Même avec la meilleure volonté du monde, on se demande parfois comment arriver à tout faire dans notre classe de 1re année. On connaît l’importance de chacune des compétences et des éléments qui permettent de bien les développer, on connaît des dispositifs d’enseignement variés, mais on cherche un équilibre efficace et c’est difficile à trouver. Rassurez-vous; c’est bien normal.
Lorsque nous voulons centrer notre enseignement sur nos élèves et leur travail, les structures et les routines que nous instaurons deviennent doublement importantes. En plus d’aider à l’organisation et à la gestion de classe, elles permettent de mettre de l’avant nos valeurs et priorités. Elles favorisent aussi l’autonomie et la collaboration entre les élèves.
Lorsque nous voulons centrer notre enseignement sur nos élèves et leur travail, les structures et les routines que nous instaurons deviennent doublement importantes. En plus d’aider à l’organisation et à la gestion de classe, elles permettent de mettre de l’avant nos valeurs et priorités. Elles favorisent aussi l’autonomie et la collaboration entre les élèves.
Pendant que je profite encore du soleil, de la piscine et du limoncello, mon esprit vagabonde un peu déjà vers la rentrée…
Vendredi matin, 8h00.
Quelques allers-retours de la voiture à l’étage: des livres achetés cet été, les tapis lavés par mon amoureux, le meuble qu’il a monté, quelques coussins qui ne servent plus dans la chambre du plus jeune qui n’est plus si jeune, mais qui seront parfaits sur le divan d’un des coins lecture de la classe, de nouveaux crayons, des bacs pour le matériel d’écriture, encore des livres… Des embrassades à chaque voyage, des nouvelles des vacances.
Plus que quelques jours de vacances, et la tornade de la rentrée est à nos portes. Après la douceur et la lenteur des grasses matinées, de la lecture au soleil et des mojitos glacés, le rythme éffrenné de septembre nous rattrapera assez vite!
En cette fin d’année qui nous attend, juste là, l’heure est évidemment aux bilans.
Face à la complexité de la tâche, comment s’assurer que celle-ci ne se transforme pas en lourdeur. Il y a plusieurs aspects sur lesquels nous n’avons pas de pouvoir, mais le pouvoir le plus puissant que nous avons est notre attitude, notre perception et nos choix pédagogiques.
L’une des phrases que je répète le plus souvent dans ma vie est « Ça, c’est le bonheur! » J’aime apprécier et profiter de tous les petits instants qui me rendent heureuses.
Mon bilan cette année se résume donc à une question.
Dans ma classe, dans mon travail, qu’est-ce qui me rend heureuse?
Pourquoi, malgré la complexité, je ne ferais pas autre chose?
Voici une courte liste pour cette année qui s’achève:
Entendre C. et V., des partenaires, discuter de stratégies d’écriture.
Que S. apporte un livre de sa maison pour le prêter à Y. parce qu’il connait ses goûts.
Voir de plus en plus les stratégies que j’enseigne dans les textes de mes élèves. De tous les élèves. À leur façon, à hauteur d’enfant, à leur rythme.
Que S. et L. règlent un conflit ou parlent de leurs émotions en faisant référence aux personnages d’un album que nous avons lu.
Travailler avec des collègues positives, engagées et inspirantes. Savoir que nous sommes là l’une pour l’autre peu importe ce qui arrive.
Que S. soit passée de « l’écriture inventée de fausses lettres attachées d’adulte » à l’écriture, quoi qu’ardue, de 5 ou 6 phrases lisibles, en 20 mois.
Qu’après quelques entrevues de parents, V. souligne l’importance dans notre vie de la gentillesse et des relations humaines comme point commun entre toutes les entrevues. Q’on ait parlé d’électricité, de service à la clientèle, de relations d’aide, de débosselage ou de cuisine. Du Sri Lanka, du Chili, de l’Italie ou de la Russie. À 8 ans, c’est ce qu’il retient!
Recevoir des photos d’E. qui lit et écrit à la maison collée sur son chien.
Que G. me fasse assez confiance pour me nommer ce qui lui pose problème dans son texte et me demande mon aide.
Que J. ose, fasse des tentatives, même si l’orthographe est difficile, et qu’il utilise les outils à sa disposition pour corriger ses textes. Qu’il accepte maintenant que tout ne peut pas être parfait.
Rencontrer d’autres enseignants passionnés et passionnants pour échanger et partager notre bonheur.
Voir la fierté des élèves qui présentent leurs textes aux autres, que ce soit dans la classe, dans l’école ou dans la communauté.
Entendre les discussions d’un club de lecture au sujet des éléments récurrents dans une série qui leur permettent de prédire le déroulement de l’histoire.
Constater que des élèves de 8 ans peuvent faire des choix éclairés et adéquats pour leur lecture personnelle.
Voir l’impact de mon enseignement sur les compétences en lecture et en écriture.
Voir l’impact de mes choix pédagogiques sur l’amour de la lecture et de l’écriture.
…
Malgré ce qu’on entend souvent, je considère aussi qu’il n’y a pas de profession où on reçoit autant d’amour et de reconnaissance au quotidien. C’est une question de perception.
En amorçant la prochaine année scolaire, je veux me rappeler ce qui me rend heureuse, et faire en sorte que mes choix pédagogiques, mon langage et mes attitudes en classe provoquent ces étincelles qui rejaillissent autant sur les élèves que sur moi.
Un article de Martine Arpin (inspirée des idées de Kelly Laliberty, Teachers College Reading and Writing Project)
Tous les auteurs ont un processus d’écriture. Bien qu’il ne soit pas linéaire et qu’il puisse être unique à chacun, il est important que nos élèves en aient une image et l’intègrent le plus rapidement possible puisqu’il permet l’autonomie, réduit le stress et augmente la qualité du travail et le niveau de réflexion de l’auteur.
On le sait, les élèves ADORENT jouer des scènes, faire semblant, mimer et utiliser leur corps pour exprimer leurs idées. Les lectures à voix haute peuvent être des opportunités incroyables pour faire un peu de théâtre dans la classe.
Pour jouer une scène, les élèves doivent avant tout suivre le fil de l’histoire qui leur est lue. Ils portent une attention particulière au vocabulaire. Ils reprennent les dialogues du texte avec l’expression appropriée. Implicitement, ils se créent des pensées internes qui ne sont pas présentes dans le texte. Ils développent ainsi des habiletés essentielles de lectrices et de lecteurs efficaces.
Un article de Martine Arpin (Inspirée du quotidien de sa classe et du travail de Molly Picardi et ses collègues, Teachers College Reading and Writing Project)
On dit qu’à partir du moment où on aime une série de livres, on devient lecteur, lectrice pour la vie. D’Anne la maison aux pignons verts (Lucy Maud Montgomery) à La bête à sa mère (David Goudreault), en passant par La comtesse de Ségur, les livres de Martine et les aventures du Pigeon de Mo Willems, ma vie de lectrice et d’enseignante est et a toujours été remplie de séries.
C’est avec cette prémisse que j’ai abordé le dernier module de lecture avec mes élèves de 2e année. Ayant réorganisé la bibliothèque de classe pour soutenir leurs clubs de lecture de séries, je leur ai expliqué l’importance pour moi, en tant qu’enseignante de 2e année, de leur offrir le plus d’opportunités possible de tomber en amour avec des personnages, avec une série, pour semer dans leur vie de lecteur et de lectrices des étincelles de plaisir qui ne pourront que continuer à grandir, en même temps qu’eux.
La grammaire pour favoriser l’estime de soi et le développement socio-affectif
Lorsque j’ai commencé cet article, je réfléchissais aux dommages que peuvent causer certaines pratiques traditionnelles répétées de l’enseignement du français sur le sentiment de compétence personnelle des élèves et leur rapport à l’apprentissage de la langue. Ce sont deux conditions qui doivent être essentiellement positives pour favoriser la disposition à l’apprentissage, la rétention et le transfert en contexte menant à la maitrise.
Sur les réseaux sociaux et dans les journaux, j’ai vu passer dernièrement un grand nombre d’articles revendiquant une école meilleure, plus humaine et plus efficace. On souhaite un milieu de vie riche et stimulant, un milieu de vie qui donne le gout à tous d’y être. Le modèle du système d’éducation de la Finlande, par exemple, inspire plusieurs d’entre nous.
On réclame, depuis un bon moment déjà, de grands changements de la part de nos dirigeants. On questionne, entre autres, les pratiques évaluatives et l’intégration des élèves qui rencontrent de grandes difficultés. On veut une école plus saine pour tout le monde. Les changements réclamés se produiront-ils un jour? Quelles formes prendront-ils? Des actions concrètes sont attendues depuis des années. Toutefois, les décideurs, qui changent au gré des gouvernements élus et qui doivent se faire une tête sur l’état des lieux durant des mois avant de prendre une décision, annoncent souvent des changements futiles et sans réel impact pour nos milieux.
Depuis quelques semaines, nous travaillons l’écriture de textes narratifs. Les élèves sont amenés à vivre à répétition le processus d’écriture tout en ayant en tête des buts précis. Certains ont des défis en ce qui a trait à la structure du texte, d’autres travaillent fort sur l’écriture des mots, d’autres tentent de rendre leurs textes captivants, certains travaillent à écrire plus en mettant en place des stratégies qui les aident à se concentrer et être plus productifs… Des défis, il y en a pour tous.