Recherche

Les ateliers d'écriture et de lecture au primaire

Inspiré de la démarche des Units of Study du TCRWP

Auteur

admin3aep

Comment créer des partenariats puissants pour encourager la révision

Un article de Martine Arpin

« Ils n’utilisent pas les outils que je prépare. Pourtant, mes affiches sont vraiment belles. Toutes informatisées. De belles couleurs. Ils ont plusieurs d’outils dans leur dossier et ne les utilisent pas non plus. »

« Ils ne transfèrent pas ce qu’ils ont appris. »

« Je ne vois pas ce que j’enseigne dans leurs textes. »

« Pourquoi ne le font-ils pas ? Pourtant, je leur ai enseigné. Je n’arrête pas de le répéter… »

« J’ai l’impression qu’ils ne travaillent pas vraiment quand ils sont avec leur partenaire. »

« Je ne peux pas me cloner… comment mieux les soutenir ? »

Tous les enseignants sont un jour ou l’autre aux prises avec ces questions, ces constats. Lorsque ça m’arrive, j’essaie toujours de me rappeler un enseignement précieux d’Amanda Hartman : La première question que l’on doit se poser quand les élèves ne font pas ce qu’on pense qu’ils devraient faire, c’est : « Qu’est-ce que MOI je peux faire autrement pour qu’ils le fassent ? » Continuer à lire « Comment créer des partenariats puissants pour encourager la révision »

La jasette du livre: une composante qui supporte les ateliers de lecture et d’écriture

Un article de Marlyn Grant

J’aime aller visiter des classes. Je trouve que c’est l’un des meilleurs moyens pour apprendre et faire grandir les idées. Passer la journée dans l’environnement d’une autre enseignante avec qui je partage des affinités pédagogiques, m’imprégner du lieu, de l’ambiance, voir sa structure, ses façons de faire… Chaque fois, j’en ressors avec de bonnes idées pour améliorer ce que je fais. Dans les classes d’Annie et de Julie, j’ai eu la chance d’assister à la jasette du livre.  Ça a piqué ma curiosité et j’ai décidé de l’essayer.

C’est une activité sympathique, pas compliquée et enrichissante pour les lecteurs/auteurs, qui s’insère facilement dans une routine de classe. C’est une façon invitante de commencer la journée et de faire le transfert des apprentissages. C’est aussi une bonne occasion d’intégrer les compétences à réagir aux textes et à apprécier des œuvres littéraires.

Qu’est-ce que la jasette du livre ?

Ce sont des discussions entre les élèves qui sont peu dirigées, plutôt informelles, à propos des livres qu’ils lisent. Chaque jour, la structure reste la même, ce sont les propos qui changent. La discussion est soutenue à l’aide de tableaux d’ancrage et de rétroactions. Les élèves parlent entre eux des livres qu’ils ont lus la veille à la maison. Pour ma part, mes élèves apportent à la maison deux livres chaque soir. Ces livres sont de différents genres, nivelés ou non. Je leur enseigne explicitement comment on fait et comment on est pendant la jasette à l’aide de mini-leçons que je fais environ une fois par semaine. Ces leçons seront axées sur les différents sujets qu’on peut aborder avec nos copains et les comportements attendus. Depuis que j’ai commencé la jasette du livre dans ma classe, je trouve qu’ils savent maintenant comment discuter de livres de façon autonome. Ils ont un certain bagage, entre autres grâce à l’atelier de lecture et d’écriture et tout le travail fait avec les partenaires et les clubs de lecture.

Voici donc une façon originale et accessible de travailler l’oral en classe.

Ça s’adresse à qui ?

On peut faire la jasette du livre à tous les âges. Bien entendu, l’évolution de la discussion et la profondeur des propos varieront. Et imaginez un instant si tous les niveaux d’une même école le feraient, wow !!

 

Ça sert à quoi ?

La jasette du livre peut nous aider ou sert à développer différents aspects comme :

Développer le langage oral

Provoquer une discussion autour des livres

S’exprimer, échanger

Donner son opinion

Parler entre copains

Choisir de quoi l’on veut parler

Poser des questions

Formuler des réponses

Connaître plus de livres

Développer notre vocabulaire,

Utiliser le livre pour prouver nos propos

Faire le rappel de notre livre

Discuter avec plusieurs personnes, avec quelqu’un d’autre que leur partenaire

Connaître les goûts de ses copains

Développer leurs goûts personnels

Entendre parler de livres vers lesquels les élèves ne seraient pas nécessairement attirés

Etc.

La jasette du livre encourage la lecture à la maison, car les élèves sont redevables, ils devront parler de leur livre chaque matin et échanger avec un autre élève. J’explique aux parents ce qu’est la jasette du livre dans le plan de travail, ou à la rencontre de début d’année, et leur demande de discuter eux aussi avec leur enfant.

On fait ça comment et à quel moment ?

Habituellement, la jasette du livre est la première chose qu’on fait le matin en classe. Certaines classes accordent 5 minutes environ, chaque jour,  en demandant aux élèves de cibler un seul aspect de discussion parmi les choix qui s’offrent à eux. Cela évite aussi les dérives dans les discussions ou d’avoir à gérer des comportements. Quand on sait qu’on a peu de temps, on va droit au but et l’on n’a pas le temps de se désorganiser. Comme ils aiment bien la jasette, et qu’elle devient vite populaire, ils se dépêchent à se déshabiller et faire leur routine du matin. Ils sont disponibles, et comme ils ont lu leurs livres le soir avec leur parent, ils sont prêts à en discuter. Mes élèves apportent leur pochette de livres au coin rassemblement et s’installent à côté d’un copain, ils ont le choix des partenaires. Évidemment, on veut qu’il fasse seul les bons choix, et si cela leur a bien été enseigné (grâce à l’atelier d’écriture et de lecture),  vous n’interviendrez pas souvent. Par contre, j’insiste pour qu’on ne se place pas toujours avec la même personne tous les matins. Ils peuvent jaser à 2 ou à 3. Ma collègue leur demande de jaser à quatre. De cette façon, elle les prépare pour le club de lecture. Dans d’autres classes, ils sont à une table et discutent avec la personne près d’eux. Dans ma classe, ils peuvent jaser maximum 15 minutes, j’utilise la minuterie.

À quelle fréquence ?

En première année, je commence en janvier, environ 3 à 4 matins par semaine. Je les prépare à parler de leurs livres à partir du premier jour de classe, mais je commence la jasette du livre enseignée seulement après Noël. Je considère que j’ai eu du temps pour leur enseigner à parler de leurs livres. De plus, ils lisent beaucoup plus, et leurs livres sont plus intéressants pour la discussion. Dans les classes de 2e année que j’ai visitées, ou chez les plus grands, cette routine de la jasette du livre est instaurée dès le début de l’année. Les enseignantes remarquent des bénéfices lors des clubs de lecture ou quand, en écriture, les élèves doivent écrire des lettres d’opinion sur les livres qu’ils lisent. Ils ont déjà un bagage à l’oral tellement important pour faciliter le passage à l’écrit.

Quel est le rôle de l’enseignant pendant les discussions ?

Je prends le temps de les écouter parler, parfois je participe à la discussion, ou j’en repars une autre. À d’autres moments, je les aide à rester concentrés et je leur murmure parfois quoi dire à leur interlocuteur quand je sens qu’ils ne savent plus trop quoi dire ou quoi répondre. On peut discuter de la façon dont les conversations qu’ils ont pendant la jasette du livre les aident en tant que lecteur, dans l’atelier de lecture et d’écriture, dans le club de lecture, pour la lecture partagée et à voix haute. En entretien de lecture, on peut revenir sur des propos qu’on a entendus, aller plus loin avec un livre. J’apprends aussi à connaître mes élèves, leurs goûts, leur opinion. Je suis aussi responsable de varier les sujets de discussion selon le temps de l’année, le module en cours, les stratégies enseignées ou à enseigner…  Je décide aussi parfois de fournir à certaines équipes des versions réduites du tableau d’ancrage pour les guider. Je l’envoie aussi parfois aux parents pour leur donner des pistes d’accompagnement pour la lecture à la maison.

 

 

 

 

 

 

La dernière partie de la jasette

Je termine toujours la jasette du livre par quelques questions et échanges. Je les questionne, leur demande de quoi ont-ils parlé, ce qu’ils ont appris, etc. On discute ensemble, ils nous montrent leur livre, la page ou l’endroit de ce dont ils parlent. J’en profite pour revoir avec eux les différents sujets possibles lors de leur discussion et les invite à varier. Je les piste parfois pour le lendemain. Dans d’autres classes, la jasette se termine en choisissant le passage où le livre dont ils discuteront le lendemain, sans discussion supplémentaire. Cela dépend du choix de l’enseignant concernant le but de ce moment, du temps disponible et de différents facteurs. Un retour n’est pas toujours nécessaire si les élèves sont en discussion et l’enseignante participe aux échanges quotidiennement. Mais il peut aussi parfois être intéressant de souligner à voix haute les comportements d’échanges efficaces et productifs, autant que les discussions riches, ne serait-ce que pour encourager les élèves à continuer et à reproduire ces bons coups.

 

Petits trucs pour que ça fonctionne

 Être présent, participer, leur faire voir que ça vous intéresse.

Avoir un coin rassemblement, ou du moins cibler un endroit qui sera toujours le même

Insister pour changer chaque jour de question ou de sujet de discussion

Reprendre leurs propos, citer ce que vous avez entendu… ou ce que vous aimeriez entendre

Permettre aux élèves qui sont parfois seuls de relire leur livre, d’écouter les autres ou de se joindre à une équipe en place.

Mettre en évidence les tableaux d’ancrage

Au besoin, arrêter pendant quelque temps pendant l’année, et reprendre plus tard

La jasette du livre s’intègre bien dans un programme de littératie équilibré et à la routine de classe, elle fait partie du développement de la compétence à communiquer oralement. Elle soutient aussi toutes les facettes de la compétence à lire et à écrire. Encore une fois, nous voulons développer des lecteurs efficaces, engagés et qui adorent lire !!

 

Enseigner la lecture à un petit groupe: la leçon de stratégie

Un article d’Isabelle Robert

On connaît la puissance de l’enseignement différencié.  La structure de l’atelier de lecture permet d’organiser des entretiens individuels ainsi que du travail en petits groupes. En effet, juste après la mini-leçon au groupe-classe, la lecture indépendante s’organise ainsi que les entretiens et le travail en petits groupes. Il n’y a rien de mieux pour offrir un enseignement sur mesure et ainsi faire progresser nos lecteurs. Continuer à lire « Enseigner la lecture à un petit groupe: la leçon de stratégie »

Un système de classement des livres pour un environnement pédagogique centré sur la littératie

Un article de Marlyn Grant

Il y a quelques semaines, une enseignante en visite dans ma classe s’est exclamée, en entrant: « Oh! On dirait presque une bibliothèque! ». Au fil des ans, j’ai effectivement réussi à amasser une tonne de livres, car c’est ce qui est important pour moi dans mon enseignement. On dit que quand on entre dans une classe, on peut tout de suite voir ce qui compte pour l’enseignant (voir l’article Ce que nous disent les murs de la classe), eh bien pour moi, ce sont les livres.

Continuer à lire « Un système de classement des livres pour un environnement pédagogique centré sur la littératie »

Gardiens et passeurs

Gardiens et Passeurs

 

1

       Les élèves entrent trop souvent dans une librairie comme dans une pharmacie. Ils se présentent au libraire avec la fameuse « liste des livres à lire » comme un patient avec son ordonnance. Ils voient le libraire disparaître dans son officine, la liste à la main, et ressurgir derrière la pile des œuvres « prescrites ». Soit dit en passant, le terme « prescription » ne me paraît pas le plus approprié, s’agissant de la diffusion des livres. Il sent trop sa potion. Une lecture ne relève pas d’une prescription : « Vous me lirez trois gouttes de Mallarmé matin et soir dans un grand verre de commentaire… Un mois d’Éducation sentimentale, et nous verrons ce que donnent vos analyses… À la recherche du temps perdu, n’arrêtez pas le traitement avant la fin. »

Continuer à lire « Gardiens et passeurs »

Ce que nous disent les murs de la classe

Un article de Martine Arpin

« Martine, je pense que toi aussi tu devrais faire du ménage, pendant qu’on range nos pochettes de chaises… ». Il n’y a pas une année où je ne l’entends pas, celle-là!

À la fin de la journée, des piles partout, des post-its, des feuilles, des livres, des notes d’entretiens, un tableau d’ancrage tombé… À la fin du mois aussi. Et de l’étape. Tiens, des enseignantes viennent visiter la classe aujourd’hui ? Heureusement que j’ai ma grande armoire bleue pour camoufler quelques trucs… Mais quand une collègue cherche quelque chose, c’est à moi qu’elle vient demander (hein, Jacynthe !). Ma classe, elle est un peu comme ma tête : toujours pleine et un peu désordonnée, mais bien organisée !

Continuer à lire « Ce que nous disent les murs de la classe »

Raconter des histoires à l’oral (Storytelling)

Un article de Diane Bernier-Ouellette

INTRODUCTION

La communication orale est fondamentale.  Dans nos écoles françaises, mes collègues et moi sommes toujours à l’affut de pratiques permettant d’accélérer le progrès de nos élèves, qui arrivent à la maternelle pour la plupart, ne possédant pas ou possédant peu de connaissances au niveau de la langue française. De plus, nous voulons être attentifs aux besoins des élèves qui n’ont pas eu la chance de développer une base solide au niveau du langage en général avant leur arrivée à l’école.

Récemment, j’ai eu l’occasion de me pencher sur deux pratiques prometteuses à ce niveau, lors d’un institut d’été avec Shanna Schwartz : « La lecture répétée d’albums  pour élèves en émergence » et « Raconter des histoires à l’oral ».  Dans le présent article, nous explorerons cette deuxième pratique. Continuer à lire « Raconter des histoires à l’oral (Storytelling) »

L’importance d’enseigner le processus d’écriture

Un article de Marjorie Kuenzi

Lors de discussion avec des collègues qui souhaitent débuter les ateliers ou sur le groupe Facebook dédié aux ateliers, la question qui revient le plus fréquemment est :

– Quel module choisir pour commencer ? Est-ce que je choisis en fonction de l’âge de mes élèves ou est-ce que je débute avec un des premiers modules ?

Je me suis posé cette question aussi et je me la pose encore quand j’ai une nouvelle classe, que je change de niveau d’enseignement ou lorsque j’accompagne des collègues dans le démarrage des ateliers dans leur class Continuer à lire « L’importance d’enseigner le processus d’écriture »

La lecture répétée d’albums, pour les lecteurs en émergence

Un article de Diane Bernier-Ouelette

En juin dernier, j’ai passé une semaine à approfondir l’enseignement à la maternelle avec Shanna Schwartz, une leadeur principale pour les classes de la maternelle à la 2e année au Teachers College, et Marie Mounteer, une enseignante du préscolaire qui offre du perfectionnement pédagogique au Teachers College. Bien que certaines des pratiques présentées au cours de la semaine ressemblent à ce que nous tentons d’implanter dans les écoles de ma province, il y en a deux qui étaient nouvelles à mes yeux et qui m’ont semblé avoir un grand potentiel pour les élèves de nos écoles situées dans un contexte linguistique minoritaire : « La lecture répétée d’albums pour lecteurs en émergence » et « Raconter des histoires à l’oral » (Storytelling, dont il sera question dans un autre article).  Les deux pratiques sont bien sûr également pertinentes pour les élèves d’un contexte majoritaire. Continuer à lire « La lecture répétée d’albums, pour les lecteurs en émergence »

L’identité du lecteur

Un article de Marlyn Grant

J’ai entendu à quelques reprises parler de l’identité du lecteur, de l’importance de la développer. J’ai trouvé cela vraiment intéressant et plutôt utile. Ça m’a fait réfléchir à ce que je fais quand je discute des livres avec mes élèves. J’ai tendance à oublier de les questionner à propos de leurs choix de livres, que ça soit en entretien, en petit groupe ou en grand groupe. Parfois, je ne pense qu’à enseigner une stratégie, une habileté ou une bonne habitude, alors que je devrais aussi porter attention à leurs choix de livres. Continuer à lire « L’identité du lecteur »

Pour en finir avec l’orthographe

Un article de Martine Arpin

Changer ses pratiques pour enseigner l’écriture demande beaucoup de travail et d’énergie. L’atelier d’écriture répond à un besoin parce qu’il permet enfin de mieux comprendre, organiser et planifier plusieurs aspects de l’enseignement de l’écriture. Quand on s’investit complètement dans ces changements, on découvre des forces et des talents insoupçonnés, autant pour les enfants que comme pédagogue! Mais on devient aussi conscient de nos lacunes! On découvre qu’un changement de pratique mène à un autre, puis un autre… Finalement, on se retrouve avec plus de questions que de réponses, et même si c’est parfois épuisant, la motivation et la compétence des élèves, et la conviction profonde que nous sommes une infime partie importante d’une vision à long terme de l’éducation, mènent au constat qu’il serait impossible de retourner en arrière.

Continuer à lire « Pour en finir avec l’orthographe »

Le club de lecture

Un article de Marlyn Grant

Quel plaisir de partager avec vous ce que j’ai appris cet été sur les clubs de lecture. J’ai eu la chance d’assister à une formation avec Kathy Collins à ce sujet et j’ai lu son livre Reading for real (2007).

Même si mon expérience se situe surtout au niveau théorique, j’ai travaillé à la préparation d’un premier club de lecture avec ma collègue de 3e année et ensuite, je l’ai expérimenté avec ma classe. Continuer à lire « Le club de lecture »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑