allions retourner en classe, nous avons commencé à réfléchir à comment organiser le tout.  Dans ce contexte si contraignant, que peut-on faire et comment allons-nous nous y prendre? On se retrouve avec une toute nouvelle réalité de classe, mais nos croyances demeurent les mêmes. Continuer à lire « Faire autrement pour nos lecteurs et nos auteurs dans un nouveau contexte de classe »

Définir les priorités

Un article de Martine Arpin

Série Réflexions pédagogiques en temps de pandémie

Quand j’ai commencé cet article, je commençais à enseigner virtuellement, je finissais mon institut avec le Teachers College sur l’enseignement à distance en temps de pandémie. Le temps passe. Entre les capsules, les visioconférences, les adaptations de nouveaux modules, les enfants et le beau temps qui revient, il n’est pas encore publié. Les choses changent au jour le jour, je réécris, modifie, relis (tiens, tiens, la révision…). À la parution de l’article, plusieurs retourneront en classe pour préparer l’arrivée de leurs élèves dans une semaine. Pour ma part, ce sera dans deux semaines. À moins que ça change encore d’ici là ? Continuer à lire « Définir les priorités »

Un bon moment pour réfléchir sur ses pratiques

Un article de Martine Arpin

Série Réflexions pédagogiques en temps de pandémie

Les nouvelles réalités d’accompagnement de nos élèves font ressortir certaines compétences qui ne sont pas nécessairement les mêmes qu’en classe, ou qui prennent une importance différente. Tout en restant fidèle aux valeurs et aux croyances pédagogiques qui animent notre enseignement en classe, on doit planifier notre enseignement différemment, s’organiser différemment, utiliser ce que nous avons à portée de main ou d’écran. Mais surtout, on doit être vraiment efficace, précis et concis dans notre enseignement. C’est vrai dans la classe, ça l’est encore plus virtuellement.

Continuer à lire « Un bon moment pour réfléchir sur ses pratiques »

Soutenir les familles: et si on voyait les choses autrement…

Série Réflexions pédagogiques en temps de pandémie

Un article de Martine Arpin

Lors de la conférence d’ouverture de l’institut sur l’enseignement virtuel du Teachers College, Lucy Calkins affirmait : « Nous vivons un moment sans précédent. Nous sommes tous surchargés. Plusieurs districts ont peur d’en demander aux enseignants. Mais si croyez que ça n’arrivera pas (enseigner à distance et soutenir les familles), ça n’arrivera pas. On doit prendre des risques. On doit croire que c’est possible. On doit faire les choses autrement. La communauté de l’école doit et va changer. »

C’est en ce moment que les élèves et les familles ont besoin de nous, plus que jamais. On doit réimaginer et réinventer l’école, mais aussi nos pratiques et nos relations avec les familles. L’école, les collègues, les familles et la société ont besoin que nous soyons positifs. NOUS avons besoin d’être positifs. Moi, en tout cas, j’ai besoin de positif!

Continuer à lire « Soutenir les familles: et si on voyait les choses autrement… »

Rendre l’enseignement virtuel aussi magique que possible

Série Réflexions pédagogiques en temps de pandémie

Un article de Martine Arpin

« Tout ce qu’on fait depuis toujours pour les ateliers de lecture et d’écriture mène à ce moment que nous vivons. C’est maintenant que ça arrive ! C’est le moment où les élèves peuvent pleinement prendre conscience, ainsi que les enseignants, de ce que signifie : “Tu es l’auteur de ta vie ! Tu as une vie de lecteur !”. » Lucy Calkins

Continuer à lire « Rendre l’enseignement virtuel aussi magique que possible »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑